Kusturica

Le patriarche russe Cyrille a conféré hier l’ordre de saint Séraphin de Sarov de première classe à Emir Kusturica, qui célébrait son 70e anniversaire, pour sa contribution à la préservation des valeurs traditionnelles :

Cher Monsieur Kusturica,
Je vous adresse mes sincères félicitations à l’occasion de votre 70ᵉ anniversaire.
Votre œuvre multiforme, devenue au fil des années une véritable carte de visite de l’art serbe contemporain et du style unique des Balkans, est admirée par des millions d’amateurs de beauté à travers le monde. Les films que vous avez réalisés, abordant des questions éternelles sur le sens de la vie et les choix moraux, se distinguent non seulement par leur symbolisme profond et leurs solutions artistiques originales, mais aussi par leur humour bienveillant et les personnages lumineux et mémorables que vous avez créés.
Il est réjouissant de constater que, en tant que croyant orthodoxe, vous vous efforcez de témoigner avec conviction des idéaux évangéliques d’amour et de fraternité, de souligner l’importance des liens familiaux solides et de promouvoir des principes moraux élevés.
En reconnaissance de votre contribution à la préservation des valeurs traditionnelles dans la société et à l’occasion de cette date remarquable, je trouve juste de vous décerner l’ordre de saint Séraphin de Sarov (première classe).
Je vous souhaite une pleine santé physique et spirituelle, un esprit toujours vaillant, l’inépuisable aide de Dieu et de nouveaux succès dans vos créations artistiques.
Avec respect,
† CYRILLE, Patriarche de Moscou et de toute la Russie

Vladimir Poutine lui a adressé ce message, qui lui a été lu par une conseillère de l’ambassade russe à Belgrade lors du Festival du film documentaire russe RT.Doc: le temps de nos héros.

Cher Monsieur Kusturica, je vous félicite pour votre soixante-dixième anniversaire. Homme au talent audacieux et multiforme, véritable artiste, vous avez gagné à juste titre la célébrité en tant que l’un des réalisateurs de films les plus connus de notre époque, mais aussi en tant qu’acteur, musicien et écrivain populaire, ainsi qu’en tant qu’auteur de projets créatifs exceptionnels.

Je tiens à souligner tout particulièrement votre position publique active et votre grande contribution à la mise en œuvre d’initiatives importantes dans le domaine humanitaire, visant à renforcer la confiance et la compréhension entre les peuples.

Je vous souhaite la santé, l’inspiration et de nouveaux succès.

Le 17 septembre dernier a eu lieu à Banja Luka (république serbe de Bosnie) l’avant-première du documentaire d’Emir Kusturica sur la persécution de l’Eglise orthodoxe ukrainienne : Les gens du Christ. Notre temps. La première a eu lieu le lendemain à Belgrade, en présence notamment du patriarche de l’Eglise orthodoxe serbe Porphyre, qui a prononcé une allocution et béni l’assistance avant la projection.

Puis le chroniqueur ukrainien Rouslan Kalintchouk, qualifié de « philosophe et missionnaire » dans le film, a déclaré :

