La bibliothèque neuve

La bibliothèque Chantal-Mauduit, « à la jonction des quartiers Eaux-Claires et Mistral » de Grenoble, a été incendiée à l’aide d’une voiture bélier.

Elle avait coûté plus d’un million d’euros, et avait été inaugurée le 14 décembre dernier. C’était une « inauguration festive », qui commençait ainsi à 10h : « Ouverture avec la Fanfare à la Noix. Ambiance festive sur le parvis avec une fanfare endiablée et un chocolat chaud offert à votre arrivée. » Et se terminait ainsi : « Concert Desertstreet. Ayoub Faouzi, inspiré par ses racines sahraouies, crée avec Desertstreet une fusion musicale unique mêlant traditions sahraouies, Gnawa, Chaâbi, avec des influences funk, flamenco, blues et rock. » Sic.

Une bibliothèque en écriture inclusive (du moins pour ses activités sportives…) :

Il n’en reste plus que des cendres. Elle n’a même pas eu le temps d’avoir des « usager-es régulièr-es »…

Un certain Dmitriev

Cette photo prise à l’issue de la rencontre entre la délégation américaine et la délégation russe à Ryad intrigue. Qui est donc l’homme qui fait sourire ainsi Marco Rubio et Tim Walz ?

C’est a priori un inconnu, surtout pour les Français, puisqu’il n’a même pas de fiche Wikipedia en français à son nom (alors qu’il est chevalier de la Légion d’honneur, mais il ne faut pas le dire).

Un « homme de l’ombre », comme on dit pour faire peur. Il s’appelle Kirill Dmitriev, et s’il était à Ryad c’est parce qu’il est l’homme clef (avec Lavrov évidemment, et Ouchakov) du dispositif de Poutine pour la réconciliation entre la Russie et les Etats-Unis, particulièrement dans le domaine économique (mais pas seulement, car on dit qu’il a joué un rôle crucial dans les derniers échanges de prisonniers entre Moscou et Washington) : il a vécu aux Etats-Unis pendant 13 ans, a travaillé chez Goldman Sachs et McKinsey avant de devenir le président du fonds américano-russe Delta Private Equity, puis du fonds ukrainien Icon Private Equity, et enfin du Fonds d’investissement direct russe, le fonds souverain de la Fédération de Russie, créé par Medvedev et Poutine en 2011.

Kirill Dmitriev est né à… Kiev en 1975. Il n’a que 14 ans lorsque, par le biais du premier échange d’étudiants entre l’Ukraine dans sa dernière année soviétique et les Etats-Unis, il se retrouve en Californie. Deux ans après il est à l’université Stanford où il obtient son premier diplôme économique « avec honneur et distinction », puis il poursuit à Harvard. Il est embauché comme banquier d’investissement chez Goldman Sachs et consultant chez McKinsey. Il retourne « en Russie » en 2000 et s’occupe d’y favoriser les investissements occidentaux, ce qu’il fait avec une grande efficacité.

Parmi ses nombreuses décorations, la Légion d’Honneur, qui lui a été attribuée en 2018 « pour sa grande contribution au renforcement de la coopération entre la Russie et la France ». Car le fonds souverain russe a investi également en France depuis 2016, quand il a participé au sauvetage de la verrerie d’Arques tout en finançant une usine du groupe ARC à Kaliningrad.

Il est sous le coup des sanctions américaines (et canadiennes et britanniques), ce qui ne se voit guère sur la photo, ainsi que sa femme pour la seule raison qu’elle est « la fille d’un proche de Poutine »…

Le ton monte

La déclaration de Zelensky que Trump « vit dans un espace de désinformation russe » a été très mal perçue à la Maison Blanche.

JD Vance, vice-président :

L’idée que Zelensky va faire changer d’avis au président en le dénigrant dans les médias publics, tous ceux qui connaissent le président vous diront que c’est une façon horrible de traiter avec cette administration. Lui jeter de la boue en public ne fera que se retourner contre lui. Nous aimons évidemment le peuple ukrainien. Nous admirons le courage des soldats, mais nous pensons évidemment que cette guerre doit se terminer rapidement. C’est la politique du président des États-Unis. Elle n’est pas basée sur la désinformation russe. Elle est basée sur le fait que Donald Trump connaît bien la géopolitique et a des opinions très tranchées, et ce depuis très longtemps.

Milke Walz, conseiller à la sécurité nationale :

Le président Trump n’a pas l’intention de tolérer une telle escalade de la rhétorique. Pourquoi le président Zelensky ne fait-il aucun effort pour mettre fin à cette guerre pour le bien de son pays ? Et nous devons nous demander si la position de l’Ukraine sur le champ de bataille s’améliore ou non. La réponse est claire. L’ère de la guerre sans fin et destructrice, qui apporte la mort et la destruction à toutes les parties, qui coûte des milliards et fait des centaines de milliers, voire des millions, de victimes, cette ère est révolue.

Elon Musk :

Zelensky ne peut pas prétendre représenter le peuple d’Ukraine s’il ne restaure pas la liberté de la presse et n’arrête pas d’annuler les élections !

Dans aucun des propos de responsables américains il n’est explicite que Zelensky a interdit les partis d’opposition. C’est pourtant d’une importance capitale, tant pour étayer le fait que Zelensky est un dictateur, que pour la préparation d’éventuelles élections.

Barron Trump :

L’arrestation de Zelensky se profile à l’horizon.

