Profanation officielle de la laure des Grottes de Kiev

Hier, une commission du ministère de la Culture d’Ukraine est allée « inspecter » les reliques des saints de la laure des Grottes de Kiev pour commencer à en évaluer la « valeur culturelle ». Dans l’équipe il y avait un… vétérinaire. Les moines ont unanimement refusé de participer à ce sacrilège. Leur avocat ajoute que cette intrusion était illégale, puisque le sort du monastère est toujours devant la justice. Voici l’éditorial solennel de l’association des journalistes orthodoxes ukrainiens, qui en général publie seulement des dépêches.

Aujourd’hui, 28 mars 2025, exactement à la veille de l’anniversaire (29.03.2023) où les autorités actuelles ont donné à l’Eglise orthodoxe ukrainienne un ultimatum pour quitter la Laure des Grottes de Kiev, elles ont décidé de poursuivre les « glorieuses » traditions des bolcheviks et de lancer une campagne pour ouvrir les châsses. Accompagnée par la police et le SBU, une commission du ministère de la culture s’est rendue à la Laure. Selon l’ordre du ministre M. Tochitsky, cette commission devait « déterminer la valeur historique et scientifique des restes des saints et rédiger les documents appropriés ».

Les communistes ont fait exactement la même chose dans les années 1920 ! Pour eux, les saintes reliques n’étaient que des objets de valeur historique et culturelle. Les communistes ne considéraient rien comme saint. Ils n’honoraient pas les saints, ne comprenaient pas la grâce ou la sainteté. Ils ne s’intéressaient pas au fait que l’Esprit Saint, que les saints reçoivent de leur vivant au prix de grands efforts et de grandes souffrances, devient inhérent non seulement à leur âme, mais aussi à leur corps. Il ne se sépare pas d’eux après la mort.

Ils n’ont pas compris que les reliques des saints ne sont pas des objets d’exposition ou des momies, mais qu’elles doivent être traitées avec respect et crainte. Ils s’en moquaient. Leur but était d’infliger un maximum de dommages aux fidèles en ouvrant les tombes et en se moquant de la foi de millions de personnes.

N’est-ce pas la même chose que nous voyons aujourd’hui ? Dira-t-on que les autorités actuelles traitent les reliques avec respect, qu’elles respectent les sentiments religieux ? Le décret sur la base duquel cette action est menée stipule explicitement que les châsses ne sont pas ouvertes pour être vénérées ou priées, mais pour « déterminer la valeur historique et scientifique (!) des restes ». Aucun ecclésiastique ne fait partie de la commission, mais elle comprend les personnes suivantes :
– le président de la Société des anatomistes, histologistes, embryologistes et anatomistes topographiques ;
– un chercheur du département de recherche biologique ;
– un professeur du département d’anatomie humaine ;
– un vétérinaire, chef du département de biomorphologie des vertébrés.

Les saints des Grottes de Kiev, qui sont vénérés dans toute l’orthodoxie, dans des dizaines de pays du monde, que des millions de personnes de différentes nationalités prient et dont elles reçoivent de l’aide, ne sont, aux yeux de ces « chercheurs », que des « vertébrés » dont la biomorphologie doit être étudiée ?

Par cet ordre même, les autorités dévoilent leur nature et leur attitude à l’égard des sentiments religieux des citoyens ukrainiens et des croyants du monde entier.

Aujourd’hui, il est inutile de procéder à de tels contrôles. Comment, et surtout pourquoi, déterminer la valeur scientifique des tombeaux ? Une chose est claire : ces mesures sont prises pour tester la réaction des chrétiens orthodoxes du monde entier face à ce sacrilège : seront-ils capables ou non de se défendre contre les impies ?

Nos vénérables pères des Grottes de Kiev, priez Dieu pour nous !

En vérité l’affaire dépasse le cadre orthodoxe, car plusieurs des saints des Grottes de Kiev sont également vénérés par l’Eglise catholique. Et même l’Eglise grecque-catholique ukrainienne célèbre le 28 août tous les saints des Grottes lointaines et le 28 septembre tous les saints des Grottes proches, outre les fêtes des fondateurs saint Antoine le 10 juillet et saint Théodose le 14 août. Mais comme l’Eglise grecque-catholique ukrainienne appuie l’interdiction de l’Eglise orthodoxe ukrainienne elle ne va évidemment pas réagir, et donc Rome non plus…

Dans un premier temps, le ministère de la Culture avait ajouté au sacrilège le ridicule et l’insulte, en prétendant que les Grottes n’étaient pas entretenues par les moines. Mais l’accusation ne pouvait guère tenir…

