Le patriarche Cyrille et les JO

Le Xe Forum international des cultures unies de Saint-Pétersbourg, qui s’était ouvert mercredi sur le thème « Culture du XXIe siècle : souveraineté ou globalisme ? », se termine aujourd’hui. Le patriarche Cyrille y a prononcé une conférence très remarquable, qui avait comme un parfum de Benoît XVI…

En voici un bref extrait concernant notre malheureux pays :

Aujourd’hui, nous observons une « déculturation » active ; un concept spécial est même apparu pour décrire les pratiques introduites dans la vie quotidienne, à savoir « la nouvelle normalité ». Nous voyons également le changement de nom de diverses « sauvageries » en « nouvelle culture ». Les Jeux olympiques passés en sont un exemple frappant. Les reportages des Jeux olympiques dressent un tableau très pessimiste, reflétant la trajectoire descendante de la composante spirituelle et culturelle de la civilisation occidentale. Lorsque j’ai regardé ces images, j’ai pensé : vous ne pouvez pas offenser Dieu ! Les images des Jeux olympiques indiquent une incroyable régression de la civilisation occidentale, qui tente de soumettre toutes les autres cultures.

Et dans le même sens, vers la fin de la conférence :

L’anti-culture est toujours anti-religieuse — elle cherche à priver une personne de tout soutien spirituel et d’un système fiable de coordonnées morales. La conscience des racines religieuses de la culture, au contraire, lui rend le sens originel, d’où tout est venu : culte — culture. La religion et la culture ne sont donc pas seulement des alliées. La véritable culture, comme la foi religieuse, dirige une personne vers le monde de l’idéal, élève l’esprit et l’âme, forme la conscience de soi et forme un système d’éthique au sein duquel notre vie commune doit être réalisée.

La messe qui disparaît

Dans le diocèse d’Arlington, celui du nord de la Virginie, il y avait avant Traditionis Custodes plus de 20 messes traditionnelles dans des églises paroissiales. Après le motu proprio de François, l’évêque a permis cinq messes dans des gymnases ou autres lieux du même type, et trois dans des églises, avec un indult de deux ans, qui se terminait donc en juillet dernier. L’évêque a décidé que dans ces trois paroisses on pourrait continuer à célébrer une messe traditionnelle dominicale, à condition qu’une fois par mois ce soit la nouvelle messe…

La bénédiction de Jakarta

Parmi ceux qui continuent de suivre les errances diverses et variées de François, certains ont été choqués de la bénédiction qu’il a donnée à Jakarta, une « bénédiction pontificale » sans signe de croix ni mention de la Sainte Trinité :

« Je voudrais donner une bénédiction. Une bénédiction signifie que l’on dit du bien, que l’on souhaite du bien à quelque chose. Ici, vous appartenez à des religions différentes, mais nous n’avons qu’un seul Dieu, il y en a un seul. En union, en silence, nous prierons le Seigneur et je donnerai une bénédiction pour tous, une bénédiction pour toutes les religions. Que Dieu bénisse chacun d’entre vous. Qu’il bénisse tous vos désirs. Qu’il bénisse vos familles. Qu’il vous bénisse ici et maintenant. Qu’il bénisse votre avenir. Amen. »

De la part d’un pape, une telle bénédiction est évidemment une apostasie. Mais c’est bien pour cela qu’il est allé en Indonésie, comme il était allé à Abou Dhabi, au Kazakhstan, etc.

Ce n’est pas la première fois que François « bénit » sans référence au christianisme. Mais c’est peut-être la première fois qu’il le fait de façon aussi spectaculaire et en en donnant l’explication devant des foules : « une bénédiction signifie que l’on dit du bien, que l’on souhaite du bien ».

C’est pourquoi les évêques et les prêtres peuvent bénir les personnes de même sexe qui se « marient » : il s’agit seulement de « souhaiter du bien », comme François l’avait d’ailleurs dit, face à la résistance de certains évêques archaïques qui considéraient qu’on ne peut pas bénir le péché.

