Leur Eglise

Ici et là on s’émeut qu’une « prétressse » de l’« Eglise épiscopalienne anglicane du Brésil » ait « concélébré » avec une palanquée de prêtres et d’évêques « catholiques » lors de l’installation d’un archevêque à Chapeco au Brésil.

Il y avait aussi un « pasteur » de la soi-disant « Eglise du Renouveau dans le Christ » qui paraît spécifique à Chapeco, mais on n’en parle pas.

Si le problème est que c’était une femme, alors il y a bien d’autres exemples. Nombre de femmes dirigent des paroisses et « concélèbrent », par exemple en Suisse. Que ces femmes se disent « catholiques » ne change rien à l’absurdité blasphématoire de la « concélébration ».

Si le problème est qu’elle est « anglicane », on se souviendra que Mgr Nourrichard, alors évêque d’Evreux, était chanoine de la « cathédrale anglicane » de Salisbury (de même que le célèbre dominicain LGBT Timothy Radcliffe très proche de François), qu’il y « concélébrait » à l’occasion, y compris pour des « ordinations » de femmes, et qu’il avait jumelé les paroisses de son diocèse avec des paroisses du diocèse anglican de Salisbury, avec ce qui en découle.

Donc ce n’est pas nouveau. Simplement ça s’étend aussi en Amérique latine. Forcément.

Lundi de la Septuagésime

Chapelle Palatine, Palerme.

Hier commençait l’histoire de la création, de la chute et de la longue route vers le salut. Avec, aux matines, le récit des cinq premiers jours. Ce lundi c’est la création de l’homme. Nous avons même les deux récits de la création de l’homme. Celui du sixième jour : « Dieu créa donc l’homme à Son image ; Il le créa à l’image de Dieu, et Il les créa mâle et femelle. » Et celui qui figure ensuite dans le récit des « générations du ciel et de la terre », où se trouve la description du « paradis de volupté » (devenu « jardin d’Eden » dans les traductions modernes) : « Le Seigneur Dieu forma donc l’homme du limon de la terre ; Il souffla sur son visage un souffle de vie, et l’homme devint vivant et animé. »

La lecture se termine par l’évocation de la source mystérieuse qui jaillit du centre du paradis et se divise en quatre fleuves. Ils forment ainsi… une croix, et coulent vers les « limites » du paradis, qui ne peuvent être qu’un cercle, celui de l’horizon, et à l’image du ciel.

Un cercle avec une croix à l’intérieur. Et à la fin de la Bible, dans l’Apocalypse, il y aura la Jérusalem céleste qui descend du ciel. Qui est un gigantesque carré parfait (de 550 km de côté, ou 2.200 km, selon que l’on considère que la mesure donnée est celle du pourtour de la ville ou celle d’un côté).

La croix liquide du paradis est devenue le rempart solide de la ville : c’est la quadrature du cercle.

Et l’on passe des deux dimensions aux trois dimensions : l’Apocalypse précise que la hauteur de la ville est égale à sa longueur et à sa largeur : il s’agit donc d’un cube. La Jérusalem céleste fait passer le paradis de l’origine à une dimension supérieure.

Au milieu il y a une place, et au centre de cette place… l’arbre de vie, qui est curieusement « de part et d’autre » de l’unique fleuve, lequel sort du trône de Dieu et de l’Agneau, et ramène à l’Origine les quatre fleuves du paradis. Au centre de la Croix qui est sa dimension divine.

Septuagésime

La création de la nature, de l’homme, de la femme, et la chute, par Mariotto Albertinelli, 1553.

Le temps de la Septuagésime puis du Carême retrace symboliquement toute l’histoire du monde, de la création et de la chute à la recréation par la Passion et la Résurrection. C’est pourquoi les premières leçons des matines sont le début de la Genèse. Avant 1960 dans le bréviaire romain et toujours dans le bréviaire monastique, le deuxième nocturne évoque la chute, qui n’arrivera que mercredi dans la lecture de la Genèse, par ces extraits de l’Enchiridion de saint Augustin :

Dieu avait menacé l’homme de le punir de mort s’il venait à pécher ; il lui avait fait don du libre arbitre, mais tout en le gouvernant par son commandement et en lui faisant craindre sa ruine. Il le plaça dans un jardin de délices, qui n’était que l’ombre de la vie et d’où il serait monté à un monde meilleur, s’il avait conservé la justice. Exilé de là, après sa faute, le premier homme entraîna dans la mort et la réprobation tous ses descendants, corrompus en sa personne comme dans leur source, de telle sorte que toute la race qui devait naître de lui et de son épouse, condamnée comme lui après l’avoir porté au péché, naissant par la concupiscence charnelle, désobéissante, à l’imitation et en punition de la première désobéissance, contracterait la faute originelle et serait par elle entraînée à travers diverses erreurs et douleurs, jusqu’au supplice sans fin, avec les anges infidèles, ses corrupteurs, ses maîtres et les compagnons de son malheureux sort.

C’est ainsi que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et, avec le péché, la mort, qui a passé à tous les hommes, de par celui en qui tous ont péché. Ce que l’Apôtre appelle ici le monde, c’est l’humanité entière. Tel était donc l’état des choses. Toute la masse du genre humain gisait condamnée dans le mal et même roulait et était précipitée de maux en maux. Associé aux Anges coupables, l’homme subissait les peines très méritées de son impie prévarication.