Samedi de la troisième semaine de carême

« Jésus se rendit au Mont des Oliviers », au mont fertile, au mont du parfum, au mont de l’onction. Où convenait-il au Christ d’enseigner sinon sur le Mont des Oliviers ? En effet, le nom Christ vient de ‘chrisma’ et le mot ‘chrisma’, en grec, correspond au latin ‘unctio’, onction. Ainsi donc le Christ nous a oints parce qu’il a fait de nous des lutteurs contre le démon. « Mais, dès l’aurore, il revint dans le Temple et tout le peuple se rassembla autour de lui. S’étant assis, il les enseignait. » Et l’on ne mettait pas la main sur lui parce qu’il ne consentait pas encore à souffrir. Considérez maintenant sur quel point la mansuétude du Seigneur fut mise à l’épreuve par ses ennemis.

« Les scribes et les pharisiens lui amenèrent alors une femme surprise en adultère. Ils la mirent bien au milieu et dirent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise à commettre l’adultère. Dans la Loi, Moïse a commandé de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve afin de pouvoir l’accuser. » L’accuser de quoi ? Est-ce lui qu’ils avaient surpris dans quelque crime ou cette femme passait-elle pour avoir quelque rapport avec lui ?

Comprenons, mes frères, l’admirable mansuétude qui était dans le Seigneur. Ils ont remarqué qu’il était d’une extrême douceur, d’une extrême mansuétude. C’est de lui qu’il avait été dit autrefois : « Ceins ton épée à ton côté, tout-puissant. Dans ton éclat et ta beauté, avance, triomphe et règne pour la vérité, la mansuétude et la justice. » (Accingere gladio tuo super femur tuum, potentissime. Specie tua et pulchritudine tua intende, prospere procede, et regna, propter veritatem, et mansuetudinem, et justitiam – psaume 44.)

Il a donc apporté la vérité comme docteur, la mansuétude comme libérateur, la justice comme juge. C’est à cause de cela qu’il devait régner, selon que dans l’Esprit-Saint le prophète l’avait prédit. Lorsqu’il parlait, on reconnaissait la vérité ; lorsqu’il restait sans s’émouvoir face à ses ennemis, on louait la mansuétude. Ses ennemis donc, torturés par la jalousie et l’envie, au sujet de ces deux vertus, la vérité et la mansuétude, placèrent un piège dans la troisième, la justice.

Saint Augustin, tractatus 33 sur saint Jean, leçons des matines. On peut lire la suite ici.

Sur le parallèle entre les deux lectures de la messe de ce jour.

• Sur l’histoire de Suzanne.

Une demande d’explication

Péter Szijjártó, ministre hongrois des Affaires étrangères, sur X :

Lorsque nous avons appris que Bruxelles proposait un kit de survie de 72 heures aux Européens, nous avons pensé qu’il s’agissait d’une plaisanterie. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Hadja Lahbib* a même montré quoi mettre dans le sac. Mais pourquoi, au XXIe siècle, les citoyens de l’UE devraient-ils préparer un kit de survie ? Il n’y a qu’une seule explication : Bruxelles se prépare à la guerre. Alors qu’il existe enfin une réelle chance de cessez-le-feu et de pourparlers de paix significatifs avec le retour de Donald Trump, Bruxelles va dans la direction opposée, s’accrochant à une politique belliciste qui a échoué. Pourquoi ? Parce que tant que la guerre continue, les politiciens européens pro-guerre peuvent éviter d’assumer la responsabilité de trois années d’échec et éviter de répondre à une question extrêmement gênante : où est l’argent qui a été envoyé en Ukraine ? Nous demandons à la Commission européenne d’expliquer pourquoi elle se prépare à la guerre et non à la paix.

* « Commissaire européen à la coopération internationale, à l’aide humanitaire et à la réaction aux crises » (née en Belgique dans une famille algérienne).

Tuez-la !

Soutien public à l’agression russe et au meurtre de citoyens ukrainiens.
Atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
Violation consciente de la frontière de l’Ukraine dans le but de pénétrer sur son territoire.
Activité commerciale illégale dans les territoires ukrainiens occupés par les envahisseurs russes.
Participation à des activités de propagande anti-ukrainienne de la Russie (pays agresseur) contre l’Ukraine.
Actrice russe.
Date de naissance : 17.08.2010
Passeport : 6083 473871
Informations :
A participé à un événement de propagande anti-ukrainienne à Artek en Crimée occupée.
Le Centre « Myrotvorets » demande aux autorités chargées de l’application de la loi de considérer cette publication sur le site web comme une déclaration concernant la commission par ce citoyen d’actes conscients contre la sécurité nationale de l’Ukraine, la paix, la sécurité de l’humanité et l’ordre public international, ainsi que d’autres infractions.

