La guerre en Ukraine

La guerre en Ukraine a commencé il y a trois ans. Ou plutôt la nouvelle phase de la guerre qui se déroulait depuis 2014, celle qui est perpétuellement qualifiée d’« invasion massive, non provoquée et injustifiée » de l’Ukraine par les troupes russes.

Petit rappel.

Entre 2014 et 2022, l’armée ukrainienne est passée de 145.000 à 360.000 hommes. Fin 2021, elle avait concentré 125.000 hommes à l’Est, se préparant à détruire les républiques du Donbass.

Le 15 février 2022, les Ukrainiens intensifient leurs bombardements du Donbass. L’OSCE enregistre 41 violations du cessez-le-feu consécutif aux accords de Minsk.

Le 16 février, 76 violations.

Le 17 février, 316 violations. De nombreux civils du Donbass sont évacués vers la Russie.

Le 18 février, 654 violations.

Le 19 février : 1.413 violations.

Le 20 février : 2.026 violations.

Le 21 février, alors que se poursuivent les bombardements ukrainiens, la Russie reconnaît les Républiques de Lougansk et de Donetsk qui appellent à l’aide, et leur promet une assistance militaire. Le même jour les Etats-Unis et l’UE… condamnent la Russie et la menacent de sanctions…

Le 22 février, il y a encore 1.484 violations du cessez-le-feu. Le Royaume-Uni, les États-Unis et l’UE imposent des sanctions à la Russie pour avoir reconnu les Républiques du Donbass.

Le 24 février, les troupes russes franchissent la frontière.

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Selon le rituel inamovible, l’UE, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, etc. annoncent de nouvelles sanctions contre la Russie, et le Royaume-Uni « le plus important paquet de sanctions depuis le début du conflit ». La fabrique de boomerangs continue de fonctionner à plein régime, le masochisme occidental paraît sans limites (du moins de ce côté-ci de l’Atlantique)…

Plusieurs pays, dont le Canada, l’Espagne, l’Estonie (sic) annoncent une nouvelle aide militaire.

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C’est aussi le jour où l’ONU doit voter sa rituelle résolution condamnant l’invasion non provoquée et illégale etc. Mais cette année il y a une contre-résolution présentée par les Etats-Unis. La Hongrie fait savoir qu’elle la coparraine. Autres coparrains : la Géorgie, la Macédoine, Israël.

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On croirait une mauvaise et stupide parodie. Mais c’est bien, hélas, le ministre français des Affaires étrangères qui s’exprime ainsi… On croit toujours avoir atteint le dernier degré de la honte, mais ils continuent de creuser.

Saint Matthias

L’apolytikion, par le hiéropsalte Dimitrios Papagiannopoulos.

Θείω Πνεύματι, κεκληρωμένος, συνεπλήρωσας, τῶν Ἀποστόλων, τὴν δωδεκάριθμον φάλαγγα ἔνδοξε, μεθ’ ὧν κηρύξας τοῦ Λόγου τὴν κένωσιν, ἐθαυμαστώθης Ματθία Ἀπόστολε. Ἀλλὰ πρέσβευε, δοθήναι τοὶς σὲ γεραίρουσι, πταισμάτων ἱλασμὸν καὶ μέγα ἔλεος.

Choisi par l’Esprit divin pour compléter la phalange des douze apôtres, ô glorieux, avec eux tu as proclamé la kénose du Verbe et tu as été admirable, apôtre Matthias. Mais intercède pour que soit donné à ceux qui t’honorent le pardon de leurs fautes et la grande miséricorde.

Sexagésime

L’arche de Noé, une des 24 images de la Bible par William de Braisles, vers 1250. « de cumanda noe fer un arche a tres astages e ke il me(it) lens lui e sa feme e sa treis fiz. cham e sam e iafet e lur femes e de bestes e de volatilie ii e ii. »

Le personnage principal de ce jour – et de toute la semaine – est Noé. Mais il est caché dans les matines, où se poursuit la lecture de la Genèse.

Il est caché comme la semence que le semeur sorti pour semer va cacher dans la terre dans l’évangile de ce dimanche.