Bonsoir Votre Sainteté, Votre Éminence, mes frères et sœurs. J’ai regardé ce film avec beaucoup de tristesse. Je travaillais à Kiev dans notre église. J’ai couvert tous les événements que nous avons vus aujourd’hui à l’écran. Et j’ai communiqué personnellement avec beaucoup de ces personnes que nous avons vues ici aujourd’hui. Pour cette activité, j’ai reçu un grand honneur : le Service de sécurité de l’Ukraine (SBU) et Zelensky ont déposé une plainte pénale contre moi, en raison de ma foi en Dieu. Croyez-moi, nous n’avons vu qu’une petite partie de la souffrance et de l’horreur que les croyants de l’Église orthodoxe ukrainienne vivent aujourd’hui. Depuis 2018, les autorités ont illégalement confisqué et transféré 1.500 églises à la prétendue Eglise orthodoxe d’Ukraine créée par les autorités elles-mêmes. Zelensky a privé 13 évêques de la citoyenneté de l’Église orthodoxe ukrainienne. Des procédures pénales ont été ouvertes contre 30 évêques de l’Église orthodoxe ukrainienne. Aujourd’hui, des agents du SBU sont arrivés dans la matinée au monastère de Vedensky à Kiev. L’abbé de ce monastère, l’archevêque Damian, commémore le patriarche Cyrille de l’orthodoxie russe et c’est son seul « crime ». Les seuls crimes dont sont accusés les prêtres, les laïcs et les évêques de l’Eglise orthodoxe ukrainienne sont leur loyauté envers les canons, la tradition, le Christ et son Église. Au lieu de s’occuper de la lutte contre la traite des êtres humains, le trafic de drogue, au lieu de s’occuper aujourd’hui de la lutte contre la corruption sauvage, qui se développe de manière rampante pendant la guerre, le SBU et le pouvoir de Zelensky se rendent dans les temples et persécutent les croyants dans le Seigneur Christ. C’est pourquoi, du haut de cette tribune, je lance un appel aux représentants des médias, de la vie culturelle, scientifique, spirituelle et publique, à nos frères et sœurs qui vivent en Europe, en Amérique latine et en Amérique du Nord, en Asie, partout dans le monde – s’il vous plaît, faites savoir à vos auditeurs, à vos amis proches et à vos connaissances que le sang et les larmes des croyants de l’Église orthodoxe ukrainienne sont entre les mains de tous ceux qui soutiennent aujourd’hui le régime de Zelensky !

Malgré la notoriété mondiale de Kusturica, c’est un film qu’on ne verra pas sur nos écrans, petits ou grands…

La surprise roumaine

Au début de la campagne présidentielle, le candidat indépendant « d’extrême droite » (nationaliste, populiste, complotiste, religieux, prorusse, etc.) Călin Georgescu était crédité de 2% des voix. Il arrive nettement en tête du premier tour, avec tout près de 23% des voix.

Deuxième surprise : le Premier ministre européiste pro-Ukraine et tout et tout Marcel Ciolacu, qui devait remporter l’élection, arrive troisième avec 19% des voix.

Il est devancé de quelques milliers de voix par la présidente du parti libéral Elena Lasconi, qui avait fait campagne pour le oui au référendum constitutionnel interdisant le « mariage » entre personnes de même sexe, et par le fait avait été interdite de candidature aux élections européennes (telle est la démocratie roumaine). Elle est seulement maire d’une ville de 30.000 habitants.

Enfin, le candidat « d’extrême droite » dont on redoutait la « percée », George Simion, du parti Alliance pour l’unité des Roumains, arrive en quatrième position avec 14% des voix.

Le second tour aura lieu le 8 décembre. Sans le favori éliminé. Et avec une « extrême droite » qui sort du premier tour avec près de 37% des voix.

Entre temps auront lieu, le 1er décembre, les élections législatives. Où l’on redoute évidemment une montée spectaculaire de « l’extrême droite » – parce que les Roumains, qui sont pauvres, en ont assez de payer pour l’Ukraine…

Sainte Catherine

Doxastikon des vêpres, par Thanasis Daskalothanasis, protopsalte de l’église de la Dormition de Ilioupoli (Athènes), et professeur de musique byzantine.

