
Les Tchèques avaient voté une loi permettant d’imposer des sanctions pour raison de sécurité nationale, de lutte contre le terrorisme et de protection des droits de l’homme. Une loi en fait strictement russophobe, car son application ne vise que des Russes, et en premier lieu le patriarche Cyrille, même si on ne voit pas du tout en quoi les Russes, particulièrement le patriarche, menacent la sécurité nationale tchèque. Ainsi le patriarche de Moscou est-il interdit d’entrée sur le territoire tchèque, ce qui lui est bien égal, mais aussi toutes les possessions de l’Eglise russe en Tchéquie peuvent être légalement « gelées », officiellement pour que leurs revenus ne servent pas à la guerre en Ukraine…
L’an dernier, les Tchèques ont expulsé en fanfare médiatique le recteur de l’église russe de Karlovy Vary, suspecté « d’activités hostiles et d’espionnage »… comme à la grande époque soviétique. Avec l’intention évidemment de mettre la main sur l’église, qui fut longtemps la plus grande église orthodoxe russe en dehors de Russie. (Il s’agit de la ville thermale qui s’appelait Carlsbad et qui était très fréquentée par les Russes avant la révolution bolchevique.)
Mais le patriarcat de Moscou a été plus rapide. Les Tchèques viennent de découvrir que les biens de l’Eglise russe à Karlovy Vary, donc essentiellement l’église Saints Pierre et Paul, ont été subrepticement transférés à la branche hongroise de l’Eglise orthodoxe russe… Sans doute le découvrent-ils à la faveur du transfert du métropolite Hilarion de Budapest à Karlovy Vary…
Les experts tchèques qui avaient longuement concocté la mainmise de Prague sur l’église sont furieux…
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