De la Sainte Vierge le samedi

Salvatóris orígo dissímilis, sed natúra consímilis est : humáno usu et consuetúdine caret ; sed divína potestáte subníxum est, quod Virgo concéperit, quod Virgo pepérerit, et Virgo permánserit. Opórtuit enim ut primam Genetrícis virginitátem nascéntis incorrúptio custodíret, et complácitum sibi claustrum pudóris, et sanctitátis hospítium divíni Spíritus virtus infúsa serváret, qui statúerat dejécta erígere, confrácta solidáre, et superándis carnis illécebris multiplicátam pudicítiæ donáre virtútem ; ut virgínitas, quæ in áliis non póterat salva esse generándo, fíeret et in áliis imitábilis renascéndo.

L’origine du Sauveur est différente mais sa nature est semblable à la nôtre. Il échappe aux usages habituels de l’humanité mais il relève de la puissance divine qu’une vierge ait conçu, qu’une vierge ait enfanté, et qu’elle soit restée vierge. Il a fallu que l’intégrité de l’enfant garde dans sa fraîcheur la virginité de la mère et que la vertu infuse de l’Esprit divin conserve l’enclos de pudeur, asile de sainteté, qui lui était agréable. Car il avait décidé de relever les ruines, de consolider les brèches et de donner à la chasteté une force décuplée pour vaincre les attraits de la chair ; de la sorte, la virginité qui, pour les autres ne pouvait que se perdre par le fait d’engendrer deviendrait pour les autres objet d’imitation par le fait de naître à nouveau.

Saint Léon le Grand, sermon 22, leçon des matines.

L’icône de la Mère de Dieu du Signe (le signe donné par Dieu : « La Vierge concevra et elle enfantera un Fils ») est l’une des rares à montrer les trois étoiles de la virginité de Marie (l’une d’elles est généralement cachée par l’Enfant). Trois étoiles : vierge elle a conçu, vierge elle a enfanté, vierge elle est restée. Icône du monastère de Novodievitchi, Moscou, XVIIe siècle.

Les soviétiques profanateurs de Kiev

Les représentants du gouvernement ukrainien sont descendus au niveau des fonctionnaires soviétiques de l’antichristianisme. Ce qui est logique, puisqu’ils persécutent le clergé et les fidèles et leur enlèvent leurs églises au motif que ces églises « appartiennent à l’Etat »… depuis l’époque soviétique.

La directrice de la « Réserve de Tchernihiv » (c’est ainsi qu’ils appellent les ensembles architecturaux religieux), Natalia Rebrova, a ironisé sur les vieilles moniales qui se trouvent encore dans le monastère. Le personnel de la réserve, dit-elle, est sans cesse sur le territoire du monastère et « effectue le travail qu’il doit faire ». Les moniales, qui sont là « illégalement », sont « captives de la propagande, captives de l’idée qu’elles sont là pour toujours », parce que « la direction du monastère a pris en otage les nonnes âgées et les manipule ». Et elle ricane : « Nous entendons dire que nous reviendrons toujours »…

Un journaliste lui dit que d’un point de vue seulement humain, on peut les comprendre, puisqu’elles sont des religieuses, qu’elles se trouvent dans leur sanctuaire et qu’elles veulent vivre selon leurs croyances. Réponse : « Si vous vivez dans un État, vous êtes un citoyen de cet État, vous aimez cet État, vous devez respecter les lois de cet État. D’un point de vue purement humain, on peut comprendre les erreurs, mais lorsque vous avez une œuvre à réaliser, c’est très difficile à comprendre. »

Puis elle s’est vantée que l’expulsion des fidèles de la cathédrale a permis à l’Etat de prendre les reliques des saints pour les profaner. Elle a osé dire sans frémir, en bonne fonctionnaire bolchevique : « J’aimerais souligner qu’au début de l’année 2024, les reliques de trois saints de Tchernihiv ont été inscrites au registre de l’État. Pour la première fois en Ukraine, le ministère de la Culture a pris une telle décision. Ce sont des pièces à conviction spécifiques, qui sont systématiquement examinées par des experts en la matière, des anthropologues. »

Alors que les orthodoxes condamnaient le fait que des films soient projetés dans la cathédrale, elle avait déclaré auparavant que les projections de films continueraient.

