La Russie « nouvelle arche »

A la suite d’une table ronde « Russie – Une nouvelle Arche » au Parlement russe, avec Maria Boutina et en présence de Maria Zakharova, celle-ci a fait savoir que depuis le décret de Vladimir Poutine en août dernier visant à « apporter un soutien humanitaire aux personnes qui partagent les valeurs spirituelles et morales traditionnelles russes », entre septembre 2024 et la mi-mars 2025 ont été délivrés 480 visas à des citoyens de France, Allemagne, Italie, Etats-Unis, Canada et Australie.

La Russie s’active aussi pour faire revenir ses citoyens vivant dans les pays hostiles. Ils ont été 1.787 à revenir ces douze derniers mois. Notamment des pays Baltes, mais aussi des Etats-Unis, du Canada et d’Allemagne.

A propos de l’attaque sur Belgorod

Les Ukrainiens envoient des drones tous les jours sur l’oblast russe de Belgorod, faisant éventuellement des blessés, et des morts. Mais depuis trois jours ils ont lancé une offensive terrestre, alors même qu’ils continuent de combattre non loin de là à la frontière de l’oblast de Koursk. Voici une excellente analyse, par Mikael Valtersson, ancien officier de l’armée suédoise et ancien cadre des Démocrates de Suède (parti qu’il a quitté parce qu’il est devenu « pro-UE, pro-OTAN, pro-guerre en Ukraine, pro-Israël, etc. »).

Depuis trois jours, l’armée ukrainienne a attaqué plusieurs villages de l’oblast de Belgorod, près de l’ancien saillant ukrainien de Koursk. Pourquoi font-ils cela et l’opération est-elle un succès ?

Que s’est-il passé sur le terrain ? Pendant trois jours, de petites unités ukrainiennes ont démoli les fortifications frontalières russes, c’est-à-dire les dents de dragon, les fossés antichars et les champs de mines. Elles ont également tenté de traverser la frontière et d’atteindre plusieurs villages russes. Les progrès ont été minimes. Certaines unités d’infanterie ukrainiennes ont réussi à avancer de 500 à 1.000 m dans deux ravins. Certaines lignes d’arbres ont également été prises. Les Ukrainiens ont surtout réussi à s’approcher du village de Demidovka, dans le nord.

Le prix de cette avancée minime a été élevé pour l’armée ukrainienne. Les pertes cumulées pourraient être de 20 à 30 véhicules blindés, 5 à 10 rares véhicules du génie et plus de 200 soldats éliminés. C’est un gaspillage total de ressources, d’autant plus qu’il n’y a pas de progrès significatif sur le terrain. Pourquoi l’Ukraine poursuit-elle cette opération ?

Cette opération est à la fois un moyen de remonter le moral des troupes et une opération de diversion. L’objectif est de détourner l’attention des pertes ukrainiennes sur d’autres parties du champ de bataille tout en montrant que l’armée ukrainienne est toujours capable d’« envahir » la Russie.

Cette opération s’apparente en partie à l’opération Krynki du côté russe du Dniepr, qui s’est déroulée d’octobre 2023 à juin 2024. Au cours de cette opération, l’armée ukrainienne a perdu plus de 1.000 soldats KIA/MIA. Mais au moins au début, ce fut un succès médiatique. Beaucoup ont parlé de l’armée ukrainienne traversant le Dniepr en préparation d’une campagne pour libérer la Crimée. En réalité, il s’agissait d’une compagnie ukrainienne de soldats décimée chaque semaine pendant neuf mois. Se cachant dans des caves, agitant régulièrement le drapeau ukrainien et se faisant tuer.

Sur le front de Belgorod, les forces armées russes sont en bien meilleure position qu’à Krynki, l’opération devrait donc être beaucoup plus courte. Les forces armées ukrainiennes ne peuvent pas avoir un bataillon décimé tous les trois jours. De telles pertes feraient perdre sa capacité de combat à une brigade entière tous les quinze jours. Faute de ressources, l’armée ukrainienne ne peut pas continuer longtemps avec ce genre de guerre médiatique TikTok.

À long terme, cela nuit également à l’Ukraine, non seulement sur le plan militaire, mais aussi dans la guerre de l’information. Tôt ou tard, le public, même en Europe, se rendra compte que l’administration ukrainienne sacrifie son armée pour des raisons de relations publiques et d’image. Ce n’est pas un bon régime qui prend soin de ses soldats.

