Sagesse russe

Réponse de Sergueï Lavrov à la question : « Pourquoi la Russie se laisse-t-elle constamment tromper ? »

L’essence de notre peuple réside dans la patience. Nous sommes, après tout, une nation pieuse. Notre peuple multinational compte de nombreux proverbes sur la grande patience de notre peuple : « Dieu a été patient, et Il nous a ordonné de l’être », « Mesure sept fois, coupe une fois », « On attend trois ans ce qui est promis »… Cela révèle également une certaine psychologie. Mais cela n’a rien à voir avec une naïveté de caractère national perpétuée par de longs événements historiques. C’est avant tout l’espoir que même la personne la plus méprisable ne puisse être totalement dépourvue de décence, pour le dire simplement. Ilya Mouromets est resté allongé sur le poêle pendant 33 ans, attendant le moment où ses services seraient nécessaires à la Patrie.

La tromperie est le fondement de la diplomatie occidentale. Et c’est toujours le cas aujourd’hui. Quant à nous, nous avons l’habitude d’agir de manière noble, on peut même dire comme des gentlemen.

En substance, c’est la même chose.

Et aussi, invité à commenter le fait que le Secrétaire d’Etat du Vatican et le directeur de la CIA se trouvaient à Moscou le même jour (ce qui a suscité des torrents de commentaires délirants), Lavrov a répondu :

« Dans les deux cas, ces visites reflètent la volonté de ceux qui nous ont rendu visite de venir nous parler. »

La première « rectrice » d’un sanctuaire

L’Italienne Anna Medeossi a été nommée « rectrice » du sanctuaire de Notre-Dame de Santa Cruz, sur les hauteurs d’Oran en Algérie, par celui qu’elle appelle « Jean-Paul », à savoir le cardinal Vesco, archevêque de la ville.

Anna Medeossi est arrivée à Oran comme architecte, pour restaurer le sanctuaire. Elle est fière de souligner que toutes les peintures du sanctuaire rénové ont été réalisées par des musulmanes.

Du reste, dit-elle, « c’est un sanctuaire pour les musulmans, qui viennent le visiter par dizaines, par centaines, en été et le week-end. »

C’est pourquoi il est important qu’il y ait un recteur (il n’y en avait pas avant), pour montrer aux musulmans « que nous sommes frères et témoigner au monde entier qu’il est possible de vivre ensemble en paix »…

Sinon il y a le pèlerinage annuel, et « une messe par mois quand tout va bien »…

James Martin à Notre Dame

LifeSiteNews demande à ses lecteurs de protester auprès de la direction de l’Université de Notre Dame, dans l’Indiana, parce que c’est James Martin S.J. qui a été invité à prononcer la conférence annuelle sur la tradition sociale catholique…

Telle est pourtant l’Eglise catholique aujourd’hui. On ne peut pas reprocher à l’université woke-catholique d’inviter le militant jésuite-LGBT qui est très officiellement consulteur pour le Secrétariat de la communication du Vatican, quand le pape vient de nommer consulteur au dicastère « pour la promotion du développement humain intégral » Kathryn Koch, qui est membre du conseil d’administration de l’université en question…

Saint Augustin

L’hymne des vêpres dans les divers ordres qui se réclament de saint Augustin (office du XIIe siècle). D’abord par un chantre anonyme sur la « mélodie grégorienne de la tradition augustinienne », puis par Giovanni Vianini sur un « alius tonus ad libitum », mais je ne trouve pas d’interprétation sur la mélodie de l’antiphonaire dominicain, que donne Gregobase.

Magne Pater Augustine,
preces nostras suscipe.
et per eas Conditori
nos unire sátage,
atque rege gregem tuum
summum decus Proesulum.

O notre illustre Père Augustin, accueillez nos prières. Par elles, à notre Créateur employez-vous à nous unir, et dirigez votre troupeau, ô vous la gloire de l’épiscopat.

Amatorem paupertatis
te collaudant páuperes :
assertorem veritatis
amant veri judices :
frangis nobis favos mellis,
de scripturis disserens.

C’est l’amant de la pauvreté qu’en vous fêtent les pauvres : c’est le défenseur de la vérité que chérissent les juges véritables : vous rompez pour nous des rayons de miel en commentant les Ecritures.

Quae obscura prius erant,
nobis plana faciens ;
tu de verbis Salvatoris
dulcem panem cónficis,
et propinas potum vitae
de psalmorum néctare.