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Des représentants de la commission d’État pour l’inventaire des « biens de la réserve historique et architecturale d’État de Kremenets-Pochayiv » ont tenté une nouvelle fois aujourd’hui d’entrer dans la laure de Potchaïev. Une nouvelle fois ils ont été refoulés par des fidèles et des moines accompagnés d’avocats, au motif qu’ils n’ont aucune base légale pour le faire.

Olga Routkovskaïa, directrice adjointe de la commission et représentante du ministère de la culture, a déclaré qu’en réponse aux actions des fidèles, un groupe d’enquête et d’opération sera appelé sur le site pour enregistrer les « obstructions au travail de la commission ».

Les représentants de la Laure rappellent qu’ils sont les détenteurs légaux de ce bien et qu’ils l’utilisent strictement pour l’usage auquel il est destiné. Le hiérodiacre Pitirim a expliqué que le ministère de la Culture lui-même s’était retiré de la détermination de la personnalité juridique des parties au contrat. Ainsi, tant qu’il n’est pas précisé qui est l’héritier légal des droits de propriété, il est illégal de procéder à l’inventaire.

Los Angeles et les avions russes

De Maria Zakharova :

Je pense qu’après s’être remis du choc du « dernier jour de Los Angeles-Pompéi », Hollywood essaie de trouver comment adapter tout cela dans un scénario.

J’en ai déjà un de prêt. Je le donne gratuitement.

Ainsi, une dizaine d’années avant l’incendie dévastateur, un groupe de patriotes américains, conscients de la menace potentielle d’incendies se propageant rapidement sur la côte ouest, décide de sauver la Californie d’un tragique destin de flammes Un groupe de scientifiques parvient à rencontrer les dirigeants d’une grande entreprise dont les intérêts sont étroitement liés au bien-être de Los Angeles. Ils expliquent, en termes simples, comment les caractéristiques du paysage, la configuration des vents, la vétusté des installations électriques et le manque de qualifications de l’administration locale conduiront à un concours de circonstances critique qui rayera la ville de la carte lors du prochain grand incendie. Il n’est pas possible de remédier à chacun de ces facteurs, mais il existe une solution : l’achat d’avions amphibies de lutte contre les incendies, qui peuvent aider à localiser rapidement les incendies. C’est efficace, peu coûteux selon les normes américaines et rapide.

Une analyse de marché révèle que les Be-200 russes sont la seule option viable.

Les choses bougent. Voyages à Moscou, approbations du département d’État, lobbying auprès du Congrès, campagne de soutien avec des stars hollywoodiennes, hashtags comme « Heavenly Water » – tout est fait dans les règles de l’art, comme ils savent le faire. Pendant ce temps, une histoire d’amour se noue entre un scientifique américain et une standardiste russe qui relie le Pentagone au ministère russe des situations d’urgence (le scientifique ne se doutait pas qu’il parlait en fait à une IA russe).

Et alors que l’accord est sur le point d’être approuvé par le président américain, il s’avère que… le régime de Kiev s’y oppose et qu’il n’y aura pas d’avions.

Les scènes finales : Los Angeles en flammes et Zelensky tenant un Oscar.

Ridicule, dites-vous ? Pourtant, c’est à peu près ce qui s’est passé – ou, comme on dit à Hollywood, c’est une « histoire vraie ».

