5e dimanche après l’Epiphanie

C’est une parole pleine d’humanité [humanus sermo] et digne de tout accueil, que le Christ Jésus est venu en ce monde sauver les pécheurs. Écoutez attentivement ce que dit l’Évangile : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui avait péri. » Si l’homme n’eût pas été perdu, le Fils de l’homme ne serait pas venu. L’homme était donc perdu, mais un Dieu vint à lui et l’homme fut ramené. L’homme s’était égaré par sa volonté libre, un Dieu fait homme vint le sauver par sa grâce libératrice.

Voulez-vous savoir quel est le pouvoir du libre arbitre pour le mal ? Rappelez-vous le péché de l’homme. Cherchez-vous à connaître la puissance d’un Dieu-Homme pour nous secourir ? Considérez en lui la grâce qui nous délivre. Nulle part, ce que peut l’usage de la volonté humaine possédée par l’orgueil et séparée du secours de Dieu, n’a pu être montré comme dans le premier homme ; non, nulle part la malice de cette volonté n’a pu être manifestée davantage ni avoir plus d’évidence. Le premier homme s’est perdu, et ou serait-il maintenant, si le second Adam n’était venu ? Parce que l’un était homme, l’autre s’est fait homme ; elle est donc pleine d’humanité cette parole [et ideo humanus sermo].

Nulle part non plus la bénignité de la grâce et la libéralité de la toute-puissance de Dieu n’ont paru avec autant d’éclat qu’en cet Homme, établi pour médiateur entre Dieu et les hommes, en cet Homme qui est le Christ Jésus. Que disons-nous, mes frères ? Je parle à des fidèles nourris dans la foi catholique, ou à des âmes gagnées à la paix de l’Église catholique. Nous le savons et nous le croyons fermement : le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, est homme ; et il est, en tant qu’homme, de la même nature que nous. Car notre chair et sa chair ne sont point différentes de nature ; notre âme n’est pas d’une nature, et son âme d’une autre nature. La nature dont il s’est revêtu, c’est celle qu’il avait résolu de sauver.

Saint Augustin, De verbis apostoli, sermon 8, leçon des matines (2e nocturne).

La compassion intéressée

L’évêquesse épiscopalienne Mariann Budde avait défrayé la chronique lorsqu’à la cathédrale nationale de Washington, pour la prière inaugurale du mandat de Donald Trump, elle avait fait un discours politique anti-Trump, disant qu’il fallait être miséricordieux envers les immigrés clandestins qui « récoltent nos cultures et nettoient nos immeubles de bureaux, qui travaillent dans les élevages de volaille et les usines de conditionnement de viande, qui font la vaisselle après que nous ayons mangé au restaurant et qui travaillent de nuit dans les hôpitaux », etc. Et aussi envers les « enfants LGBT »…

Il se trouve que l’Eglise épiscopalienne gagne de l’argent avec les immigrés clandestins et les réfugiés…

Le New York Post a publié un article sur l’Episcopal Migration Ministry (EMM), service épiscopalien des migrations, qui passe des contrats avec le gouvernement fédéral pour installer les migrants et les réfugiés. Ce service a reçu 53 millions de dollars en 2023 pour la réinstallation de seulement 3.600 personnes… Lesquelles deviennent ipso facto des migrants de première classe : ils sont « immédiatement éligibles à toutes les formes d’aide sociale, telles que Medicaid et l’aide en espèces, au même titre qu’un citoyen américain ». « En outre, ils peuvent immédiatement parrainer des amis et des parents dans le cadre d’une récente extension du programme de réinstallation des réfugiés par Biden. »

En 2024 l’EMM s’est occupé de 6.400 migrants. On ne sait pas encore à quel prix…

Et l’EMM reçoit davantage d’argent si le migrant qu’il « réinstalle » est « en difficulté sociale ou psychologique », notamment s’il est « LGBTQ », grâce au programme « Communautés préférées » de l’ère Obama.

