Les présidents américain et russe se sont téléphonés hier pendant une heure et demie. L’événement est d’importance, même s’il était attendu et si, dans un monde normal, ce serait seulement… normal.
Plutôt que de fantasmer et d’extrapoler, voici les deux communiqués. Ils ne disent que ce qu’ils veulent dire, mais personne ne sait ce qui s’est dit…
Le communiqué du Kremlin :
Les chefs d’État ont discuté des questions liées à l’échange de citoyens russes et américains. Le président des États-Unis a assuré que la partie américaine respecterait tous les accords conclus.
La question d’un règlement en Ukraine a également été abordée. Donald Trump s’est prononcé en faveur d’une cessation rapide des hostilités et de la résolution du problème par des moyens pacifiques. Vladimir Poutine, pour sa part, a mentionné la nécessité de s’attaquer aux causes profondes du conflit et a convenu avec Donald Trump qu’un règlement à long terme pouvait être obtenu par des négociations pacifiques.
Le président russe a également soutenu l’une des principales thèses du chef d’État américain, à savoir que le temps est venu pour nos pays de travailler ensemble.
La conversation a porté sur le règlement au Moyen-Orient, le programme nucléaire iranien, ainsi que sur les relations économiques bilatérales russo-américaines.
Le président russe a invité le président américain à se rendre à Moscou et s’est dit prêt à recevoir des responsables américains en Russie dans les domaines de travail qui présentent un intérêt mutuel, y compris le règlement ukrainien.
Vladimir Poutine et Donald Trump sont convenus de poursuivre les contacts personnels, y compris l’organisation de réunions en tête-à-tête.
Donald Trump sur son réseau social Truth :
Je viens d’avoir un long entretien téléphonique très productif avec le président russe Vladimir Poutine. Nous avons discuté de l’Ukraine, du Moyen-Orient, de l’énergie, de l’intelligence artificielle, de la puissance du dollar et de divers autres sujets. Nous avons tous deux réfléchi à la grande histoire de nos nations et au fait que nous avons combattu ensemble avec tant de succès pendant la Seconde Guerre mondiale, en nous rappelant que la Russie a perdu des dizaines de millions de personnes et que nous en avons également perdu tant ! Nous avons tous deux évoqué les forces de nos nations respectives et les grands avantages que nous aurons un jour à travailler ensemble. Mais d’abord, comme nous en avons tous deux convenu, nous voulons mettre fin aux millions de morts qui ont lieu dans la guerre avec la Russie et l’Ukraine. Le président Poutine a même utilisé ma devise de campagne très forte, « LE BON SENS ». Nous y croyons tous deux très fortement. Nous avons convenu de travailler ensemble, très étroitement, notamment en visitant nos nations respectives. Nous avons également convenu que nos équipes respectives entameraient immédiatement les négociations et nous commencerons par appeler le président Zelenskyy, d’Ukraine, pour l’informer de la conversation, ce que je vais faire dès maintenant. J’ai demandé au secrétaire d’État Marco Rubio, au directeur de la CIA John Ratcliffe, au conseiller à la sécurité nationale Michael Waltz et à l’ambassadeur et envoyé spécial Steve Witkoff de mener les négociations qui, j’en suis convaincu, seront couronnées de succès. Des millions de personnes sont mortes dans une guerre qui n’aurait pas eu lieu si j’étais président, mais elle a eu lieu, elle doit donc prendre fin. Plus aucune vie ne doit être perdue ! Je tiens à remercier le président Poutine pour le temps et les efforts qu’il a consacrés à cet appel, ainsi que pour la libération, hier, de Marc Fogel, un homme merveilleux que j’ai personnellement salué hier soir à la Maison Blanche. Je crois que ces efforts mèneront à une conclusion heureuse, bientôt, je l’espère !
Ainsi Zelensky n’a pas été prévenu du coup de fil. Selon les médias, et cela semble en effet plausible, aucune chancellerie occidentale n’a été prévenue non plus. L’Union européenne a été snobée. Et c’est bien fait.
A noter aussi le commentaire de Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse avec son homologue tadjik.
J’ai été frappé par le fait que le monde entier semble être dans un état de stupeur, considérant la récente conversation téléphonique et les rapports ultérieurs comme quelque chose d’extraordinaire. C’est le résultat de l’héritage de l’administration Joe Biden et de l’ancien président lui-même. Les alliés européens des États-Unis ont abandonné le dialogue et la diplomatie comme moyen de communication avec le monde extérieur, optant plutôt pour le langage des menaces, des sanctions et de l’armement du régime nazi à Kiev pour faire la guerre à la Russie. Cela s’applique également au déploiement de spécialistes pour guider les missiles à longue portée fournis au régime de Kiev pour frapper le territoire russe. Vous avez vu les victimes causées par les atrocités commises par les nazis ukrainiens, pourtant nous n’entendons aucune condamnation de la part de l’Occident. À en juger par la surprise et la confusion entourant les conversations téléphoniques entre Vladimir Poutine et Donald Trump, et compte tenu de tout ce qui se passe en Ukraine ainsi que des actions du régime nazi de Zelensky, il semble que l’Occident en soit venu à accepter cela comme le moyen approprié de communiquer avec la Russie. Cela peut expliquer pourquoi de nombreux Occidentaux, y compris les dirigeants de l’Union européenne, ont été surpris lorsqu’une conversation normale et directe s’est déroulée entre deux personnes bien élevées et polies. »