Car il faut considérer comme une conséquence de la juste colère de Dieu, les désordres auxquels les méchants sont portés par une concupiscence aveugle et sans frein, ainsi que les maux visibles ou invisibles qu’ils souffrent malgré eux. Cependant la bonté du Créateur n’a pas cessé de se manifester envers les mauvais anges, en leur conservant la vie et la puissance toujours active sans laquelle ils cesseraient d’être ; comme envers les hommes, en en propageant la race, bien qu’issue d’une souche viciée et condamnée. Il forme leur corps qu’il anime du souffle de la vie ; il dispose leurs membres qu’il met en harmonie avec les différents âges ; il entretient la vicacité de leurs sens, suivant la disposition des organes ; il leur fournit des aliments. Dans sa sagesse, il a mieux aimé tirer le bien du mal, que de ne permettre aucun mal.

(Mélius enim judicáre de malis bene fácere, quam mala nulla esse permittere.  Littéralement : Il a jugé qu’il valait mieux faire du bien à partir du mal que permettre qu’il n’y ait aucun mal.)

*

Vue d’ensemble de la messe.

L’introit.

Le graduel.

Le trait.

L’offertoire.

La communion.

La symbolique de la Septuagésime.

Le premier sermon de saint Bernard.

Maria Zakharova : la grande classe

Texte de Maria Zakharova sur sa page Telegram.

Notre commentaire d’hier sur le discours inconcevable du président italien Sergio Mattarella, qui a comparé la Russie au Troisième Reich, a fait mouche : les russophobes locaux ont été « soufflés ».

Le Corriere della Sera a fait appel à des personnalités.

« Depuis février 2022, Maria Zakharova figure sur une liste moins glamour, celle des personnalités russes sous sanctions, interdites d’entrée dans les pays occidentaux et dont les comptes à l’étranger sont gelés. Depuis, elle porte toujours des super marques, mais elle va faire du shopping à Dubaï », écrit le chroniqueur Paolo Valentino, qui nous est familier et qui se faisait passer pour un analyste. Aujourd’hui, pour défendre son président, dont j’ai déjà tout dit hier sur les déclarations outrageantes, il s’est abaissé à des attaques personnelles et s’est permis des expressions peu flatteuses à mon égard.

Monsieur Luciano Fontana, rédacteur en chef du journal !

Je vous remercie pour le fait que votre journal ait qualifié les produits de fabrication russe de « super-marques » – je porte des vêtements nationaux et je fais mes achats en Russie. Je suis heureux que votre employé portant le nom de Valentino l’ait également apprécié.

Je n’ai jamais fait de shopping de ma vie, que ce soit en Italie ou dans un autre pays. J’ai d’autres centres d’intérêt : les musées, le ballet, le cinéma, la littérature, la poésie, le design, le jardinage, certaines valeurs traditionnelles, comme les conversations enrichissantes- c’est mon truc. Mais pas le « shopping ».

Et depuis 2014, lorsque les premières sanctions ont été imposées à mon pays, je choisis par principe tout ce qui est de chez nous, soutenant ainsi les producteurs nationaux, ce dont j’ai parlé à plusieurs reprises dans des interviews.

Quant à Dubaï, je m’y suis rendue plusieurs fois, exclusivement dans le cadre de délégations officielles.

Je comprends que vous aimiez mon style. Cela montre que vous êtes un véritable Italien. Savez-vous pourquoi ? Parce que je suis russe et que j’ai le même style.

J’espère que vous aurez le courage de reconnaître que cette publication est un faux et de publier une rétractation.

Votre problème est que vous présentez toutes les informations sur la Russie de la même manière et avec la même fausseté. Votre journal écrit à nouveau que la Russie aurait « attaqué l’Ukraine ». Vous citez Giorgia Meloni, certains hommes politiques italiens, des députés, presque la moitié du parlement italien – et tout cela pour me discréditer. Je vois que j’ai touché un point sensible.

Pourquoi n’avez-vous pas cité le président des États-Unis, comme vous le faites régulièrement depuis des années ? Après tout, le nouvel occupant de la Maison Blanche vient de déclarer que sans votre favori Biden, tout cela ne se serait pas produit.

Par ailleurs, à notre connaissance, une pétition a été lancée en Italie, qui dit notamment : « Le peuple italien ne partage pas la déclaration du président de la République italienne Mattarella et souhaite présenter ses excuses à la Fédération de Russie et à l’ensemble du peuple russe. » À l’heure où nous écrivons ces lignes, 2.644 personnes l’ont signée.

P.S. Si vous êtes intéressé par les marques russes que j’utilise, je peux vous envoyer leurs noms. Je vous enverrai également une invitation au prochain forum russe intitulé « Dialogue sur les fake news ».

Minable

Le Conseil de Paris a voté à l’unanimité pour qu’une avenue de la capitale porte le nom d’Alexeï Navalny.

Le Conseil de Paris a dérogé à la règle qui prévoit un délai de cinq ans entre le décès d’une personnalité et l’attribution de son nom à un espace public, en raison de « l’importance des engagements d’Alexeï Navalny, pour la figure de résistance qu’il incarnait face à la dictature de Vladimir Poutine ».

Et donc on a choisi une avenue près de l’ambassade de Russie, pour embêter les Russes. Et toc. Enfin, c’est à… 300 mètres de l’ambassade, et depuis l’ambassade on ne voit pas cette avenue. Mais c’est l’intention qui compte.

Surtout, il s’agit de la moitié de l’actuelle avenue de Pologne, la partie impaire… A savoir une voie de 100 mètres, entre deux squares, où personne n’habite…

Si j’étais un fan de Navalny je ne serais pas très content…