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En Pologne, le PiS est un parti qui suit aveuglément la politique de Washington. De ce fait, alors que sous Biden il répétait la rhétorique russophobe la plus belleciste et se répandait en éloges de Zelensky, le candidat du PiS à la présidentielle, Karol Nawrocki, déclare :

Le chaos dans lequel se trouve l’Europe aujourd’hui est causé par les décisions des élites européennes envers Poutine, qui nous ont amenés à la guerre et à l’attaque de la Russie contre l’Ukraine. (…) Nous ne pouvons pas permettre à ces mêmes élites de provoquer la désintégration de l’alliance avec les États-Unis.

*

A la suite des déclarations de Donald Trump, une foule énorme d’Ukrainiens en colère s’est massée devant l’ambassade des Etats-Unis à Kiev.

Jeudi de la Septuagésime

Bible historiale, début du XVe siècle, BnF.

Aujourd’hui nous en arrivons aux offrandes de Caïn et d’Abel et du meurtre du second par le premier. Voici le commentaire de saint Hilaire dans son Traité des mystères, texte lacunaire retrouvé au XIXe siècle.

Leurs personnes préfigurent la diversité de deux peuples et par leurs noms et leurs activités mêmes ils offrent le type des mœurs et des désirs de l’un et de l’autre. Caïn, en effet, cultivait la terre et Abel paissait les brebis. Chacun fit à Dieu une offrande tirée des fruits de son labeur ; mais Dieu regarde les offrandes d’Abel sans porter ses regards sur celles de Caïn. Or, le jour et le lieu du sacrifice ne sont pas différents pour l’un et l’autre, et pour Dieu qui voit tout, comment une chose peut elle être sous son regard, une autre hors de son regard ? Mais par cette figure, il nous est enseigné que le regard de Dieu est la marque des objets qu’il a agréés et que, bien que toutes choses Lui soient soumises, son regard ne va qu’à celles qui en sont dignes. Rien n’avait été dit précédemment des mœurs de Caïn qui pût rendre son sacrifice désagréable à Dieu. Mais dans les événements qui suivirent, se découvre la prescience de Dieu qui ne reçoit pas le sacrifice de celui qui devait marcher contre son frère. En effet, c’est la science que Dieu a du futur qui confère aux faits leur crédit ; celui qui devait tuer n’est pas digne du regard de Dieu comme s’il avait déjà tué. Or, la culture de la terre porte le signe des œuvres de la chair et tout fruit de la chair consiste en vices qui, dans l’horreur qu’en a Dieu, écartent d’eux son regard. Il n’y a pas de regard pour le sacrifice qui est tiré des œuvres de la terre, et seules parmi les graisses sont agréées les prémices des brebis, entendons que le sacrifice du fruit intérieur et de notre moi lui-même est agréable, toutes choses qui, parmi les prémices des brebis, attirent sur elles par leur agrément le regard de la volonté divine. Puisque en effet « les prémices c’est le Christ », « premier-né des créatures, premier-né d’entre les morts », prince des prêtres, « afin qu’il occupe en tout la première place », brebis Lui-même et selon sa naissance corporelle une parmi les brebis, le sacrifice d’Abel est déjà agréable sous la figure de l’Église qui par la suite devait offrir, tiré des prémices des brebis, le sacrifice du saint Corps. Celui dont le sacrifice n’a pas été reçu en veut à celui dont le sacrifice a été reçu (placito displicens), et, contrairement au décret de Dieu qui l’avertissait de s’apaiser, le réprouvé tue l’approuvé (probabilis ab improbabili interficitur). Convaincu, l’interrogation divine le pousse à avouer pour se repentir ; mais, aggravant son crime, il nie ; désespérant de la résurrection, il pense qu’il sera anéanti par la mort, mais gémissant et tremblant, il est réservé au jugement d’une septuple vengeance et est maudit par toute la terre qui recueille le sang de son frère. Or, le nom de Caïn signifie « éclat de rire », celui d’Abel « larmes ».

Trump sur Zelensky

Le dernier message en date de Donald Trump, sur son réseau Truth Social, il y a un peu plus d’une heure :

« Dictateur sans élections, Zelensky ferait mieux de se dépêcher ou il n’aura plus de pays. En attendant, nous négocions avec succès la fin de la guerre avec la Russie, ce que, tout le monde l’admet, seuls TRUMP et l’administration Trump peuvent faire. »

Texte intégral:

Pensez-y, un comédien au succès modeste, Volodymyr Zelensky, a convaincu les États-Unis de dépenser 350 milliards de dollars pour entrer dans une guerre qui ne pouvait pas être gagnée, qui n’aurait jamais dû commencer, mais une guerre qu’il ne pourra jamais régler sans les États-Unis et TRUMP. Les États-Unis ont dépensé 200 milliards de dollars de plus que l’Europe, et l’argent de l’Europe est garanti, tandis que les États-Unis ne récupéreront rien. Pourquoi Joe Biden n’a-t-il pas exigé une péréquation, dans la mesure où cette guerre est bien plus importante pour l’Europe que pour nous ? Nous avons un grand et magnifique océan qui nous sépare. En plus de cela, Zelensky admet que la moitié de l’argent que nous lui avons envoyé a « DISPARU ». Il refuse d’organiser des élections, est très bas dans les sondages ukrainiens, et la seule chose pour laquelle il était doué était de jouer du Biden « comme un violon ». Dictateur sans élections, Zelensky ferait mieux de se dépêcher ou il n’aura plus de pays. En attendant, nous négocions avec succès la fin de la guerre avec la Russie, ce que, tout le monde l’admet, seuls TRUMP et l’administration Trump peuvent faire. Biden n’a jamais essayé, l’Europe n’a pas réussi à ramener la paix et Zelensky veut probablement continuer à profiter de la situation. J’aime l’Ukraine, mais Zelensky a fait un travail épouvantable, son pays est en ruine et des MILLIONS de personnes sont mortes inutilement. Et ça continue…