En toi se réjouissent, ô Pleine de grâce

Les dimanches de carême, la divine liturgie byzantine est celle de saint Basile. En dehors de ce que la liturgie latine appelle le canon, elle diffère peu de la liturgie de saint Jean Chrysostome. L’une des principales autres différences est l’hymne à la Vierge après la consécration. La voici en grec par Théophraste Bogiatzis, et en slavon par les moines de Valaam. Le texte grec rappelle l’interpellation de l’ange à l’Annonciation : Khairé Kekharitoméni.

En toi se réjouissent, ô Pleine de grâce, toute la création, la hiérarchie des anges et la race des hommes. Ô Temple sanctifié, ô Jardin spirituel, ô Gloire virginale, c’est en toi que Dieu s’est incarné, en toi qu’est devenu petit enfant celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. De ton sein il a fait un trône, il l’a rendu plus vaste que les cieux. Ô Pleine de grâce, toute la création se réjouit en toi. Gloire à toi.

Ἐπi σοὶ χαίρει, Κεχαριτωμένη, πᾶσα ἡ κτίσις. Ἀγγέλων τὸ σύστημα καὶ ἀνθρώπων τὸ γένος, ἡγιασμένε ναὲ καὶ παράδεισε λογικέ, παρθενικὸν καύχημα, ἐξ ἧς Θεός ἐσαρκώθη καὶ παιδίον γέγονεν, ὁ πρὸ αἰώνων ὑπάρχων Θεὸς ἡμῶν· τὴν γὰρ σὴν μήτραν θρόνον ἐποίησε, καὶ τὴν σὴν γαστέρα πλατυτέραν οὐρανῶν ἀπειργάσατο. Ἐπὶ σοὶ χαίρει, Κεχαριτωμένη, πᾶσα ἡ κτίσις δόξα σοι.

Premier dimanche de carême

Pour vous prêcher, frères très aimés, le jeûne le plus sacré et le plus solennel, pourrais-je trouver exorde mieux adapté que les mots de l’Apôtre en qui le Christ lui-même parlait ? Je commence donc par vous redire ce qui vient d’être lu : « C’est maintenant le temps vraiment favorable, c’est maintenant le jour du salut. » Sans doute, il n’est aucun temps qui ne soit plein des dons divins et toujours par sa propre grâce nous est offert l’accès à la miséricorde de Dieu ; maintenant cependant il convient que tous les esprits portés avec plus d’ardeur au progrès spirituel soient animés d’une confiance plus assurée, alors que le retour du jour de notre Rédemption nous invite à tous les devoirs de la miséricorde. Ainsi, le corps et l’âme purifiés, nous célébrerons le mystère, qui l’emporte sur tous les autres, de la Passion du Seigneur.

De tels mystères certes exigeraient une dévotion sans défaillance et une révérence sans relâche en sorte que nous demeurions sous le regard de Dieu, tels qu’il convient de nous trouver en la fête même de Pâques. Mais cette force d’âme n’est l’apanage que d’un petit nombre ! Une observance plus austère se relâche par suite de la fragilité de la chair, tandis que le zèle se détend sous l’effet des activités diverses de cette vie, il est inévitable que les cœurs même religieux se ternissent de la poussière du monde. Aussi la Providence divine a-t-elle ménagé une institution salutaire afin qu’un entraînement de quarante jours nous procure un remède pour restaurer la pureté de nos âmes. Pendant ces jours, les fautes des autres temps sont rachetées par les œuvres de miséricorde et consumées par des jeûnes rigoureux.