*

Elle s’appelle Iekaterina Temnova. Elle a 14 ans. Elle vient d’être inscrite sur le registre ukrainien Myrotvorets, qui liste les « ennemis de l’Ukraine » à supprimer par tous les moyens (et quand c’est fait, un tampon rouge et rougeoyant de flammes barre la fiche de l’« éliminé »).

La raison de cette inscription est que Iekaterina Temnova a prononcé l’allocution d’ouverture, le 17 mars, d’un des événements qui rythment cette année le 100e anniversaire du camp Artek en Crimée. Or elle est connue comme la vedette d’une série de films intitulés Manyounya, nom de l’héroïne qu’elle incarne, d’après des livres pour enfants.

Iekaterina Temnova est aujourd’hui la plus jeune victime de Myrotvorets. Mais pas la plus jeune au moment de son inscription : ce record est détenu par Faina Savenkova, qui avait 12 ans quand elle fut dénoncée en 2020 pour avoir écrit des textes très remarqués sur le Donbass (une anthologie a été publiée en français en 2023 sous le titre Donbass mon amour, Donbass ma souffrance).

On rappellera que Myrotvorets, ce fleuron de la démocratie ukrainienne qui a une adresse en Pologne et une adresse aux Etats-Unis au siège de la CIA, est un mot qui signifie « pacificateur », artisan de paix (c’est le mot des Béatitudes).

Artek, fondé en 1925 comme un camp d’été de quelques tentes pour enfants malades, devint la plus importante colonie de vacances des « pionniers » soviétiques. Après la chute de l’URSS il devint ukrainien, et périclita, au point qu’il faillit disparaître en 2009. Il redevint russe en 2014, et entre 2014 et 2021 quelque 300 millions d’euros de travaux en ont fait un grand centre ultramoderne de dix camps sur 216 hectares accueillant 3.500 enfants pour des séjours de trois semaines. Se souvenir du propos de Zelensky : « Il n’y a plus rien en Crimée. »

Vendredi de la troisième semaine de carême

Désormais, à l’Évangile, nous n’entendrons plus que la voix de saint Jean. Mieux que les autres évangélistes, il nous fait pénétrer dans l’âme souffrante de Jésus. Le thème de la Passion ira chaque jour en s’accentuant. La messe d’aujourd’hui est encore consacrée aux catéchumènes. Deux images leur révèlent l’importance du baptême. Moïse conduit à travers le désert le peuple altéré ; Dieu lui apparaît dans sa gloire et lui ordonne de frapper le rocher, pour en faire jaillir de l’eau et apaiser abondamment la soif du peuple (Leçon). Le Christ est le nouveau Moïse qui, du bâton de sa Croix, frappe le rocher ; bien plus, il est, selon Saint Paul, le rocher qui accompagne les Juifs, qui donne aux catéchumènes l’eau vive du Baptême et, avec cette eau, la vie éternelle. C’est de cette eau vive que le Christ parle à la Samaritaine (Évangile) ; cette eau qui devient une source de vie éternelle est, pour les catéchumènes, le Baptême ; les fidèles possèdent déjà cette eau ; elle jaillit tous les jours pour eux dans l’Eucharistie.

A l’Introït, les catéchumènes demandent un « signe de ta bonté » (signum). Ce signe est la Croix dont ils sont marqués, c’est le signe indélébile du baptême et, devant ce signe, s’enfuient les ennemis du salut. Le psaume 85, qu’on récite maintenant, est une prière fervente et confiante qui convient très bien dans la bouche des catéchumènes, des pénitents et des fidèles. L’oraison est une des prières typiques de Carême, elle nous montre l’esprit et le sens du jeûne. « Que nous nous abstenions des péchés, comme nous nous privons des aliments corporels. » Sous l’influence des lectures, les catéchumènes et les pénitents sentent leur « chair fleurir » par le rafraîchissement de la boisson salutaire. L’Offertoire se rattache aux dernières paroles de l’Évangile. Les Samaritains reconnurent le Seigneur comme « Sauveur du monde » et nous, à l’Offrande, nous nous approchons du Christ et nous lui disons : « mon Seigneur et mon Dieu ». Nous trouvons réellement dans l’Eucharistie cette eau promise, c’est ce que chante et dit l’antienne de Communion : « Cette eau deviendra une source vive qui jaillira dans la vie éternelle. »

Dom Pius Parsch