A Jakarta on a eu un aboutissement de l’un de ces « processus » que lance François et qui doivent se développer au cours du temps, selon son faux « principe » que « le temps est supérieur à l’espace ». A Jakarta on a eu un aboutissement de ce processus de la nouvelle conception de la bénédiction. François avait commencé par se faire bénir par des protestants. C’était absurde et dégradant, mais encore plus ou moins dans un cadre chrétien. Désormais il n’y a plus rien de chrétien : on est au bout du processus.

Il en est ainsi pour tout. Car la liquidation doit être totale.

A Singapour, il a carrément nié que le Christ soit l’unique chemin pour parvenir à Dieu :

« Toutes les religions sont un chemin vers Dieu. Elles sont – je fais une comparaison – comme des langues différentes, des idiomes différents, pour y parvenir. Mais Dieu est Dieu pour tous. Et parce que Dieu est Dieu pour tous, nous sommes tous fils de Dieu. “Mais mon Dieu est plus important que le vôtre !” Est-ce vrai ? Il n’y a qu’un seul Dieu, et nous, nos religions sont des langues, des chemins vers Dieu. »

La version originale est pire encore que la traduction officielle édulcorée : « Tutte le religioni sono un cammino per arrivare a Dio. » Toutes les religions sont un chemin pour arriver à Dieu.

Puis dans l’avion on lui a demandé pour qui les Américains devaient voter. Il a renvoyé Trump et Harris dos à dos : « Les deux sont contre la vie. L’un veut expulser les migrants et l’autre tue les bébés. » Vouloir stopper l’immigration clandestine et vouloir tuer les bébés à naître jusqu’à la naissance, c’est pareil, c’est pareillement « contre la vie »…

Document

Michael Warren Davis est inconnu chez nous. Ce n’est pas le cas aux Etats-Unis. Il a été rédacteur en chef du magazine Crisis, rédacteur en chef pour les Etats-Unis du Catholic Herald, rédacteur en chef adjoint de Quadrant, il est le collaborateur de diverses publications dont The Salisbury Review, The University Bookman, The imaginative Conservative, il a publié en 2021 The Reactionary Mind : Why Conservative isn’t enough (L’esprit réactionnaire : Pourquoi le conservatisme ne suffit pas), et en juin dernier After Christendom (Après la chrétienté), publié par Sophia Institute Press, une société d’édition à but non lucratif très axée sur la liturgie traditionnelle.

Bref, Michael Warren Davis est une figure du monde « tradi » américain au sens large, et même du monde « conservateur », selon le sens donné à ce mot outre-Atlantique. Sa conversion à l’« orthodoxie orientale », comme ils disent là-bas, n’est donc pas passée inaperçue. Je l’ai apprise par un article de Michael P. Foley du blog New Liturgical Movement. Un article sur les mauvaises raisons de préférer la messe traditionnelle, mais qui commençait par les « réflexion similaires » auxquelles conduisent le fait que Michael Warren Davis ait « quitté la barque de Pierre » : bref, pour de mauvaises raisons, que Michael P. Foley ne connaissait pas mais qui doivent être les mêmes que d’habitude : les défaillances de la hiérarchie.

Cela m’a donné l’idée de savoir pourquoi, précisément, ce dont se moque bizarrement Michael P. Foley, dont je lis toujours avec intérêt les articles parce qu’il est un véritable connaisseur de la liturgie traditionnelle.

J’ai fini par tomber sur les explications détaillées du « coupable », sur son blog Yankee Athonite, sous son pseudonyme Theophane Davis. En voici une traduction intégrale, car cela mérite à mon sens une certaine attention.

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Exaltation de la Sainte Croix

Le tropaire slavon de la fête chante ceci :

Sauve, Seigneur, ton peuple, et bénis ton héritage, accorde à tes fidèles victoire sur les ennemis et garde ton peuple par ta Croix.

Mais autrefois il disait : « accorde à tes rois fidèles ». Il pouvait même être personnalisé, comme on le voit ici, dans une version znamenny de 1899 : « accorde à notre empereur béni Nicolas Alexandrovitch la victoire sur les ennemis ».

Par les moines de Valaam, gardiens de la tradition znamenny à travers les vicissitudes des siècles, des vikings aux bolcheviques…

Спаси, Господи, люди Твоя и благослови достояние Твое, победы благоверному Императору нашему Николаю Адександровичу на сопротивныя даруя и Твое сохраняя Крестом Твоим жительство.