Il y a cent ans à Kiev

L’Académie théologique de Kiev, qui est aussi le séminaire de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, organise le 17 octobre sa XVIe conférence internationale, qui sera dédiée au 100e anniversaire de la fermeture « définitive » de l’Académie de théologie de Kiev par les autorités soviétiques.

« La première fermeture de l’Académie a eu lieu en avril 1919, lorsque le pouvoir soviétique était temporairement établi à Kiev. Toutefois, en août de la même année, les troupes bolcheviques ont quitté Kiev et l’Académie a repris ses activités. En février 1920, le pouvoir soviétique s’installe définitivement à Kiev. Après cela, l’Académie a réussi à se faire enregistrer en vertu de la loi soviétique en tant qu’établissement d’enseignement privé sous le nom d’Académie théologique orthodoxe de Kiev. Sous cette forme, elle a pu exister jusqu’en 1924, date à laquelle elle a finalement été liquidée par les autorités soviétiques. »

La conférence prévoit d’accorder une attention particulière aux dernières années d’existence de l’Académie, dans la période pré-révolutionnaire et post-révolutionnaire, ainsi que d’examiner les parcours de vie des professeurs et des diplômés de l’Académie pendant l’ère soviétique.

Nul doute qu’il y aura là des enseignements pour aujourd’hui, alors que les prétendues autorités ukrainiennes viennent à leur tour d’interdire l’Eglise orthodoxe, cent ans plus tard…

Déjà l’Académie a été chassée l’an dernier de la laure des Grottes de Kiev, qui était sa résidence historique, et a dû se réfugier dans un monastère de Kiev.

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Malgré le vote définitif de l’interdiction de l’Eglise orthodoxe ukrainienne (qui reste à concrétiser, et ce ne sera pas le plus facile…), la situation n’est pas bonne pour l’Eglise du pouvoir. Ses sbires continuent certes de prendre des églises par la violence (encore trois depuis le début du mois), mais ensuite la plupart de ces églises restent vides, et le patriarcat de Constantinople commence à critiquer ouvertement les violences, après la visite en août de trois délégués qui ont vu la réalité des choses. En outre une lettre de Bartolomée, datant de l’an dernier et gardée secrète, a fait surface : le patriarche demandait à l’Eglise du pouvoir de ne pas apporter à ses statuts des modifications qui « pourraient menacer l’unité de l’orthodoxie en Ukraine ». Si c’était le cas, le patriarche pourrait dénoncer le « tomos » et renvoyer ainsi cette Eglise au néant. Bartolomée, trompé par Porochenko, croyait que les prêtres, les moines et les fidèles orthodoxes allaient passer en masse à la nouvelle Eglise. Mais cela ne s’est pas passé. Parmi les centaines de moines, un seul a fait défection. Un prêtre qui était passé à l’Eglise de Bartolomée-Porochenko et qui est revenu à l’Eglise orthodoxe ukrainienne soulignait récemment qu’il n’y a pas eu une seule tonsure monastique dans cette Eglise depuis sa création en 2018. Pas une seule. Mais s’il n’y a pas de moines il n’y a pas d’évêques, et s’il n’y a pas d’évêques il n’y a pas d’Eglise…

Les ukronazis canadiens

Vendredi prochain doit être projeté en première au Festival du film de Toronto le documentaire Russians at war, d’Anastasia Trofimova, qui a été dénoncé par le soi-disant gouvernement ukrainien lorsqu’il a été projeté à la Mostra de Venise.

Le Congrès ukrainien canadien (qui représente, dit-il, 1,4 million de personnes) appelle à une manifestation ce jour devant le cinéma et exige que le film soit retiré. Parce que selon cette organisation créée par les nazis ukrainiens réfugiés au Canada après la guerre, cette coproduction franco-canadienne est un film de propagande russe.

