
Cette photo prise à l’issue de la rencontre entre la délégation américaine et la délégation russe à Ryad intrigue. Qui est donc l’homme qui fait sourire ainsi Marco Rubio et Tim Walz ?
C’est a priori un inconnu, surtout pour les Français, puisqu’il n’a même pas de fiche Wikipedia en français à son nom (alors qu’il est chevalier de la Légion d’honneur, mais il ne faut pas le dire).
Un « homme de l’ombre », comme on dit pour faire peur. Il s’appelle Kirill Dmitriev, et s’il était à Ryad c’est parce qu’il est l’homme clef (avec Lavrov évidemment, et Ouchakov) du dispositif de Poutine pour la réconciliation entre la Russie et les Etats-Unis, particulièrement dans le domaine économique (mais pas seulement, car on dit qu’il a joué un rôle crucial dans les derniers échanges de prisonniers entre Moscou et Washington) : il a vécu aux Etats-Unis pendant 13 ans, a travaillé chez Goldman Sachs et McKinsey avant de devenir le président du fonds américano-russe Delta Private Equity, puis du fonds ukrainien Icon Private Equity, et enfin du Fonds d’investissement direct russe, le fonds souverain de la Fédération de Russie, créé par Medvedev et Poutine en 2011.
Kirill Dmitriev est né à… Kiev en 1975. Il n’a que 14 ans lorsque, par le biais du premier échange d’étudiants entre l’Ukraine dans sa dernière année soviétique et les Etats-Unis, il se retrouve en Californie. Deux ans après il est à l’université Stanford où il obtient son premier diplôme économique « avec honneur et distinction », puis il poursuit à Harvard. Il est embauché comme banquier d’investissement chez Goldman Sachs et consultant chez McKinsey. Il retourne « en Russie » en 2000 et s’occupe d’y favoriser les investissements occidentaux, ce qu’il fait avec une grande efficacité.
Parmi ses nombreuses décorations, la Légion d’Honneur, qui lui a été attribuée en 2018 « pour sa grande contribution au renforcement de la coopération entre la Russie et la France ». Car le fonds souverain russe a investi également en France depuis 2016, quand il a participé au sauvetage de la verrerie d’Arques tout en finançant une usine du groupe ARC à Kaliningrad.
Il est sous le coup des sanctions américaines (et canadiennes et britanniques), ce qui ne se voit guère sur la photo, ainsi que sa femme pour la seule raison qu’elle est « la fille d’un proche de Poutine »…
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le CV de Kirill Dmitriev n’est pas pour rassurer: Stanford, Harvard, Sachs, Mc Kinsey… Ce n’est pas dans ces « machins » que l’on acquière des idées justes.
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Il sait comment fonctionnent les Américains, je crois que c’est cela qui est important. Car c’est un vrai fidèle de Poutine.
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