Grok et les trois jours

Un grand argument de la propagande ukrainienne est que Poutine avait affirmé qu’il prendrait l’Ukraine en trois jours. Or même Grok (l’intelligence artificielle d’Elon Musk, qui agrège donc toutes les données sur la question), dit que ce n’est pas vrai :

Il n’y a aucune preuve que Poutine ait déclaré publiquement que la guerre en Ukraine durerait trois jours. Cela semble être un narratif occidental, probablement issu des services de renseignement américains évaluant les attentes de la Russie, et non une citation directe.

Les médias russes le nient, et les discours de Poutine, comme celui du 24 février 2022, ne comportent aucun calendrier.

Le génocide letton

Le gouvernement de Lettonie organise le 25 mars une cérémonie avec dépôt de gerbes devant le Mémorial aux victimes de l’occupation soviétique à Riga, en souvenir du « génocide communiste de 1949 ».

Certes, les Lettons, comme les autres peuples de l’URSS, ont tragiquement souffert du régime communiste. Mais appeler « génocide » la déportation de 42.000 personnes dans diverses villes russes, à une époque où des millions de personnes étaient déplacées en Europe, ce n’est pas sérieux. D’autant que le vrai génocide letton s’accomplit depuis l’indépendance : la population, qui était montée jusqu’à 2,7 millions d’habitants en 1990, n’a cessé de décroître depuis lors, jusqu’à 1,8 million en 2024.

Le taux de croissance de la population est un taux de décroissance sévère depuis l’indépendance, qui s’est un peu relevé mais reste à -1,8% en 2023 et 2024.

Le taux de fécondité, qui avait chuté après l’indépendance, s’est un peu relevé mais ne dépasse pas 1,3 enfant par femme.

Depuis 2020 il y a au moins deux fois plus de décès que de naissances.

Cela explique sans doute en partie l’agressivité pathologique des gouvernants lettons (dont un est maintenant à la tête de la « diplomatie européenne »), qui voient leur pays disparaître peu à peu. D’autant que lorsqu’on parle des « Lettons » on comprend tous les habitants du pays, donc aussi tous les Russes et descendants de Russes qui y vivent…

Les « personnes ayant des seins »

Ambulance Saint-Jean (dont l’origine vient de l’ordre hospitalier de saint Jean de Jérusalem via sa branche anglicane) est une importante organisation de premiers secours au Royaume-Uni et dans les pays du Commonwealth (200.000 bénévoles en tout).

Au début du mois, elle a publié un nouveau guide de réanimation pulmonaire, où l’on lisait d’emblée : « Comment pratiquer la RCP et utiliser un défibrillateur sur une personne ayant des seins. » Car on ne doit pas employer le mot « femme », puisqu’on ne sait pas a priori quelle est l’identité de genre de la personne.

Le texte poursuivait : « Les personnes ayant des seins sont statistiquement moins susceptibles de recevoir une RCP de la part de témoins que les hommes… Changeons cela. »

Puis il était précisé que le soignant doit enlever « les soutien-gorge, les bandages ou vêtements contraignants que la personne porte », en faisant référence au bandeau pectoral par lequel la femme qui se prétend homme cache ses seins.

Le texte a subi tellement de moqueries, et de condamnations sérieuses pour non-respect des femmes, qu’il a été modifié, mais en gardant soigneusement l’option « transgenre » : « Comment pratiquer la RCP et utiliser un défibrillateur sur des femmes et d’autres personnes ayant des seins ».

En réalité, Ambulance Saint-Jean ne fait que suivre l’exemple gouvernemental. Les sites officiels, complètement soumis à l’idéologie LGBT, ne s’expriment pas autrement. Par exemple, un document du gouvernement gallois sur la « Fierté menstruelle » (sic) dit que « les menstruations ont de nombreuses répercussions sur les femmes, les filles et les personnes qui ont leurs règles ». Il explique : « Toutes les personnes qui sont assignées femmes à la naissance ou qui s’identifient comme femmes n’ont pas leurs règles. À l’inverse, certaines personnes qui s’identifient à un autre genre que celui de femme, comme les hommes trans, les personnes intersexuées et non binaires, ont leurs règles. »

Le délire est officiel.