Il ne se rendent même pas compte de l’absurdité de la chose : la France et le Canada qui financeraient la propagande de guerre russe…

Le problème pour eux est que Anastasia Trofimova a filmé ce qu’elle a vu, et que ça ne correspond pas à la propagande ukrainienne. Elle n’a pas vu de monstres, mais des soldats ordinaires. Elle n’a pas vu de crimes de guerre, mais des combats…

En bref la réalité n’est pas une « guerre d’agression génocidaire » menée par une armée russe « qui viole, torture, assassine et déshumanise les Ukrainiens », « qui tue, viole et torture les Ukrainiens depuis dix ans », comme le prétend le Congrès ukrainien canadien, qui se donne même le ridicule d’accuser la réalisatrice d’avoir violé les frontières de l’Ukraine…

On va voir si le Festival du Film de Toronto résiste ou non à cet assaut des toujours aussi virulents descendants des nazis ukrainiens.

Saint Nicolas de Tolentino

Deux tableaux du Pérugin, conservés à Detroit : saint Nicolas de Tolentino sauvant un enfant de la noyade, et le miracle des perdrix (alors qu’il avait été très malade, on lui prépara des perdrix pour le rétablir, mais comme il ne voulait pas manger de viande il ressuscita les perdrix). On peut voir ces deux tableaux en détail sur le site de l’Institut des arts de Detroit. Un autre miracle ici. Sur ce saint voir ici. Ses très divers portraits ici.

C’est ce jour qu’il y a aussi dans le martyrologe romain comme dans les ménées byzantines la mention de la sainte impératrice Pulchérie à qui saint Jérôme avait écrit la lettre citée samedi dernier.

En Bachkirie

La Bachkirie, ou le Bachkortostan, est une république de la Fédération de Russie. Il y a eu ces derniers jours des élections locales dans toute la Russie, donc là aussi.

Les citoyens de Paris sont fiers d’avoir eu une participation à 100% des… 9 électeurs.  La banderole, tenue par deux « Parisiens de souche », des cousins qui ont près de 90 ans, dit :

« Paris vote pour un Bachkortostan fort. »

Il y a bien une tour Eiffel sur la pancarte…

Les gazettes bachkires soulignent que, à Suisse, sans surprise, « les Suisses sont pour un Bachkortostan fort ».

Mars a également voté en masse : 65 électeurs qui disent : « Même si nous vivons sur Mars, nous ne sommes pas indifférents au sort du Bachkortostan. »

Mais ils sont plus nombreux sur Uranus : 469 Uraniens ont le droit de vote.

Il y a aussi un village qui s’appelle Venezia…

Les femmes de la sous-tribu Kir-Tanyp ont revêtu leurs plus beaux costumes :

Les rivières de Bachkirie portent des noms étonnants : Nil, Ganges, Tibre, Seine (Sekvann, de Sequana), Rhône (Rodan, de Rodanus), Danube, Elbe…

La capitale de ce pays est Oufa. Où il y a un opéra tout à fait remarquable, que j’ai découvert par hasard en trouvant sur YouTube sa production d’Attila, opéra de Verdi injustement méconnu, car c’est du très bon Verdi. Non seulement l’interprétation est excellente (avec le renfort bien sûr de quelques chanteurs de Moscou et de Saint-Pétersbourg), mais la mise en scène est étonnante. L’une des grandes scènes est la rencontre entre Attila et le pape saint Léon. « L’évêque romain Leone », dit tristement Wikipedia en français. A Oufa, capitale d’une des huit républiques à majorité musulmane de la Fédération de Russie, l’arrivée du pape est d’un triomphalisme catholique romain aussi anachronique que spectaculaire…

Scoop

Vous ne lirez ceci dans aucune gazette occidentale : les Russes ont remporté 20 médailles d’or, 21 médailles d’argent et 23 médailles de bronze aux Jeux paralympiques.

Et on n’avait accepté que 88 candidats ! Sous « bannière neutre ». Donc on niait leur nationalité. Et ces médailles ne sont pas comptabilisées dans le classement. Même de manière « neutre ».

Ils participaient, mais dépouillés de leur identité nationale, et leurs résultats sont effacés.

Dans le pays des droits de l’homme.