Le magazine L’Expert écrit ce qui suit :

« En 2017-2019, la Russie et les États-Unis ont tenté de finaliser un contrat pour la fourniture d’avions de lutte contre les incendies Be-200 pour combattre les feux de forêt. Un accord pour la fourniture de 10 avions a été signé entre le constructeur russe Beriev et la société américaine Seaplane Global Air Services (SGAS) en 2018 lors du Salon de l’hydraviation. La livraison du premier avion était prévue pour le début de l’année 2020, le dixième étant attendu au deuxième trimestre 2024. La plupart des Be-200 devaient être équipés de moteurs SaM-146 de NPO Saturn, mais en 2019, les partenaires américains ont décidé d’acheter une version équipée de moteurs ukrainiens D-436TP fabriqués par Motor Sich. Pour que les amphibiens puissent être utilisés aux États-Unis, l’avion et le moteur devaient être certifiés par la FAA. En 2020, Beriev a proposé de certifier le moteur en tant que partie intégrante de l’avion, mais la FAA a insisté sur une vérification séparée. La partie ukrainienne a refusé de mener cette procédure distincte, et le contrat n’a finalement pas été exécuté. »

Non seulement les États-Unis ont envoyé du matériel de lutte contre les incendies en Ukraine plutôt qu’à Los Angeles, mais Kiev a également bloqué le contrat relatif à l’avion amphibie qui devait sauver des vies.

L’histoire est similaire à celle de 2011, lorsque Moscou mit en garde Washington contre les frères Tsarnaev, leurs liens avec des groupes islamistes armés et leurs opinions radicales. Les services de renseignement américains ont essentiellement ignoré ces informations et n’ont mené qu’une enquête superficielle. Deux ans plus tard, les terroristes ont orchestré l’attentat du marathon de Boston.

Le même scénario s’est déroulé pendant la pandémie avec la livraison des ventilateurs russes Aventa-M. Au plus fort de la crise, ces ventilateurs ont été envoyés « de Russie avec amour ». La saga s’est terminée par la mise au rebut de l’équipement aux États-Unis « par précaution ». Combien de vies auraient pu être sauvées ? Personne n’a fait le compte.

Et ce ne sont là que quelques exemples de la stratégie « je me gèlerai les oreilles pour contrarier ma mère ».

D’ailleurs, le titre du film pourrait être emprunté à la chanson de Lucie Tchebotine : « Hollywood pleurait ».

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Quelques notes.

L’Expert est un magazine économique russe. L’affaire est (très) résumée de façon un peu différente sur la fiche BE-200 de Wikipedia en anglais, mais l’histoire est confirmée.

Le biréacteur BE-200 est particulièrement efficace : il peut puiser 12.000 litres dans la mer en 14 secondes à 250 km/h.

« Je me gèlerai les oreilles pour contrarier ma mère » est un dicton russe qu’on comprend immédiatement mais je ne vois pas d’équivalent français.

La chanteuse russe Lucie Tchebotine n’a aucun intérêt (son idole est Whitney Houston). Je relève seulement qu’elle a été finaliste de The Voice… Ukraine. Mais ça c’était avant (quand Zelensky était lui-même une vedette de variétés)… La chanson indiquée (uniquement à cause de son titre, qui termine l’article comme il a commencé) est ici.

Aveu moldave

Gazprom ayant arrêté de livrer du gaz à la Moldavie à cause d’une importante dette de l’opérateur moldave, le gouvernement de la Sandu a hurlé que c’était une persécution politique de l’ogre russe qui ne reposait sur aucune réalité.

Or voici que tout à coup Moldovagaz vient d’avouer que, en effet, il a une dette historique, 709 millions de dollars, envers Gazprom…

Ce n’est évidemment pas sans rapport (de force) avec le fait que l’actionnaire majoritaire de Moldovagaz est… Gazprom.

Toujours le gaz russe

Selon les données de Kpler analysées par Politico, l’Union européenne a importé 837.300 tonnes de GNL russe au cours des 15 premiers jours de l’année, ce qui est un record absolu (c’était 760.100 tonnes l’an dernier), alors que l’Ukraine a coupé le gazoduc qui passait sur son territoire. Le gaz vient désormais uniquement par bateau.

Et le gaz russe devrait continuer à couler à flot (ce qui permet à Poutine de financer sa guerre en Ukraine, se désolent les vertueux). Car malgré cette hausse, les réserves en France et aux Pays-Bas sont tombées en dessous de 50%, et elles sont en dessous de 60% dans cinq autres pays.