« L’Église épiscopalienne perçoit également une commission pour le recouvrement des prêts de voyage accordés aux réfugiés réinstallés par l’EMM », ajoute lejournal. « Voici comment cela fonctionne : le contribuable américain finance l’Organisation internationale pour les migrations, qui prête de l’argent pour le billet d’avion des réfugiés vers l’Amérique. Si le réfugié rembourse le prêt sans intérêt, l’Eglise (et non l’EMM) empoche 25% de l’argent. Si le prêt n’est pas remboursé, personne n’est lésé, sauf le contribuable. »

L’Eglise épiscopalienne n’est évidemment pas la seule à bénéficier de l’argent public. La Conférence des évêques catholiques et ses organisations charitables ont reçu 449 millions de dollars en 2023… pour aider à installer des « mineurs non accompagnés »…

Saint Jean de Matha

Deus, qui per sanctum Joánnem órdinem sanctíssimæ Trinitatis, ad rediméndum de potestáte Saracenórum captívos, cǽlitus institúere dignátus es : præsta, quǽsumus ; ut, ejus suffragántibus méritis, a captivitáte córporis et ánimæ, te adjuvánte, liberémur. 

O Dieu, qui, par le moyen de saint Jean, avez daigné établir miraculeusement l’Ordre de la très sainte Trinité pour racheter les captifs du pouvoir des Sarrasins, faites, nous vous en supplions, que par les suffrages de ses mérites et le secours de votre grâce, nous soyons délivrés de la captivité du corps et de l’âme.

L’ordre de la Très Sainte Trinité pour la Rédemption des captifs.

La statue de Faucon de Barcelonnette.

Le tableau du Louvre.

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On trouve aussi ce jour sur le martyrologe une mention plutôt mystérieuse :

A Constantinople, l’anniversaire des saints martyrs, moines du monastère de Die. Comme ils portaient les lettres du pape saint Félix III contre Acace, ils furent cruellement massacrés pour la défense de la Foi catholique.

Il s’agit d’un épisode du schisme d’Acace, patriarche de Constantinople de 471 à 489, qui n’occupe guère les historiens (et qui il est vrai n’a aucune importance sur le plan historique). Le schisme d’Acace fut le premier schisme entre Rome et Constantinople, il dura plus de 30 ans. L’Eglise étant déchirée entre nestoriens, eutychiens (monophysites) et orthodoxes, l’empereur Zénon eut l’idée de mettre tout le monde (ou une majorité) d’accord avec un texte intitulé Hénotique (acte d’union), accepté par le patriarche Acace, mais qui ne fit qu’aggraver les choses. Le pape Félix III envoya deux évêques à Constantinople pour que l’empereur et le patriarche abandonnent l’Hénotique. Mais les deux évêques finirent par être d’accord… Alors le pape réunit un concile qui condamna Acace, et envoya discrètement un certain Tutus remettre le texte au patriarche, en évitant les hommes de l’empereur qui surveillaient toutes les routes. Il se trouve que Tutus lui aussi se laissa gagner par le patriarche et l’empereur (surtout par leur argent, dit-on). Mais il avait laissé le document chez les moines restés solidement catholiques. Voici la suite, qui explique la notice du martyrologe, telle que racontée par Le Nain de Tillemont :

La justice contre la Négresse

La cour administrative d’appel de Bordeaux a décidé hier que le quartier de Biarritz appelé La Négresse devait changer de nom.

Dans son communiqué, la cour « juge que, quelles que soient l’origine supposée de cette appellation et sa dimension historique revendiquée par la commune de Biarritz, le terme ‘La Négresse’ évoque aujourd’hui, de façon dévalorisante, l’origine raciale d’une femme dont l’identité n’a d’ailleurs pas été formellement identifiée ». Et c’est un mot « de nature à porter atteinte à la dignité de la personne humaine ».

L’affaire avait été lancée par des activistes noirs et leurs larbins woke. En décembre 2023 le tribunal administratif de Pau leur avait donné tort, soulignant que ce nom avait été donné en 1861 par la mairie de Biarritz « dans une perspective mémorielle, en hommage à la personne considérée et à l’histoire locale qui l’accompagne, et non dans le but de présenter de manière dégradante, humiliante ou avilissante une esclave ou descendante d’esclave à la peau noire ou de stigmatiser les membres d’une communauté pour un motif raciste ».

En 2015 Sud-Ouest avait demandé l’avis de ses lecteurs : 94,3% des participants s’étaient prononcés pour le maintien du nom.

Le maire de Biarritz annonce un recours devant le Conseil d’Etat. Mais l’arrêt est exécutoire.