Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères croit lui aussi comme ses collègues que le gouvernement géorgien est coupable de violences injustifiées contre les manifestants (aucun d’eux ne se souvient du traitement des gilets jaunes ou des manifs pour tous) – au fait la manifestation d’hier s’est entièrement déroulée dans le calme – mais il émet une opinion nettement divergente sur le résultat des élections. Voici ce qu’il vient de déclarer en arrivant à Bruxelles pour la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE :
« Si nous disons que nous devrions imposer des sanctions liées aux élections, nous devrions d’abord entendre qu’il y a eu fraude, parce que, franchement, il y avait des centaines d’observateurs là-bas, et pour moi il est important de voir s’il y a eu fraude ou non, et non pas que nous devrions punir parce que nous n’aimons pas le résultat. Mais le comportement du gouvernement est inacceptable. Punir les manifestants, faire preuve d’une telle violence à leur égard est inacceptable. C’est là que nous devrions punir les responsables, mais punir un parti qui a obtenu un bon résultat n’est pas mon style de pensée. Mais nous devons avoir une conversation sur cette question à huis clos, et il n’est pas facile de parvenir à un consensus entre 27 membres… »
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A propos des sanctions, le secrétaire général du Rêve géorgien et maire de Tbilissi, Kakhaber Kaladze (lui aussi ancien grand champion de football), a déclaré :
« Il est évident que ce type de décision dont nous entendons parler est regrettable. Lorsque l’on parle de sanctions, il faut une explication : pourquoi ? Parce que nous protégeons les intérêts de notre pays, nous protégeons notre peuple ? La raison pour laquelle le chantage et les menaces arrivent, c’est que les forces extérieures qui ont été vaincues en Géorgie sont très en colère et irritées. La majorité de la population de notre pays, un million cent vingt mille personnes, a dit « non » au mal, à l’injustice, aux mensonges. Pouvez-vous imaginer que nous disons que nous voulons un avenir européen et qu’ils nous font chanter sur cette voie ? D’abord, il y a eu le chantage sur le statut de candidat, maintenant ils parlent de chantage sur le sujet de l’ouverture ou non des négociations. Ils ne manquent pas d’outils pour faire chanter le pays sur la voie de l’intégration européenne. C’est catégoriquement inacceptable. Nous sommes peut-être un petit État et un petit pays, mais nous sommes un peuple doté d’une grande culture, nous sommes fiers de nos traditions et de notre passé. Bien entendu, cette attitude et ces approches sont catégoriquement inacceptables. Nous ne permettrons à personne de nous faire chanter. »
D’autre part, dans une vidéo, Kakhaber Kaladze a présenté ses excuses pour le fait que le Rêve géorgien ait soutenu la candidature de Salomé Zourabichvili à la présidence en 2018 :
« Je ne l’ai jamais dit auparavant, mais je vais maintenant me permettre de présenter mes excuses à la population pour le fait que ce sont les efforts du Rêve géorgien qui ont amené cette femme là où elle se trouve aujourd’hui. Une femme qui ne sert pas la Géorgie, mais des puissances étrangères avec haine et malice. Dieu merci, ce n’est pas elle qui souhaitera une bonne année 2025 aux citoyens géorgiens, mais le nouveau président. »
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