Nous allons donc, mes chers frères, aborder ces jours mystiques et consacrés à la purification des âmes ainsi qu’aux jeûnes salutaires. Veillons à observer les préceptes de l’Apôtre, « purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit. » Alors, après répression des conflits qui opposent l’un à l’autre ces deux éléments, l’âme qui, placée sous la conduite de Dieu, doit à son tour diriger le corps, obtiendra la dignité de son empire. Désormais, nous ne donnerons à personne aucune occasion de chute, pour que nous ne soyons plus exposés aux reproches des contradicteurs. En effet, c’est à bon droit que les infidèles nous adresseront des critiques et c’est dans nos vices mêmes que les langues impies trouveront des armes pour nuire à la religion si la manière de vivre de ceux qui jeûnent est en désaccord avec la pureté d’une parfaite abstinence. Ce n’est pas en effet dans la seule abstention de nourriture que réside le tout de notre jeûne et il n’y a aucun profit à soustraire la nourriture au corps si l’âme ne se détourne de l’injustice.

Saint Léon le Grand, sermon 4 sur le carême, leçons des matines, deuxième nocturne, avant 1960.

Les « transferts » d’églises en Ukraine

L’administration régionale de Tchernivtsi (Bucovine) indique que depuis le début de l’année elle a enregistré le « transfert » de 16 paroisses de l’Eglise orthodoxe ukrainienne à l’Eglise du pouvoir.

Ces « transferts » sont validés au vu de demandes théoriquement signées par les paroissiens lors d’une réunion. L’administration reconnaît ouvertement qu’elle ne dispose d’aucun mécanisme de contrôle de la légitimité des soi-disant transferts. Olena Bodnar, chef du département régional de la culture, dit carrément que l’administration ne vérifie pas si la réunion a réellement eu lieu ni quelles décisions ont été prises.

Il serait intéressant de savoir combien d’églises ont été réellement prises par les sbires du pouvoir à la faveur des faux « transferts », et combien de celles-là sont désormais vides et fermées. La cathédrale de Tchernivtsi quant à elle est toujours aux mains des orthodoxes (qui la gardent jour et nuit) bien que l’administration ait validé le « transfert ».

Rendre cette région à la Roumanie réglerait le problème…

Affreux réactionnaire

« Doge Designer » (le créateur graphique du Département de l’efficacité gouvernementale, du Dogecoin, de X, etc.) a publié ceci ce matin :

« Être une maman est un vrai travail qui mérite le plus grand respect. » – Elon Musk.
Joyeuse Journée internationale de la femme.

Elon Musk (c’est lui et sa maman sur la photo) l’a retwitté en commentant : « Absolument. »

L’opinion de Douguine

Alexandre Douguine publie un livre en anglais intitulé “La révolution Trump”. En voici la présentation.

Le retour au pouvoir de Donald Trump n’est pas seulement un événement politique. Il s’agit d’un changement géopolitique aux proportions historiques. Dans La révolution Trump, Alexandre Douguine dissèque la montée du trumpisme 2.0 et son rôle dans le démantèlement de l’ordre libéral-mondialiste, le remplaçant par une nouvelle réalité : l’ordre des grandes puissances. Il ne s’agit pas de la multipolarité coopérative envisagée par la Russie et la Chine, mais d’un monde plus dur et pragmatique dans lequel seules les civilisations fortes et véritablement souveraines peuvent s’affirmer.

L’Amérique de Trump n’est plus le garant du mondialisme, mais un empire traditionaliste en devenir, qui donne la priorité à sa propre force tout en reconnaissant la légitimité des autres grandes puissances. Cette transformation se répercute au-delà de l’Amérique, donnant un nouvel élan à l’opposition patriotique européenne. Alors que les forces trumpistes défient l’élite retranchée de Washington, les conservateurs européens se rassemblent sous la bannière MEGA (Make Europe Great Again), repoussant l’establishment de gauche qui a détruit leurs nations.

Douguine retrace comment le trumpisme, la technologie et la realpolitik convergent pour forger ce nouveau monde. Des batailles idéologiques en Amérique à l’effondrement de l’ancien ordre atlantiste, The Trump Revolution est le guide définitif des batailles à venir et du grand réalignement qui façonnera le XXIe siècle.