Pathétique

Kaja Kallas :

« L’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Ukraine sont inconditionnelles. Notre priorité doit maintenant être de renforcer l’Ukraine et de fournir de solides garanties de sécurité. Dans toute négociation, l’Europe doit jouer un rôle central. »

« Notre déclaration Weimar+ »

Nous sommes prêts à renforcer notre soutien à l’Ukraine. Nous nous sommes engagés en faveur de son indépendance, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale face à la guerre d’agression de la Russie.

Nous partageons l’objectif de continuer à soutenir l’Ukraine jusqu’à ce qu’une paix juste, globale et durable soit atteinte. Une paix qui garantisse les intérêts de l’Ukraine et les nôtres.

Nous souhaitons échanger sur la voie à suivre avec nos alliés américains. Nos objectifs communs doivent être de placer l’Ukraine en position de force. L’Ukraine et l’Europe doivent participer à toute négociation. L’Ukraine doit bénéficier de solides garanties de sécurité. Une paix juste et durable en Ukraine est une condition nécessaire à une sécurité transatlantique forte.

Nous rappelons que la sécurité du continent européen est notre responsabilité commune. Nous travaillons donc ensemble pour renforcer nos capacités de défense commune.

La déclaration est signée par six pays, dont cinq de l’UE, et le titre de la Kallas occupe plus de place, sur la deuxième ligne, que les six pays. Elle signe donc en tant que « haut représentant de l’UE ». Mais c’est une évidente imposture. Une intolérable imposture. Si elle représentait l’Union, son titre viendrait après la mention des 27 Etats membres de l’UE. Or ils ne sont que cinq à avoir signé ce communiqué, dont tout le monde voit à quel point il est déconnecté des réalités, surtout après le contact direct entre Trump et Poutine, qui montre la relégation de l’UE au rang de spectateur, quelles que soient le objurgations impuissantes des uns et des autres.

*

Et elle insiste. En arrivant au siège de l’OTAN elle déclare : « Aucun accord dans notre dos ne fonctionnera, n’importe quel accord aura aussi besoin de la participation de l’Ukraine et de l’Europe. »

Trump et Poutine

Les présidents américain et russe se sont téléphonés hier pendant une heure et demie. L’événement est d’importance, même s’il était attendu et si, dans un monde normal, ce serait seulement… normal.

Plutôt que de fantasmer et d’extrapoler, voici les deux communiqués. Ils ne disent que ce qu’ils veulent dire, mais personne ne sait ce qui s’est dit…

Le communiqué du Kremlin :

Les chefs d’État ont discuté des questions liées à l’échange de citoyens russes et américains. Le président des États-Unis a assuré que la partie américaine respecterait tous les accords conclus.

La question d’un règlement en Ukraine a également été abordée. Donald Trump s’est prononcé en faveur d’une cessation rapide des hostilités et de la résolution du problème par des moyens pacifiques. Vladimir Poutine, pour sa part, a mentionné la nécessité de s’attaquer aux causes profondes du conflit et a convenu avec Donald Trump qu’un règlement à long terme pouvait être obtenu par des négociations pacifiques.

Le président russe a également soutenu l’une des principales thèses du chef d’État américain, à savoir que le temps est venu pour nos pays de travailler ensemble.

La conversation a porté sur le règlement au Moyen-Orient, le programme nucléaire iranien, ainsi que sur les relations économiques bilatérales russo-américaines.

Le président russe a invité le président américain à se rendre à Moscou et s’est dit prêt à recevoir des responsables américains en Russie dans les domaines de travail qui présentent un intérêt mutuel, y compris le règlement ukrainien.

Vladimir Poutine et Donald Trump sont convenus de poursuivre les contacts personnels, y compris l’organisation de réunions en tête-à-tête.

Donald Trump sur son réseau social Truth :

Je viens d’avoir un long entretien téléphonique très productif avec le président russe Vladimir Poutine. Nous avons discuté de l’Ukraine, du Moyen-Orient, de l’énergie, de l’intelligence artificielle, de la puissance du dollar et de divers autres sujets. Nous avons tous deux réfléchi à la grande histoire de nos nations et au fait que nous avons combattu ensemble avec tant de succès pendant la Seconde Guerre mondiale, en nous rappelant que la Russie a perdu des dizaines de millions de personnes et que nous en avons également perdu tant ! Nous avons tous deux évoqué les forces de nos nations respectives et les grands avantages que nous aurons un jour à travailler ensemble. Mais d’abord, comme nous en avons tous deux convenu, nous voulons mettre fin aux millions de morts qui ont lieu dans la guerre avec la Russie et l’Ukraine. Le président Poutine a même utilisé ma devise de campagne très forte, « LE BON SENS ». Nous y croyons tous deux très fortement. Nous avons convenu de travailler ensemble, très étroitement, notamment en visitant nos nations respectives. Nous avons également convenu que nos équipes respectives entameraient immédiatement les négociations et nous commencerons par appeler le président Zelenskyy, d’Ukraine, pour l’informer de la conversation, ce que je vais faire dès maintenant. J’ai demandé au secrétaire d’État Marco Rubio, au directeur de la CIA John Ratcliffe, au conseiller à la sécurité nationale Michael Waltz et à l’ambassadeur et envoyé spécial Steve Witkoff de mener les négociations qui, j’en suis convaincu, seront couronnées de succès. Des millions de personnes sont mortes dans une guerre qui n’aurait pas eu lieu si j’étais président, mais elle a eu lieu, elle doit donc prendre fin. Plus aucune vie ne doit être perdue ! Je tiens à remercier le président Poutine pour le temps et les efforts qu’il a consacrés à cet appel, ainsi que pour la libération, hier, de Marc Fogel, un homme merveilleux que j’ai personnellement salué hier soir à la Maison Blanche. Je crois que ces efforts mèneront à une conclusion heureuse, bientôt, je l’espère !