Χαρμονικῶς τῇ πανηγύρει, τῆς θεοσόφου Μάρτυρος Αἰκατερίνης, συνδράμωμεν ὦ φιλομάρτυρες, καὶ ταύτην τοῖς ἐπαίνοις, ὡς ἄνθεσι καταστέψωμεν· Χαίροις βοῶντες αὐτῇ, ἡ τῶν φληνάφων Ῥητόρων, τὴν θρασυστομίαν ἐλέγξασα, ὡς ἀπαιδευσίας ἀνάπλεων, καὶ τούτους πρὸς πίστιν θείαν χειραγωγήσασα· Χαίροις ἡ τὸ σῶμα πολυπλόκοις βασάνοις ἐκδοῦσα, δι’ ἀγάπην τοῦ Ποιητοῦ σου, καὶ μὴ καταβληθεῖσα, ὡς ἄκμων ἀνάλωτος· Χαίροις ἡ ταῖς ἄνω μοναῖς, ἀντάξια τῶν πόνων εἰσοικισθεῖσα, καὶ δόξης αἰωνίου κατατρυφήσασα, ἧς ἐφιέμενοι οἱ ὑμνῳδοί σου, τῆς ἐλπίδος μὴ ἐκπέσοιμεν.

A la fête de Catherine la sage-en-Dieu, amis des martyrs, accourons joyeusement, de nos éloges comme de fleurs la couronnant et lui disant : Réjouis-toi, qui réfutas l’insolent bavardage des rhéteurs et les menas de l’ignorance vers la divine foi ; réjouis-toi qui, par amour du Créateur, livras ton corps aux multiples tourments et résistas comme une enclume sans te laisser broyer ; réjouis-toi, qui méritas par tes peines les demeures d’en-haut pour y jouir de la gloire éternelle, cet objet de nos désirs : puisse l’espoir de tes chantres ne pas être déçu !

27e et dernier dimanche après la Pentecôte

Je ne puis, mes frères, m’empêcher de déplorer notre malheur, lorsque je pense à ce jour terrible. Au lieu que nous devrions être dans la joie quand on nous en parle, nous sommes au contraire saisis de frayeur et abattus de tristesse. Mais peut-être qu’il n’y a que moi qui me trouve dans cette disposition, et que pendant que je suis frappé de crainte vous n’avez que de la joie. Car pour moi, je vous avoue que lorsque je me retrace l’image de ce jugement futur, je suis pénétré de crainte, et que la douleur dont je suis percé me fait fondre en larmes.

Comme je n’ose espérer aucune part à ce bonheur que Jésus-Christ vient de promettre à ses apôtres, il me semble que je me vois dépeint dans ce qui est dit ensuite de ces vierges insensées et de ce méchant serviteur qui ne fit pas profiter le talent qu’il avait reçu de son maître. Ces exemples m’épouvantent et m’arrachent les larmes des yeux, lorsqu’ils me représentent dans quelle confusion nous serons alors, de quelle gloire nous serons privés, de quel bonheur nous serons exclus, non pour un temps qui ait ses bornes et ses limites, mais pour une éternité, et tout cela parce que nous n’aurons pas voulu endurer ici un peu de travail.

Si le joug que Jésus-Christ nous impose était pesant, et si sa loi était pénible, quoiqu’on dût encore s’y soumettre, les lâches néanmoins et les négligents pourraient- alors se couvrir de quelque excuse apparente. Ils représenteraient la difficulté des préceptes, la longueur des travaux et la pesanteur de ce joug qu’on leur aurait imposé. Mais maintenant tous ces prétextes même nous sont ôtés. Nous n’avons point de travaux ni de peines dont nous nous puissions couvrir. C’est là sans doute, mes frères, ce qui nous sera plus insupportable que l’enfer même, lorsque nous reconnaîtrons que, pour avoir voulu nous épargner un travail si léger, nous nous serons attirés une éternité de peines. Le temps de cette vie est court. Le travail n’est rien, et nous nous laissons aller au relâchement et à la mollesse. C’est sur la terre que vous combattez, et c’est dans le ciel que sera votre couronne. Ce sont les hommes qui vous affligent et qui vous outragent, et ce sera Dieu qui vous consolera et qui vous couronnera de sa gloire. Vous n’avez à courir qu’un moment, et au bout de votre carrière il vous offre un prix et un repos qui ne finira Jamais. Vous combattez dans un corps corruptible, et vous serez récompensé dans un corps incorruptible.

