Routine démocratique

En Autriche, puisque la strèmdroate a gagné les élections et a le plus grand nombre de députés, la droite, la gauche et les libéraux se sont unis pour gouverner ensemble. Ils ont mis exactement cinq mois pour y arriver, et ce n’est pas encore sûr, mais il faut ce qu’il faut quand on est confronté au danger d’une politique qui pourrait remettre le pays sur les rails.

En Allemagne la strèmedroate n’a pas gagné les élections mais le résultat est le même : il faut que la droite et la gauche s’unissent (là-bas les libéraux viennent de disparaître) pour constituer une majorité…

Des majorités forcément vouées à ne pouvoir rien faire. Mais puisque c’est Bruxelles qui décide…

Jeudi de la Sexagésime

« Je mettrai mon arc dans les nuées, afin qu’il soit le signe de l’alliance que J’ai faite avec la terre. »

Cette gravure est la 24e du Néerlandais Crispin de Passe l’Ancien pour une édition de la Bible en 1612, l’une des neuf qu’il consacre à l’histoire de Noé (dont une montrant les cadavres de ceux qui tentent d’échapper au déluge, et deux montrant les cadavres après le déluge…). Comme de nombreux illustrateurs, il lie l’apparition de l’arc-en-ciel au sacrifice de Noé, au point même que l’arc paraît sortir de la fumée, comme si Dieu prolongeait la « bonne odeur » de l’unique sacrifice en l’arc de l’alliance qui restera toujours.

La lecture se poursuit avec l’épisode de Noé plantant une vigne et s’enivrant du vin qu’il a produit, de la malédiction de Cham qui a vu son père nu (en fait de Chanaan, le fils de Cham), et se termine par la mort de Noé à 950 ans.

Voici la gravure de Crispin de Passe l’Ancien sur l’ivresse de Noé : on voit Sem et Japhet qui vont recouvrir la nudité de Noé en marchant à reculons pour ne pas la voir, et Cham (ou le jeune Chanaan ?) qui se moque du patriarche en le montrant du doigt.

L’évêque des tradis ?

Lu sur La Nouvelle République, ce début d’article. Le reste est payant, mais sans doute tout aussi impayable que le début. (Addendum : le texte entier est dans les commentaires.)

Le nombre de fidèles du rite ancien traditionaliste a doublé en Touraine en quatre ans. L’archevêque Mgr Jordy explique « être très attentif » à ce qu’il se passe lors de ces messes.

Vice-président de la Conférence des évêques de France, l’archevêque de Tours Mgr Vincent Jordy « accompagne la question des traditionalistes » à l’échelle de la France. Il dit en avoir « discuté plusieurs fois avec le pape François ». Alors que le nombre des adeptes du rite ancien a doublé en quatre ans à Tours, il revient sur les rapports qu’entretient son diocèse avec les traditionalistes.

Comment expliquer cette hausse ?

Mgr Vincent Jordy : « Le phénomène traditionaliste a crû autour de la crise du Covid. Il y a eu une forme d’inquiétude des gens, de refuge dans l’entre-soi. C’était aussi une manière de manifester contre l’Etat qui empêchait la tenue des messes. Ils ont doublé leurs effectifs mais depuis la pratique s’est stabilisée.

Bref, il n’y a là rien de religieux, donc ce n’est pas grave. Toutefois, la légende de la photo donne une autre citation de l’évêque : « Les homélies ne sont pas contrôlées, mais j’ai des retours. Je suis très attentif. » Aux dérapages politiques, sans aucun doute. Des fois qu’on y dise du mal du gouvernement.

Mais je n’avais pas encore entendu dire qu’il était officiellement le commissaire politique des tradis de toute la France. D’ailleurs Wikipedia vient tout juste de l’ajouter à sa fiche. Peu importe d’ailleurs, c’est le Vatican qui décide. Lui il peut seulement dénoncer les réfractaires.