Pakistan : une chrétienne condamnée à mort

Shagufta Kiran, une chrétienne pakistanaise de 40 ans, a été condamnée à mort, accusée d’avoir critiqué « le Prophète » sur WhatsApp.

Elle avait été arrêtée le 29 juillet 2021, et elle est en prison depuis lors. Son avocat a expliqué que « Kiran n’était pas l’auteur de ce contenu et qu’elle l’avait simplement transmis dans un salon de discussion, sans le lire », mais c’était peine perdue. L’avocat conclut : « La personne qui a écrit le message incriminé est en liberté ; la personne qui a exprimé une opinion sur ce message, sans même l’approuver, est condamnée. Nous pensons que Shagufta a été inculpée parce qu’elle est chrétienne : elle est une cible facile et vulnérable. »

Naturellement, elle fait appel, et en appel, ou en cassation, elle sera vraisemblablement relaxée. Mais cela a duré neuf ans pour Asia Bibi. Les très pénibles conditions de détention au Pakistan sont aggravées par la peur d’être tué en prison par un autre détenu ou empoisonné, après la relaxe la sortie du tribunal est un redoutable péril de mort, et ensuite la seule solution est l’exil.

Vendredi des quatre temps

« Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on remet moins, aime aussi moins. »

Ici s’élève une question que sûrement il nous faut résoudre. Elle a besoin de toute l’attention de votre charité, car à cause du temps qui nous presse, il est à craindre que nos paroles ne suffisent pas pour en dissiper les ombres et y répandre la lumière. Le corps, d’ailleurs, est, épuisé par ces chaleurs, et il a besoin de repos ; et pendant qu’il réclame ce qui lui est dû, il nous empêche d’apaiser la faim de l’âme et vérifie ainsi cette parole : « L’esprit est prompt, mais la chair est faible. »

Il est donc à craindre et fort à craindre qu’on ne comprenne pas bien ce que le Seigneur disait à Simon. Ceux qui flattent les convoitises de la chair et qui n’ont pas le courage de s’en affranchir, pourraient se dire comme disaient, au rapport de l’Apôtre Paul, en entendant la prédication des Apôtres eux-mêmes, certaines langues mauvaises qui leur imputaient cette maxime : « Faisons le mal, pour qu’il en arrive du bien. » On répète en effet : S’il est vrai que celui à qui on remet peu aime peu, et s’il est plus avantageux d’aimer davantage que de moins aimer ; péchons beaucoup, contractons beaucoup de dettes, et le désir d’en obtenir le pardon fera que nous aimerons davantage Celui qui nous l’accordera généreusement. Cette pécheresse n’eut-elle pas pour son créancier une affection d’autant plus vive qu’elle lui était plus redevable ? N’est-ce pas le Seigneur en personne qui disait : « Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé ? » Et pourquoi a-t-elle beaucoup aimé, sinon parce qu’elle devait beaucoup ? Enfin c’est lui encore qui a dit pour compléter sa pensée : « Celui à qui on pardonne peu, aime peu aussi. » Afin donc d’aimer davantage mon Seigneur, ajoute-t-on, ne suis-je pas intéressé à ce qu’il me soit pardonné beaucoup, plutôt que peu ? — Vous voyez sûrement combien cette question est profonde ; oui, vous le voyez. Mais vous voyez aussi comme le temps nous presse ; oui, vous le voyez encore, et de plus vous le sentez.

Je m’expliquerai donc en peu de mots ; et si je n’éclaircis pas suffisamment cette grande question, prenez note de ce que je dis maintenant et considérez-moi comme votre débiteur pour l’avenir.

Afin d’expliquer plus clairement ma pensée par des exemples, supposons deux hommes, dont l’un est chargé de crimes et a longtemps vécu dans d’affreux désordres, tandis que l’autre n’a fait que peu de péchés. Tous deux se présentent pour recevoir la grâce, ils sont baptisés tous deux. Entrés comme débiteurs, ils sortent sans plus rien devoir ; mais il a été remis à l’un beaucoup plus qu’à l’autre. J’examine maintenant quel est l’amour de chacun. Si réellement il y a plus d’amour dans celui à qui il a été remis plus de péchés, il lui est avantageux d’avoir péché davantage, puisque ses iniquités plus nombreuses ont servi à enflammer sa charité. Je sonde ensuite la charité de l’autre ; il doit en avoir moins ; car si je constate qu’il en a autant que le premier auquel il a été pardonné davantage, quelle sera mon attitude en face des paroles du Seigneur ? Comment sera vraie cette sentence de la Vérité même : « Celui à qui on remet peu, aime peu ? » — Il m’a été peu remis, dira quelqu’un, car je n’ai pas beaucoup péché ; néanmoins j’aime autant que cet homme à qui il a été remis beaucoup. — Mais est-ce toi qui dis vrai, ou est-ce le Christ ? T’a-t-il pardonné cette assertion mensongère pour te permettre de calomnier ton Bienfaiteur ? S’il t’a remis peu, tu aimes peu ; car si tu aimais beaucoup quoiqu’il te fût peu remis, ce serait un démenti donné à cette maxime : « Celui à qui on remet peu, aime peu. » Je le crois donc plutôt que toi, car il te connaît mieux que tu ne te connais, et je soutiens qu’en te figurant qu’on t’a peu remis, tu aimes peu. — Que devais je donc faire, reprend mon interlocuteur ? Commettre plus de crimes, afin d’avoir à me faire pardonner plus et de pouvoir aussi aimer davantage ? — C’est nous presser vivement. Daigne le Seigneur, dont nous étudions l’infaillible parole, nous délivrer de ces difficultés.

