Saint Justin

Icône de Camelia Munteanu, Bucarest, 2007. Sur le phylactère la première réplique de saint Justin lors de son interrogatoire : « Nul ne peut être condamné pour obéir aux commandements de notre Sauveur Jésus-Christ. »

Le Créateur de l’univers n’a pas de nom, parce qu’il est non engendré. Recevoir un nom suppose en effet quelqu’un de plus ancien qui donne ce nom. Ces mots Père, Dieu, Créateur, Seigneur et Maître ne sont pas des noms, mais des appellations motivées par ses bienfaits et ses actions.

Son Fils, le seul qui soit appelé proprement Fils, le Verbe existant avec lui et engendré avant la création, lorsque au commencement, il fit et ordonna par lui toutes choses, est appelé Christ, parce qu’il est oint et que Dieu a tout ordonné par lui. Ce nom même a une signification mystérieuse, de même que le mot Dieu n’est pas un nom, mais une approximation naturelle à l’homme pour désigner une chose inexplicable.

Jésus est un nom qui signifie homme et sauveur. Nous l’avons dit antérieurement, le Christ s’est fait homme, il naquit par la volonté de Dieu le Père pour le salut des croyants et la ruine des démons. Vous pouvez vous en convaincre par ce qui se passe sous vos yeux. Il y a dans tout le monde et dans votre ville nombre de démoniaques, que ni adjurations, ni enchantements, ni philtres n’ont pu guérir. Nos chrétiens, les adjurant au nom de Jésus-Christ crucifié sous Ponce-Pilate, en ont guéri et en guérissent encore aujourd’hui beaucoup, en maîtrisant et chassant des hommes les démons qui les possèdent.

Extrait de sa « deuxième apologie » (vers 155-160), traduction Louis Pautigny.

Du latin au Kremlin

Ecoutez bien le tout début de la divine liturgie du « lundi du Renouveau », ce matin à la cathédrale de l’Assomption au Kremlin.

On entend d’abord le tropaire de Pâques en grec, puis sa traduction en latin :

Christus resurrexit a mortuis, mortem morte calcavit, et entibus in sepulchris vitam donavit !

« L’abus »

« L’annexion de la Cisjordanie, avec les soldats complices des colons. Gaza annihilée. L’avancée au Liban. La frontière violée en Syrie. La guerre contre l’Iran. Nettoyage ethnique et massacres. C’est ainsi que la droite sioniste façonne le Grand Israël. »

(L’espresso est depuis 2016 le supplément dominical de La Repubblica.)

Loukachenko

Chaque année le jour de Pâques Alexandre Loukachenko visite une église différente. Cette année il est allé dans celle du village d’Evdokimovitchi, dans la région de Moguilev. « C’est un plaisir de se trouver dans une telle église. Pour être franc, ce sont mes églises préférées : celles qui sont construites simplement, sans ostentation, surtout si elles sont en bois », a-t-il dit. Et il est allé dans ce village parce qu’il a travaillé il y a longtemps dans la ferme collective locale. « C’était très dur. Mais cela a toujours été et sera toujours dur. Telle est notre vie, qui nous a été donnée par le Seigneur Dieu, pour que nous ne nous sclérosions pas, pour que nous restions actifs. »

Mais ce qui me frappe surtout, c’est que Loukachenko, qui n’est pas particulièrement religieux, est à ma connaissance le seul chef d’Etat dont les premières paroles publiques le jour de Pâques sont : « Le Christ est ressuscité ! » (à 2’33 sur la vidéo).

La Hongrie normalisée

Une majorité d’électeurs hongrois en a donc eu assez d’être le mouton noir de l’UE, et peut-être surtout d’en subir les conséquences, puisque la Hongrie est soumise à de sévères sanctions pour son refus de la politique d’invasion de l’UE.

C’en est donc fini, du moins pour le moment, des discours de Viktor Orban qui tranchaient tellement sur le politiquement correct, sur tous les plans. Et donc de la résistance de la Hongrie au rouleau compresseur de la Commission européenne. On regrettera aussi Peter Szijjártó, qui avait émergé ces dernières années comme un des très rares remarquables ministres des pays européens.

Le plus grave est que l’opposition a remporté les deux tiers des sièges. Ce qui montre la fragilité des constitutionalisations. Orban avait cru pouvoir sanctuariser la définition de la famille et l’interdiction de la propagande LGBT, mais le nouveau pouvoir va s’empresser de les rayer de la Constitution, et sans aucun doute de faire pire, aux applaudissements de l’UE.

La Hongrie normalisée par l’UE c’est aussi un pays russophobe de plus, et dans l’immédiat le pays qui va permettre de verser 90 milliards d’euros dans le trou sans fond de l’Ukraine. (A moins que Robert Fico, éventuellement épaulé par Andrej Babiš, ne prenne le relais, mais Orban était le poids lourd…)

N.B. Pour les plus jeunes, je rappelle que « normalisation » fut le mot officiel définissant la reprise en main de la Tchécoslovaquie en 1968 par l’appareil soviétique via le parti communiste local.