Les passages auparavant obscurs, vous les aplanissez pour nous ; vous, avec les paroles du Sauveur, vous pétrissez un pain savoureux, et vous composez un breuvage de vie avec le nectar des psaumes.

Tu de vita monachorum
sanctam scribis regulam,
quam qui amant, et sequuntur,
viam tenent regiam,
atque tuo sancto ductu
redeunt ad patriam.

Pour la conduite de vos moines, vous rédigez une règle sainte, par laquelle ceux qui l’aiment et la suivent tiennent une voie royale, et, sous votre sainte direction, ils regagnent la Patrie.

Regi regum salus, vita,
Decus et imperium,
Trinitati laus et honor
sit per omne saeculum,
quae concives nos adscribat
supernorum civium.
Amen.

Au Roi des rois, salut, vie, gloire et empire ; qu’à la Trinité louange et honneur soient pour tous les siècles, qu’Elle daigne nous inscrire au nombre des citoyens de la Cité d’en-haut.
Amen.

Et puis, insolite et touchant, sur une musique du Frère Niño Andrade OSA, par les « Enfants d’Adéodat » et le chœur des jeunes de Baseco (Manille) :

La « légitimité de la réforme liturgique »

Le salon Beige a publié hier matin un texte intéressant de François Savy sur la question de la légitimité de la nouvelle messe. Il relève que le mot avait été utilisé dans l’indult de 1984 permettant la célébration de l’ancienne messe à condition de ne pas mettre en doute « la légitimité et la rectitude doctrinale » de la nouvelle messe.

Il remarque ensuite que le mot n’est pas repris dans le protocole d’accord de 1988 entre Mgr Lefebvre et le Saint-Siège, et qu’il faudra attendre l’instruction d’application du motu proprio Summorum Pontificum pour le retrouver, 23 ans après. Il ajoute que, interrogée sur ce mot, la commission Ecclesia Dei avait répondu que c’était un synonyme de licéité.

Mais le mot est revenu dans le motu proprio Traditionis Custodes, et dans le contexte il prend une signification bien différente. Il ne s’agit plus de reconnaître la licéité et la validité de la nouvelle messe, mais « la validité et la légitimité de la réforme liturgique ».

Il est remarquable que ce même mercredi matin, Léon XIV donnait son point de vue sur la question, dans le sens de François. Cela a été relevé par dom Alcuin Reid dans un autre texte publié dans le Salon Beige.

« La réforme liturgique promue par le Concile Vatican II est ainsi fermement enracinée dans la tradition vivante de l’Église », a dit le pape. Dom Alcuin Reid commente :

Son « ainsi » sous-entend que les exigences de Sacrosanctum Concilium n° 23, selon lesquelles « il ne doit y avoir d’innovations que si le bien de l’Église l’exige véritablement et certainement ; et il faut veiller à ce que toute forme nouvelle adoptée découle organiquement des formes déjà existantes », ont été respectées.

S’il en était ainsi, la réforme liturgique serait clairement légitime.

Mais il n’en est pas ainsi. Le pape ment quand il prétend que la réforme liturgique a respecté les exigences de Sacrosanctum Concilium et se trouve ainsi enracinée dans la Tradition.

Car il se trouve que les artisans de cette réforme et ceux qui la combattent sont d’accord (avec un certain Joseph Ratzinger, du reste) pour dire qu’il y a eu rupture et non continuité. Ceux-là s’en sont vantés, ceux-ci ne cessent de le déplorer et de le dénoncer. Un témoin clef fut le P. Luykx, qui était un militant du mouvement liturgique, et pour cela nommé membre des commissions chargées de la réforme liturgique, et a écrit un livre pour expliquer que cette réforme n’était pas du tout dans la ligne du mouvement liturgique ni de ce que demandait Vatican II. Au point qu’il se fit grec-catholique pour ne pas avoir à célébrer la nouvelle messe…

La nouvelle messe est licite puisque promulguée par l’autorité, elle est valide quand elle est célébrée par un prêtre selon les livres liturgiques officiels, mais la réforme liturgique n’est pas légitime : elle est en rupture avec la tradition et n’a donc pas la légitimité de la tradition.

N.B. Comme le remarque un lecteur, il est tout à fait possible que le pape ne mente pas, mais qu’il ne sache pas de quoi il parle.