Noé, lui aussi, cache la semence. Il est chargé de sauver « universum semen ». Littéralement toute semence. Mais il s’agit ici des animaux de l’arche, du code génétique de tout être vivant, du germe de toute la chaîne des générations.

Dans l’arche, les hommes sont huit. 8 est le nombre de la grâce, la grâce du Christ ressuscité le 8e jour. Les 8 vont sauver l’ensemble de la création, en traversant le Déluge qui est le baptême de régénération, pendant 40 jours (le temps du carême qui conduit à Pâques), dans l’arche qui est l’Eglise et les conduit au sommet de la montagne où poussent l’olivier et la vigne : l’huile de l’onction divine et le vin de la vie éternelle.

℟. Noë, vir justus atque perféctus, cum Deo ambulávit : * Et fecit ómnia quæcúmque præcépit ei Deus.
℣. Fecit sibi arcam, ut salvarétur univérsum semen.
℟. Et fecit ómnia quæcúmque præcépit ei Deus.

Noé, homme juste et intègre, a marché avec Dieu ; et il a fait tout ce que Dieu lui a commandé. Il s’est fait une arche, pour sauver toute semence de vie. Et il a fait tout ce que Dieu lui a commandé.

Le texte de ce répons est constitué d’expressions tirées des versets 9 et 22 du chapitre 6 de la Genèse, et du verset 3 du chapitre 7 :

6,9 Noë vir justus atque perfectus (…) cum Deo ambulavit.

6,22 Fecit igitur Noë omnia quæ præceperat illi Deus.

7.3 ut salvetur semen super faciem universæ terræ.

Ubu métropolite

Le soi-disant métropolite Doumenko, chef de l’Eglise du pouvoir ukrainien, affirme comme nos modernistes que lorsque l’Église s’adresse aux croyants « dans une langue incompréhensible et sans vie, le lien mystérieux, la compréhension, la confiance et la foi disparaissent ». Car la particularité de cette Eglise est qu’elle a abandonné le slavon pour la langue vulgaire. En imposant le slavon, dit Doumenko, les « conquérants impériaux » russes ont toujours voulu ainsi détruire la foi des Ukrainiens, et même « pendant des siècles » ils ont brûlé la littérature liturgique en ukrainien.

Sic.

L’Association des journalistes orthodoxes ukrainiens, qui rapporte ces propos, remarque que « M. Doumenko n’a pas précisé par qui et quand la littérature liturgique en ukrainien a été utilisée “pendant des siècles” et quand elle a été brûlée. »

Forcément, puisqu’il n’y a jamais eu de langue liturgique ukrainienne… autre que le slavon d’Eglise, qui est né grosso modo en Ruthénie, donc en « Ukraine »… Mais au lieu de revendiquer le slavon, Doumenko invente une langue liturgique ukrainienne qui n’a jamais existé, par pure haine russophobe.

Avertissement estonien

Le député estonien Mart Helme souligne que la question de l’interdiction de l’Eglise orthodoxe est fondamentale pour la population russophone, et constitue même une menace pour la sécurité du pays.

Evoquant la lettre ouverte des moniales de Pühtitsa aux parlementaires, il dit : « Les malheureuses moniales – il est extrêmement honteux que le président du Parlement n’ait pas trouvé cinq minutes pour les recevoir et attirer l’attention sur la question de la sécurité ».

Il a ajouté : « Ne venez pas répandre ici cette démagogie selon laquelle le patriarche Cyrille a approuvé l’agression en Ukraine. Il ne vit pas en Estonie, il n’agit pas en Estonie. »

Et encore : « La question est que l’Église orthodoxe russe sera en fait interdite par les autorités estoniennes, ce qui peut avoir des conséquences très graves pour notre sécurité, y compris la perte d’Ida-Est. » A savoir le comté qui jouxte la Russie au nord-est, qui est peuplé de Russes à 70%, et dont la capitale Narva est entièrement russophone. Mart Helm, qui participa aux négociations avec la Russie sur le tracé de la frontière, veut dire que la Russie pourrait vouloir rétablir la liberté religieuse dans le comté…