Le Sauveur, en énonçant cette maxime, avait en vue ce pharisien qui s’imaginait n’avoir que peu ou même point de péchés. De fait, il n’aurait pas invité le Seigneur, s’il ne l’eût aimé tant soit peu. Mais que son amour était froid ! Point de baiser, et sans parler de larmes, pas même un peu d’eau pour lui laver les pieds ; aucun enfin de ces hommages que lui rendit cette femme qui savait mieux ce qu’elle avait à guérir et à qui elle se devait adresser. Si tu aimes si peu, ô Pharisien, c’est que tu te figures qu’on te remet peu ; ce n’est pas que réellement on te remette peu, c’est que tu te le figures : — Quoi donc ! reprend-il ; je n’ai pas commis d’homicide, dois-je passer pour meurtrier ? Je n’ai pas souillé la couche d’autrui, dois-je porter le châtiment des adultères ? Ai-je enfin besoin qu’on me pardonne les crimes que je n’ai pas faits ?

Revenons aux deux hommes que nous avons mis en scène, et de nouveau adressons-leur la parole. L’un vient en suppliant ; c’est un pécheur hérissé de crimes comme un hérisson, et aussi timide que le lièvre poursuivi. Mais aux lièvres comme aux hérissons la pierre sert de refuge. Il accourt donc vers la Pierre mystérieuse, il y trouve un abri et un appui. L’autre a moins péché. Quel moyen employer pour le porter à aimer beaucoup ? Que lui dire ? Démentirons-nous ces paroles du Seigneur : « Celui à qui on remet peu, aime peu » ?

Eh bien ! oui, il aime peu, celui à qui on remet peu. Mais dis-moi, ô toi qui prétends avoir fait peu de mal, pourquoi ? sous la direction de qui as-tu évité le mal ? Grâces à Dieu, car vos applaudissements et vos cris indiquent que vous avez compris. Ainsi la question est résolue. Celui-ci a commis beaucoup de fautes et il a contracté beaucoup de dettes ; celui-là, avec l’assistance de Dieu, en a commis peu. Si donc l’un lui attribue le pardon obtenu, l’autre lui rend grâces des fautes évitées. Tu ne t’es pas rendu coupable d’adultère durant cette vie passée dans l’ignorance, dans les ténèbres, quand tu ne distinguais pas le bien du mal et que tu ne croyais pas encore en ce Dieu qui te conduisait à ton insu ; c’est que réellement je t’amenais à moi, je te conservais pour moi, te dit ton Seigneur. Si tu n’as point commis d’adultère, c’est que personne ne t’y a porté ; et si personne ne t’y a porté, c’est moi qui en suis cause. Le temps et le lieu t’ont manqué ; je suis cause qu’ils t’ont manqué. On t’y a porté, le temps et le lieu étaient favorables ; c’est moi qui par des terreurs secrètes t’ai empêché d’y consentir. Ah ! reconnais donc ma bonté, puisque tu m’es redevable même de ce que tu n’as point fait. Tel m’est obligé parce que, sous tes yeux, je lui ai pardonné ce qu’il a fait ; tu me l’es, toi, de ce que tu n’as pas fait. Car il n’est aucun péché commis par un homme, que ne puisse commettre un autre homme, s’il n’est assisté par l’Auteur même de l’homme.

Saint Augustin, sermon 99 (extrait).

Le miroir de l’IA

Dans le cadre du IVe Forum des femmes eurasiennes, qui se tient à Saint-Pétersbourg, a été organisée une table ronde sur le thème « Les femmes dans la technologie : le développement de l’intelligence artificielle ». Au nom du ministère des Affaires étrangères de Russie, Maria Zakharova a fait référence au début de « La reine des neiges » d’Andersen en disant :

« L’intelligence artificielle ne doit pas se transformer en un miroir qui déforme le monde, ne mettant en évidence que le laid et le plaçant sur un piédestal, et ses « éclats » sous la forme, par exemple, de nos téléphones ne doivent pas entrer dans nos yeux et notre cœur, afin de ne pas déformer notre perception de la réalité. »

Voici le texte d’Andersen, d’une certaine façon prophétique (traduction de 1873 sur Wikisource) :

Un jour, le diable était de bien bonne humeur ; il venait de confectionner un miroir qui avait une merveilleuse propriété : le beau, le bien s’y réfléchissaient, disparaissaient presque entièrement ; tout ce qui était mauvais et déplaisant ressortait, au contraire, et prenait des proportions excessives. Les plus admirables paysages, par ce moyen, ressemblaient à des épinards cuits. Les hommes les meilleurs et les plus honnêtes paraissaient des monstres ; les plus beaux semblaient tout contrefaits : on les voyait la tête en bas ; les visages étaient contournés, grimaçants, méconnaissables ; la plus petite tache de rousseur devenait énorme et couvrait le nez et les joues.

