Le précieux Sang

Giotto, vers 1300.

Per hæc divína mystéria, ad novi, quǽsumus, Testaménti mediatórem Jesum accedámus : et super altária tua, Dómine virtútum, aspersiónem sánguinis mélius loquéntem, quam Abel, innovémus. Per eúndem Dóminum.

Nous vous en supplions, Dieu des puissances, que par ces divins mystères, nous puissions avoir accès auprès de Jésus le médiateur de la nouvelle alliance, et que nous renouvelions sur vos autels l’aspersion de ce sang qui parle mieux que celui d’Abel.

Telle est la deuxième collecte, dite « secrète », de la messe de cette fête. Elle cite l’épître aux Hébreux (12,24) : (Vous vous êtes approchés) « de Jésus qui est le médiateur de la nouvelle alliance, et du sang de l’aspersion qui parle mieux que celui d’Abel ».

Saint Grégoire le Grand rappelle qu’à propos du sang d’Abel Dieu dit à Caïn : La voix du sang de ton frère crie vers moi depuis la terre. « Le sang de Jésus parle mieux que celui d’Abel, parce que le sang d’Abel réclamait la mort du frère fratricide, tandis que le sang du Seigneur obtient la vie pour les persécuteurs. » (Morales sur Job 13, 22.)

La vie, par la purification et le pardon, comme le souligne le chapitre 9 de l’épître aux Hébreux :

« En effet Moïse, après avoir proclamé devant tout le peuple tous les commandements de la loi, prit le sang des veaux et des boucs, avec de l’eau, de la laine écarlate et de l’hysope, et il en aspergea le livre même et tout le peuple, en disant : Ceci est le sang de l’alliance que Dieu vous a confiée. Il aspergea aussi de sang le tabernacle et tous les ustensiles du culte : et, selon la loi, presque tout est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon. »