Saint Herménégilde

L’Apothéose de saint Herménégilde est un tableau de Francisco de Herrera l’Ancien (1620-1624). Le prince martyr est représenté en miles Christi, soldat du Christ. Il brandit le crucifix autour duquel est écrit « ERAT » : « Qui crucifixus erat Deus », chante le Salve festa dies : « celui qui a été crucifié était Dieu », et c’est pour avoir confessé cela qu’il a été emprisonné et tué par son père le roi arien : à sa droite et à sa gauche, les chaînes et la hache.

En bas à gauche saint Léandre, évêque de Séville, grand ami de saint Grégoire le Grand. Il protège le jeune Récarède, le frère d’Herménégilde, qui deviendra le roi catholique. A droite saint Isidore, frère et successeur de saint Léandre, qui contemple la gloire d’Herménégilde et maintient à terre le roi arien vaincu par la foi de son fils martyr.

Le témoignage qui fait autorité est évidemment celui de saint Grégoire le Grand. Mais ce texte n’est pas conforme à la nouvelle religion (celle de « l’homme d’aujourd’hui ® »), puisque la sainteté d’Herménégilde est mise en relation, et deux fois, avec le mépris du monde. Comme toutes les oraisons qui opposent le mépris des choses qui passent et la recherche des réalités éternelles, celle de la fête de saint Herménégilde a été supprimée, conformément au dogme promulgué par dom Antoine Dumas en 1966.

Deus, qui beátum Hermenegíldum Mártyrem tuum cælésti regno terrénum postpónere docuísti : da, quǽsumus, nobis ; ejus exémplo cadúca despícere atque ætérna sectári.

Dieu, qui avez appris au bienheureux Herménégilde, votre Martyr, à mettre la royauté terrestre au-dessous de la royauté du ciel, accordez-nous, nous vous en supplions, de mépriser à son exemple les biens périssables, et de rechercher les biens éternels.

Pâques à Moscou

A partir d’1h08, le patriarche Cyrille s’adresse à Vladimir Poutine. A 1h09’07 on voit au premier plan la Vierge de Vladimir, et à 1h09’23 les deux icônes que la Galerie Tretiakov vient de rendre à l’Eglise.

Pâques à Athènes

A 45’ sur la vidéo. Il était minuit à Athènes, devant l’église de l’Ascension. Après la distribution de la lumière dans l’église, proclamation de la Résurrection (Marc 16) et chant du tropaire de Pâques, à partir de 49’, sur la place pleine de monde, au son des cloches.

A 2h53’38, après la consécration, le mégalynaire de Pâques :

L’Ange du Seigneur crie à la pleine de grâce : Vierge sainte, réjouis-toi ; je le dis encore, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité du tombeau, le troisième jour. Resplendis de lumière, nouvelle Jérusalem, car la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Exulte et danse de joie, fille de Sion ; réjouis-toi aussi, sainte Mère de Dieu, en ce jour où ressuscite ton Fils.

Dimanche in albis

Sermon 258 de saint Augustin, n. 2 et 3.

Rappelez-vous la première formation du monde. « Les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme, et l’Esprit de Dieu était porté au-dessus des eaux. Or, Dieu dit : Que la lumière soit, et la lumière fut. Et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres ; et il donna à la lumière le nom de jour et le nom de nuit aux ténèbres. » Rappelez-vous aussi les ténèbres où étaient plongés ces enfants avant de venir recevoir la rémission de leurs péchés. Ils étaient bien, avant cette rémission, les membres au-dessus de l’abîme. Mais l’Esprit de Dieu était aussi porté sur les eaux ; ces enfants sont descendus dans ces eaux, et comme l’Esprit de Dieu était au-dessus, les ténèbres du péché se sont évanouies. Tel est le jour qu’a fait le Seigneur. C’est à ce jour que l’Apôtre dit : « Vous tétiez ténèbres autrefois, vous êtes maintenant lumière dans le Seigneur. ». Dit-il : Vous étiez ténèbres dans le Seigneur ? Non, vous étiez ténèbres en vous-mêmes ; « vous êtes lumière dans le Seigneur ». Or « Dieu a donné à la lumière le nom de jour », attendu que ce changement est l’œuvre de sa grâce. Ces enfants pouvaient, hélas ! être ténèbres par eux-mêmes ; ils n’ont pu devenir lumière que par l’action de Dieu. Aussi sont-ils le jour qu’a fait le Seigneur, et non le jour qui s’est fait lui-même.

Saint Thomas, l’un des disciples, n’était-il pas un homme, un homme du vulgaire en quelque sorte ? En vain ses condisciples lui disaient-ils : « Nous avons vu le Seigneur. — Si je ne le touche, si je ne mets mon doigt dans son côté, répondait-il, je ne croirai point. » Quoi ! ce sont les prédicateurs de l’Évangile qui te l’annoncent, et tu ne crois pas ? L’univers a cru sur leur témoignage, et tu n’y ajoutes pas foi ? C’est d’eux qu’il est dit : « Leur voix a retenti par toute la terre et leurs paroles jusqu’aux extrémités du globe » ; ainsi leurs paroles vont loin puisqu’elles ne s’arrêtent que là où finit le monde, et le monde entier embrasse la foi : et quand tous réunis s’adressent à un seul homme, cet homme ne croit pas ? C’est qu’il n’était pas encore le jour fait par le Seigneur ; il y avait encore des ténèbres sur cet abîme, des ténèbres au-dessus des profondeurs de ce cœur d’homme. Vienne donc, vienne le principe de ce jour sacré ; qu’il dise avec patience, avec douceur et sans colère, car il est le médecin des âmes : Approche, approche, touche et crois. Tu disais : « Si je ne touche, si je ne mets mon doigt, je ne croirai point » ; viens, touche, « mets ton doigt et ne sois plus incrédule, mais fidèle ». Viens, mets ici ton doigt. Je savais combien tu es blessé, et pour toi j’ai conservé cette large cicatrice.

Mais aussi quand il y mit son doigt, sa foi fut complète. En quoi consiste la plénitude de la foi ? A croire que le Christ n’est pas seulement homme et n’est pas Dieu seulement, mais Dieu et homme tout à la fois. La plénitude de la foi, c’est que « le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous ». Lors donc que le Sauveur lui eut offert de toucher ses cicatrices et ses membre sacrés, et que ce disciple les eut touchés réellement, il s’écria : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Il touchait un homme, et dans cet homme il reconnaissait Dieu ; il touchait une chair humaine, mais il y voyait le Verbe, car « le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ». Ce Verbe a permis que sa chair fût suspendue au gibet, qu’elle y fût fixée avec des clous, qu’elle fût percée par une lance, et qu’elle fût déposée dans un sépulcre ; mais aussi il l’a ressuscitée et présentée à ses disciples pour qu’ils la vissent de leurs yeux et pour qu’ils la touchassent de leurs mains. Ils la touchent donc et ils s’écrient : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Ah ! ils sont le jour qu’a fait le Seigneur !