« Que c’est donc amusant ! » disait le Diable en contemplant son ouvrage. Lorsqu’une pensée sage ou pieuse traversait l’esprit d’un homme, le miroir se plissait et tremblait. Le Diable enchanté riait de plus en plus de sa gentille invention. Les diablotins qui venaient chez lui à l’école, car il était professeur de diablerie, allèrent conter partout qu’un progrès énorme, incalculable, s’accomplissait enfin : c’était seulement à partir de ce jour qu’on pouvait voir au juste ce qu’il en était du monde et des humains. Ils coururent par tout l’univers avec le fameux miroir, et bientôt il n’y eut plus un pays, plus un homme qui ne s’y fût réfléchi avec des formes de caricature.

Ensuite, plus hardis, ils se mirent à voler vers le ciel pour se moquer des anges et du bon Dieu. Plus ils montaient et s’approchaient des demeures célestes, plus le miroir se contournait et frémissait, à cause des objets divins qui s’y reflétaient ; à peine s’ils pouvaient le tenir, tant il se démenait. Ils continuèrent de voler toujours plus haut, toujours plus près des anges et de Dieu. Tout à coup le miroir trembla tellement qu’il échappa aux mains des diablotins impudents ; il retomba sur la terre où il se brisa en des milliards de billiards de morceaux.

Mais il causa alors bien plus de malheurs qu’auparavant. Ses débris n’étaient pas plus gros que des grains de sable. Le vent les éparpilla à travers le vaste monde. Bien des gens reçurent de cette funeste poussière dans les yeux. Une fois là, elle y restait, et les gens voyaient tout en mal, tout en laid et tout à l’envers. Ils n’apercevaient plus que la tare de chaque créature, que les défectuosités de toute chose ; car chacun des imperceptibles fragments avait la même propriété que le miroir entier. Bien plus, il y eut de ces morceaux qui descendirent jusqu’au cœur de certaines personnes ; alors c’était épouvantable, le cœur de ces personnes devenait comme un morceau de glace, aussi froid et aussi insensible.

Outre ces innombrables petits débris, il resta du miroir quelques fragments plus considérables, quelques-uns grands comme des carreaux de vitre : il ne faisait pas bon de considérer ses amis à travers ceux-ci. D’autres servirent de verres de lunettes : les méchants les mettaient sur leurs yeux pour paraître voir clair et discerner avec une exacte justice. Quand ils avaient ces lunettes sur le nez, ils riaient et ricanaient comme le diable regardant son miroir ; les laideurs qu’ils découvraient partout les flattaient et chatouillaient agréablement leur esprit pervers. C’était un gigantesque miroir ; le vent continua d’en semer les débris à travers les airs.

Toujours la Géorgie

Propos de Kakha Kaladzé, maire de Tbilissi, devant des journalistes :

« Aujourd’hui, nous sommes fiers comme jamais, car nous sommes ceux qui défendent la souveraineté, la paix et la tranquillité de notre pays, et nous ne laisserons personne utiliser à mauvais escient un petit pays avec une grande histoire pour servir les intérêts de grands pays, et le placer dans une situation difficile, comme l’Ukraine. La Géorgie préservera la paix, quelles que soient les menaces ou les sanctions qu’on nous impose. Nous défendrons toujours les intérêts de notre pays et de notre peuple. »

  • Kakha Kaladzé a été le plus grand footballeur géorgien. Il a été quatre ans au Dynamo Kiev (il connaît l’Ukraine…) avant d’être acheté 12,76 millions d’euros en 2001 par l’AC Milan où il restera neuf ans. Il a été 50 fois capitaine de l’équipe nationale de Géorgie. Membre du Rêve géorgien, il a été vice-Premier ministre, ministre de l’énergie, entre 2012 et 2017 avant de se faire élire maire de la capitale.

British Ubu

« Poutine pourrait faire exploser des millions de smartphones sans avertir. »

C’est le titre d’un article du Daily Mail, le deuxième quotidien britannique. L’article est de Mark Almond, professeur d’histoire moderne à Oxford, s’il vous plaît, et collaborateur de nombreux journaux.

Donc, il est inutile de parler des bipeurs libanais : Poutine pourrait faire des millions de fois pire.

Dès le début de la guerre en Ukraine, Mark Almond, professeur d’histoire moderne à Oxford, comparait Poutine à Hitler…