Mais nous devons considérer, mes frères, avec grande attention, que quelque répugnance que nous ayons à souffrir pour Jésus-Christ, nous souffrirons néanmoins beaucoup sur la terre. Refusez tant que vous voudrez de mourir pour celui qui est mort pour vous, vous n’en deviendrez pas pour cela immortels. Et quelque passionnés que vous soyez pour vos richesses, elles vous quitteront un jour malgré vous, et vous ne les emporterez pas en sortant du monde. Jésus-Christ ne vous demande que des choses que vous seriez contraints de quitter bientôt, et la mort au moins vous arrachera ce que vous aurez refusé de donner à Jésus-Christ. Je vous exhorte à prévenir cette nécessité par un renoncement volontaire, et de faire de’ bon gré ce que vous ferez enfin malgré vous.

Dieu ne vous demande qu’une chose, qu’en faisant ce que vous ferez pour l’amour de lui, vous le fassiez de bon cœur, et non par contrainte. Peut-on rien trouver de plus aisé et de plus facile ? Souffrez pour moi, nous dit-il, ce qu’il vous faudrait nécessairement souffrir. Ayez seulement cette intention, et cela me suffira. Vous voulez donner votre argent à un homme pour le faire profiter, donnez-le-moi à moi-même. Il profitera davantage et sera plus assuré. Vous voulez porter les armes pour un prince de la terre, faites la guerre sous mes étendards, et je vous récompenserai d’une gloire que tous les princes ensemble n’ont pas le pouvoir de vous donner.

Lorsque vous voulez vendre quelque chose, vous le donnez à celui qui vous en offre davantage, et vous rejetez le Fils de Dieu lorsqu’il vous offre sans comparaison plus que tout le monde ne peut vous donner. D’où vient cette aversion que vous avez pour lui ? D’où vient cette guerre que vous lui faites ? Comment vous excuserez-vous un jour de n’avoir pas préféré Dieu à un homme pour les mêmes raisons pour lesquelles vous avez coutume de préférer un homme à un homme ?

Pourquoi, vous dit-il, voulez-vous mettre en dépôt votre trésor dans la terre ? Que ne m’en rendez-vous le dépositaire ? Le maître de la terre ne vous paraît-il pas plus propre pour assurer votre bien, que la terre ? La terre ne vous peut rendre que ce que vous lui avez prêté. Elle en perd même, et elle en gâte souvent quelque chose. Mais Jésus-Christ ne vous ôte rien de tout ce que vous lui avez confié. Il a pour vous une bonté infinie. Si vous voulez lui donner votre argent à usure, il est toujours prêt à l’accepter. Si vous voulez semer, vous dit-il, je vous donnerai un champ où vous recueillerez au centuple ; et si vous voulez bâtir, je vous donnerai un fonds où vous bâtirez pour l’éternité. Pourquoi voulez-vous traiter avec des hommes qui sont si pauvres, qui ne vous rendront point votre argent ou qui ne vous le rendront qu’en partie. Traitez plutôt avec Dieu, qui s’engage à vous donner beaucoup pour peu que vous lui aurez prêté.

Saint Jean Chrysostome, homélie 76 sur saint Matthieu, traduction Jeannin, 1865.

Saint Clément Ier

Visite de la basilique Saint-Clément de Rome, avec des sous-titres en français (parfois approximatif) : cliquer sur la roue dentelée en bas à droite.

01:40 – Le cloitre.

02:11 – Premier niveau : la basilique médiévale.

09:30 – Deuxième niveau : la basilique du IIIe siècle.

16:40 – Troisième niveau :  l’entrepôt romain et un bâtiment résidentiel avec un temple de Mithra.

20:14 – La cour.

21:03 – L’extérieur de la basilique.