En « Ukraine »

Le média euromaniaque et (donc) russophobe Euronews a publié ce petit reportage sur un habitant de Pokrovsk qui n’a pas voulu quitter la ville malgré la guerre qui y fait rage depuis des mois. Il a vécu dans une cave. Il explique qu’il a un générateur qui lui permet d’avoir du courant, et un réchaud à gaz qui lui permet de faire la cuisine. Il récupère l’eau dans une vieille baignoire, etc. La ville aujourd’hui est sous le contrôle russe, mais le reportage a été fait juste avant, quand les journalistes occidentaux pouvaient encore y entrer.

— Donc (puisque vous êtes resté) vous n’avez pas peur que les troupes russes prennent Pokrovsk ?

— Ce sont les mêmes Russes qui vivent ici. Selon mon passeport je suis ukrainien, mais dans mon cœur… Il n’y a pas d’Ukrainiens ici. Tout le monde est russe. Je veux juste la paix. Voilà ce que je veux.

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Cette vidéo a été tournée par des journalistes ukrainiens. C’est un échange avec un officier ukrainien.

— Combien de gens avez-vous réussi à convaincre, ce dernier mois, de quitter Pokrovsk ?

— Entre le 1er et le 8, avec les « volontaires », nous avons pris (sic) 109 personnes.

— Dont des enfants, des enfants de tout âge. Y a-t-il encore des enfants à Pokrovsk ?

— Il y en a. Il y a des enfants, leurs parents les cachent de la police, des « volontaires », de tout le monde, ils les cachent pour que personne ne puisse les trouver.

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A Odessa, échange entre une journaliste ukrainienne et des passantes… qui ne veulent pas parler ukrainien.

— Je ne parle pas ukrainien.

— Pas du tout ?

— Pas du tout, je ne connais pas.

Une autre femme :

— Je suis d’Odessa : je ne le parle pas. Je ne connais pas l’ukrainien.

— Vous n’avez jamais appris l’ukrainien ?

— J’ai appris, mais je n’ai pas de vocabulaire, je vous comprends mais je ne peux pas le parler. Vous comprenez maintenant ?

— Quelle est l’importance de l’ukrainien pour l’Ukraine aujourd’hui ?

— Aucune. Il y a quatre langues officielles en Suisse, deux au Canada, et personne ne se bat pour cette raison et ici nous savons ce qu’ils ont inventé. Chacun parle sa langue maternelle.

— Et qui sont les Ukrainiens ?

— Il n’y en a pas.

— Et vous, qu’êtes-vous ?

— Je suis russe.

(S’adressant à l’autre femme) Et vous ?

— Russe aussi.

— Et pourquoi vivez-vous en Ukraine alors ?

— Pourquoi ? Mais parce que je suis née ici !

— Mais ici c’est l’Ukraine !

— Je n’y comprends rien. C’était la Russie, l’Etat russe, pourquoi avez-vous inventé l’Ukraine ?

— Mais vous vivez en Ukraine et vous vous considérez vous-mêmes comme russes ?

— Je dis que je suis russe… (L’autre intervient : Odessa a toujours été russe, c’est une ville russe.) Les Ukrainiens sont venus, mais Odessa est une ville russe.

Raté…

Les Tchèques avaient voté une loi permettant d’imposer des sanctions pour raison de sécurité nationale, de lutte contre le terrorisme et de protection des droits de l’homme. Une loi en fait strictement russophobe, car son application ne vise que des Russes, et en premier lieu le patriarche Cyrille, même si on ne voit pas du tout en quoi les Russes, particulièrement le patriarche, menacent la sécurité nationale tchèque. Ainsi le patriarche de Moscou est-il interdit d’entrée sur le territoire tchèque, ce qui lui est bien égal, mais aussi toutes les possessions de l’Eglise russe en Tchéquie peuvent être légalement « gelées », officiellement pour que leurs revenus ne servent pas à la guerre en Ukraine…

L’an dernier, les Tchèques ont expulsé en fanfare médiatique le recteur de l’église russe de Karlovy Vary, suspecté « d’activités hostiles et d’espionnage »… comme à la grande époque soviétique. Avec l’intention évidemment de mettre la main sur l’église, qui fut longtemps la plus grande église orthodoxe russe en dehors de Russie. (Il s’agit de la ville thermale qui s’appelait Carlsbad et qui était très fréquentée par les Russes avant la révolution bolchevique.)

Mais le patriarcat de Moscou a été plus rapide. Les Tchèques viennent de découvrir que les biens de l’Eglise russe à Karlovy Vary, donc essentiellement l’église Saints Pierre et Paul, ont été subrepticement transférés à la branche hongroise de l’Eglise orthodoxe russe… Sans doute le découvrent-ils à la faveur du transfert du métropolite Hilarion de Budapest à Karlovy Vary…

Les experts tchèques qui avaient longuement concocté la mainmise de Prague sur l’église sont furieux…

Sainte Scholastique

Séquence, par les bénédictines de Petersham (près de Londres).

Emicat meridies,
et beata requies
virgini Scholasticae.

Midi brille, et il est bienheureux le repos de la vierge Scholastique.

Intrat in cubicula:
Sponsi petit oscula,
quem amavit unice.

Elle entre dans la chambre, elle cherche le baiser de l’Epoux qu’elle aime uniquement.

Quantis cum gemitibus,
cordis et ardoribus
haec Dilectum quaesiit!

Avec quels gémissements et ardeurs du cœur elle cherche le Bien-Aimé !

Movit caelos lacrimis,
imbribusque plurimis
pectus fratris mollit.

Elle émeut le ciel avec ses larmes, et par de fortes pluies elle adoucit le cœur de son frère.

O grata colloquia,
cum caelorum gaudia
Benedictus explicat!

O aimable conversation, quand Benoît expose les joies célestes !

Ardent desideria,
mentis et suspiria,
virgo, Sponsus excitat.

Les désirs flamboient, et l’Epoux éveille les soupirs de l’âme, ô vierge.

Veni formosissima,
sponsa dilectissima,
veni, coronaberis.

Viens, la plus belle, épouse très aimée, viens, tu seras couronnée.

Dormies in liliis,
afflues deliciis,
et inebriaberis.

Tu dormiras dans les lis, tu regorgeras de délices, et tu seras enivrée.

O columba virginum,
quae de ripis fluminum
adis aulam gloriae.

O colombe des vierges, qui des rives des fleuves vas au palais de la gloire.

Trahe nos odoribus,
pasce et uberibus
immortalis gratiae. Amen.

Attire-nous par tes parfums, nourris-nous de l’abondance de la grâce immortelle. Amen.