La persécution religieuse en Estonie

Le 24 mars, le tribunal du comté de Tartu a validé le nouveau nom de l’Eglise orthodoxe estonienne du patriarcat de Moscou. Pour éviter la persécution russophobe, dans un premier temps elle avait décidé de s’appeler simplement Eglise orthodoxe estonienne. Mais cela fut refusé parce qu’il y a déjà une « Eglise orthodoxe estonienne », la petite Eglise du pouvoir fabriquée avec le patriarcat de Constantinople. Alors elle a proposé « Église chrétienne orthodoxe estonienne ». Mais ce fut refusé parce que cette appellation inclut de manière inapproprié tous les chrétiens orthodoxes d’Estonie… L’Eglise a fait appel, et le tribunal vient donc de décider que la nouvelle appellation est conforme à la loi et reflète correctement son but et son domaine d’activité.

On aurait pu penser que l’affaire était close. Mais hier le Parlement estonien a voté en deuxième lecture la loi qui vise à interdire cette Eglise… Après la troisième lecture l’Eglise sera interdite, quel que soit son nom.

Suite au jugement, le naïf évêque orthodoxe de Tartu déclarait : « Au cours de l’année écoulée, nous avons dû faire face à une attitude hostile en raison de nos liens canoniques avec le Patriarcat de Moscou, associé à l’ancienne dénomination de notre Église. Le nouveau nom et les nouveaux statuts reflètent l’indépendance de l’Église sous tous ses aspects. »

La situation est exactement la même qu’en Ukraine. L’Eglise peut changer de nom et inscrire son indépendance dans ses statuts, la russophobie d’Etat s’en moque. L’Eglise doit être interdite parce qu’elle est d’essence « moscovite », quelles que soient les protestations de ses responsables et de ses fidèles… dont la plupart sont des russophones honnis…


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