Poutine isolé…

… et dans un bunker… Mais il présidait aujourd’hui le 8e sommet des pays exportateurs de gaz.

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Le président finlandais Alexandre Stubb et le Premier ministre norvégien Jonas Støre ont enfreint aujourd’hui le commandement de ne pas parler avec Poutine. Ils ont téléphoné au président russe sans en avoir l’autorisation des maîtres de la guerre contre la Russie.

« La discussion a été franche et approfondie. Nous sommes des pays voisins de la Russie. L’issue de cette guerre aura un impact direct sur notre propre sécurité et sur celle de l’Europe dans son ensemble. Mettre fin à la guerre nécessite des échanges directs », a déclaré Stubb.

Et les deux dirigeants ont précisé qu’ils resteraient désormais en contact téléphonique avec Poutine.

Jusqu’ici (17h), il n’y a pas eu de réaction de Kallas ni d’Ursule. Mais Mette Frederiksen, premier ministre du Danemark, a déclaré en marge d’une réunion du Conseil nordique en… Finlande :

« Je suis très sceptique quant à cette initiative isolée de la Norvège et de la Finlande. Elle n’a pas été coordonnée avec nous autres. J’estime que nous devrions préserver l’unité de l’Europe plutôt que d’agir chacun de notre côté. »

Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a lui aussi critiqué cette initiative, soulignant qu’il fallait préserver l’unité européenne et que toute paix ne pouvait se faire « qu’aux conditions de l’Ukraine »…

Bref voilà les premières lézardes nordiques…

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Addendum. Selon la radio publique norvégienne NRK, la conversation devait durer vingt minutes, et elle a duré une heure et demie.

De la férie

Dans le martyrologe de ce jour :

Neápoli, in Campánia, sancti Gaudiósi, Epíscopi Africáni, qui ob Wandalórum persecutiónem venit in Campániam, et, in monastério apud eam urbem, sancto fine quiévit.

A Naples, en Campanie, saint Gaudiose, évêque africain : il vint en Campanie pour éviter la persécution des Vandales, et finit saintement ses jours dans un monastère près de Naples.

Il était berbère et s’appelait Septimus Cœlius Gaudiosus, il était né à Abitène (Abitinae) et devint l’évêque de sa ville, près de Carthage. Lors de l’invasion des Vandales en 439, leur chef Genséric lui proposa de rester évêque à condition de devenir arien. Il refusa et fut mis dans un bateau sans voile ni rame, avec d’autres chrétiens, dont l’évêque de Carthage saint Quodvultdeus.

Or le bateau arriva à Naples. Les exilés fondèrent un monastère, le premier en Italie selon la règle de saint Augustin. Gaudiose meurt le 27 octobre 455 et est inhumé dans une catacombe qui portera son nom et qui est aujourd’hui dans la crypte de la basilique Santa Maria della Sanità.

Il y a deux autres saints portant le nom de Gaudiosus dans le martyrologe, dont un hier 26 octobre, évêque de Salerne au VIIe siècle.

A priori Gaudiosus devrait être traduit par « Joyeux », puisqu’il est manifestement formé sur « gaudium », la joie, et qu’en France le nom de famille Joyeux est référencé parmi les patronymes fréquents par Geneanet. Mais selon le Gaffiot ce mot n’existe pas autrement que comme nom propre. N’empêche que « Gaudiose » est peu réjouissant et sent la fabrication. Et qu’en italien « gaudioso » veut bien dire « joyeux »…

Les distinctions du cardinal Cupich

Jeudi prochain, le cardinal Cupich, archevêque de Chicago, remettra le prix Nostra Aetate au milliardaire Michael Sacks, soutien du parti démocrate et financier, à hauteur de 600.000 $, des initiatives pour un plein accès à l’avortement dans l’Illinois, officiellement « Etat refuge » pour les femmes qui ne peuvent pas avorter dans leur Etat et bénéficient donc des largesses de Sacks.

A ceux qui se permettent de critiquer son choix, le cardinal Cupich répond :

« Honorer des personnes qui ne partagent pas les enseignements fondamentaux de l’Eglise catholique, c’est reconnaître leur dignité, leur rôle dirigeant, et leur service auprès de leur communauté, sans pour autant impliquer que l’on approuve chacune de leurs déclarations ou prises de position. »

Il y a un an, Cupich avait décidé de remettre ce prix au sénateur démocrate Dick Durbin, militant de l’avortement (y compris par démembrement du fœtus) et de l’immigration. La polémique avait conduit Dick Durbin à renoncer à son prix.

Le Coran « parole de Dieu », selon l’Eglise italienne

Onze « Fiches pour connaître l’islam », destinées aux écoles italiennes, ont été présentées au siège de l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège, en présence du cardinal Zuppi, président de la conférence épiscopale italienne, qui a déclaré que « ces fiches sur l’islam, conçues conjointement par des catholiques et des musulmans, constituent un puissant antidote à la violence et à l’ignorance ».

Elles débutent par des thèmes tels que « Qu'est-ce que l'islam ? » et « Brève histoire de l'islam », avant d'aborder la foi et la théologie, le Coran en tant que parole révélée de Dieu, l'imitation du modèle prophétique, ainsi que l'adoration (‘ibāda). Sont ensuite abordés la communauté islamique (Oumma), la spiritualité, les convergences et divergences entre christianisme et islam, la présence de l’islam en Italie, ainsi que le défi du dialogue interreligieux. Cette publication est le fruit d’années de travail mené conjointement par le PISAI (l'Institut pontifical d'études arabes et d'islamologie) et trois organismes de la CEI (Conférence épiscopale italienne) dédiés au dialogue interreligieux, à l’école et à l’enseignement de la religion catholique. Des experts chrétiens et musulmans ont élaboré ces textes comme outils à destination des enseignants, dans le respect des différences et de la complexité de l’islam. L’introduction fait référence à la déclaration Nostra Aetate et souligne que la connaissance constitue une voie vers la paix.

L’article de Vatican News fait état de trois intervenants catholiques, et de… sept intervenants musulmans, dont le président de la Communauté religieuse islamique italienne (COREIS), qui « a cité des activités menées dans les écoles ainsi que des visites de mosquées comme autant d’outils pour lutter contre les préjugés ». (Ne pas confondre la COREIS avec la Confédération islamique italienne i avec l’Union des communautés et organisations islamiques en Italie, également présentes.)

« La méthodologie a été exposée par le père Valentino Cottini : une équipe paritaire, composée de chrétiens et de musulmans, a examiné les points de divergence jusqu’à parvenir à un texte consensuel. »

Il est donc consensuel de présenter le Coran comme « parole révélée de Dieu ». Et de l’enseigner aux enfants italiens.