Ainsi Zelensky n’a pas été prévenu du coup de fil. Selon les médias, et cela semble en effet plausible, aucune chancellerie occidentale n’a été prévenue non plus. L’Union européenne a été snobée. Et c’est bien fait.

A noter aussi le commentaire de Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse avec son homologue tadjik.

J’ai été frappé par le fait que le monde entier semble être dans un état de stupeur, considérant la récente conversation téléphonique et les rapports ultérieurs comme quelque chose d’extraordinaire. C’est le résultat de l’héritage de l’administration Joe Biden et de l’ancien président lui-même. Les alliés européens des États-Unis ont abandonné le dialogue et la diplomatie comme moyen de communication avec le monde extérieur, optant plutôt pour le langage des menaces, des sanctions et de l’armement du régime nazi à Kiev pour faire la guerre à la Russie. Cela s’applique également au déploiement de spécialistes pour guider les missiles à longue portée fournis au régime de Kiev pour frapper le territoire russe. Vous avez vu les victimes causées par les atrocités commises par les nazis ukrainiens, pourtant nous n’entendons aucune condamnation de la part de l’Occident. À en juger par la surprise et la confusion entourant les conversations téléphoniques entre Vladimir Poutine et Donald Trump, et compte tenu de tout ce qui se passe en Ukraine ainsi que des actions du régime nazi de Zelensky, il semble que l’Occident en soit venu à accepter cela comme le moyen approprié de communiquer avec la Russie. Cela peut expliquer pourquoi de nombreux Occidentaux, y compris les dirigeants de l’Union européenne, ont été surpris lorsqu’une conversation normale et directe s’est déroulée entre deux personnes bien élevées et polies. »

De la férie

Le martyrologe de ce jour commence ainsi :

A Antioche, l’anniversaire de saint Agabus prophète, mentionné par le bienheureux Luc dans les Actes des Apôtres.

Il y a aussi deux saints lyonnais : saint Julien, martyr, dont on ne nous dit rien d’autre, et l’évêque saint Etienne. Celui-ci vécut au début du VIe siècle. Il défendit la foi catholique contre les ariens, notamment auprès du roi des Burgondes Gondebaud. Lequel organisa le « Colloque de Lyon » entre évêques catholiques et évêques ariens, à la demande de l’évêque de Vienne. Saint Etienne fut inhumé en la basilique Saint-Just.

Tulsi Gabbard

Le Sénat a confirmé la nomination de Tulsi Gabbard comme Directeur du Renseignement national. Sa fonction est de superviser et coordonner les activités de renseignement des 18 agences américaines de renseignement. Dont la première est la CIA.

Ce qui pose un étonnant problème. Car Tulsi Gabbard a sa fiche sur Myrotvorets (Pacificateur), le site qui dénonce les personnalités à éliminer, et dont l’une des adresses est Langley, celle de la… CIA.

La fiche de Tulsi Gabbard est très longue. Ce qu’on lui reproche est ainsi résumé au début :

Diffusion de la propagande russe. Atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Déni du droit de l’Ukraine à défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale. Participation aux activités de propagande anti-ukrainienne de la Russie (pays agresseur) contre l’Ukraine. Participation à des opérations spéciales d’information de la Russie (pays agresseur et terroriste). Diffusion d’informations inexactes. Justification de l’agression russe et des meurtres de citoyens ukrainiens par les envahisseurs fascistes russes.

Et l’on précise : « Elle est probablement un agent des services spéciaux russes ou est utilisée par eux à des fins de chantage. »

En rouge, à la fin :

Le Centre « Pacificateur » demande aux organismes chargés de l’application de la loi de considérer cette publication sur le site web comme une déclaration selon laquelle cette citoyenne a commis des actes conscients contre la sécurité nationale de l’Ukraine, la paix, la sécurité de l’humanité et l’ordre public international, ainsi que d’autres infractions.

Zelensky ne s’arrange pas

Dans une interview à Reuters, Zelensky invitait samedi les « partenaires » de l’Ukraine à venir prendre les terres rares. « Il s’agit de partenariat. Placez votre argent. Investissez. Développons-les ensemble et gagnons de l’argent… des milliards, des milliers de milliards d’argent. S’il vous plaît, créez une entreprise. Faisons de l’exploitation minière et de la transformation. Faisons de l’argent ensemble. » Sic.

Il oubliait seulement de préciser que plus de 70% des terres rares et des minerais ukrainiens sont dans le Donbass déjà sous contrôle russe. Et que les Russes ne se précipitent pas pour les exploiter parce que cela représente des investissements colossaux.

Hier, dans une interminable interview au Guardian, il a déclaré qu’il était prêt à un « échange de territoires » avec la Russie, rendant la région de Koursk en échange de territoires contrôlés par l’armée russe. Ce qui est évidemment absurde, puisque la petite partie de la région de Koursk contrôlée par l’armée ukrainienne, 300 km2 autour de Soudja (5.000 habitants) ne cesse de se rétrécir, alors que les Russes contrôlent près de 70.000 km2 du territoire « ukrainien » (Crimée comprise).

Interrogé sur la question, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a répondu : « C’est impossible. La Russie n’a jamais discuté et ne discutera pas d’un échange de son territoire. Les unités de l’armée ukrainienne seront détruites et expulsées de ce territoire. »