La sidération est complète ?

Hier, Sophie Primas, la porte-parole du gouvernement, a déclaré que la préparation du budget 2026 « est un cauchemar », et que pour tenter de réduire le déficit « chacun sera mis à contribution ».

Le soir même, Macron annonce qu’il va envoyer encore 2 milliards dans le trou ukrainien.

Personne ne paraît voir la contradiction. Ubu règne sans partage.

La persécution religieuse en Estonie

Le 24 mars, le tribunal du comté de Tartu a validé le nouveau nom de l’Eglise orthodoxe estonienne du patriarcat de Moscou. Pour éviter la persécution russophobe, dans un premier temps elle avait décidé de s’appeler simplement Eglise orthodoxe estonienne. Mais cela fut refusé parce qu’il y a déjà une « Eglise orthodoxe estonienne », la petite Eglise du pouvoir fabriquée avec le patriarcat de Constantinople. Alors elle a proposé « Église chrétienne orthodoxe estonienne ». Mais ce fut refusé parce que cette appellation inclut de manière inapproprié tous les chrétiens orthodoxes d’Estonie… L’Eglise a fait appel, et le tribunal vient donc de décider que la nouvelle appellation est conforme à la loi et reflète correctement son but et son domaine d’activité.

On aurait pu penser que l’affaire était close. Mais hier le Parlement estonien a voté en deuxième lecture la loi qui vise à interdire cette Eglise… Après la troisième lecture l’Eglise sera interdite, quel que soit son nom.

Suite au jugement, le naïf évêque orthodoxe de Tartu déclarait : « Au cours de l’année écoulée, nous avons dû faire face à une attitude hostile en raison de nos liens canoniques avec le Patriarcat de Moscou, associé à l’ancienne dénomination de notre Église. Le nouveau nom et les nouveaux statuts reflètent l’indépendance de l’Église sous tous ses aspects. »

La situation est exactement la même qu’en Ukraine. L’Eglise peut changer de nom et inscrire son indépendance dans ses statuts, la russophobie d’Etat s’en moque. L’Eglise doit être interdite parce qu’elle est d’essence « moscovite », quelles que soient les protestations de ses responsables et de ses fidèles… dont la plupart sont des russophones honnis…

Le Vatican dit oui au « changement de sexe » par mutilation

Le chef de ce qui fut la Congrégation pour la doctrine de la foi, le dénommé Victor Fernandez, une des âmes damnées de François, vient de pondre une note de prétendue clarification du texte ambigu (comme d’habitude) Dignitas infinita. Et comme d’habitude la note « clarifie » dans le sens de la pensée unique de la culture de mort, et comme d’habitude se focalise sur une exception pour faire passer ce qui deviendra rapidement la norme, à savoir la reconnaissance pleine et entière de la charcuterie de genre, après avoir reconnu et béni les couples LGBT :

« Les interventions sur les organes génitaux sont licites à condition que la dysphorie soit grave et comporte des risques sérieux pour la personne. »

✝︎ Joseph Fahmé ✝︎

Le Père Joseph Fahmé, de son nom de basilien Maximos, allait avoir 101 ans le 4 avril prochain.

Il était un des grands spécialistes du chant byzantin grec et arabe, et (dernier ?) représentant de la tradition d’Alep. Je l’ai entendu chanter et diriger le chœur de Saint-Julien-le-Pauvre pendant près de 30 ans. Mais il y était depuis longtemps, et il y fut encore longtemps après. Je l’ai revu à l’Ascension 2018. Il avait 94 ans. Il avait célébré la divine liturgie comme s’il avait 20 ans de moins, comme d’habitude.

Un jour je l’avais croisé dans la rue, il revenait d’un enterrement, et il s’exclame tout à trac : « Mais vous n’avez plus de tout de liturgie ! » Ben oui… C’est même pour cela que j’allais à Saint-Julien le Pauvre. J’étais quand même un peu vexé de ce « vous » alors que j’étais un fidèle de cette église depuis 20 ans…

Il nous reste quelques enregistrements de son art, mais trop peu.

Que celui qui est ressuscité des morts, le Christ notre vrai Dieu, par les prières de sa Mère toute-pure, des saints, glorieux et illustres Apôtres, de nos Pères saints et théophores et de tous les saints, place dans les demeures des justes l’âme de son serviteur défunt Joseph ; qu’il la fasse reposer dans le sein d’Abraham, l’ajoute au nombre des justes et nous prenne en pitié, lui qui est bon et qui aime les hommes. Que sa mémoire soit éternelle !

Jeudi de la troisième semaine de carême

La liturgie de ce jour est centrée sur la guérison du corps et le salut de l’âme, la première étant image et signe du second.

La station, c’est-à-dire l’église de Rome où le pape célébrait la messe, était celle des saints Côme et Damien : les médecins anargyres, qui soignaient « sans argent », et guérissaient souvent miraculeusement. Au nom du Seigneur. Salus populi… « Je suis le salut du peuple, dit le Seigneur. » Ainsi chante l’introït. « Ceci est mon corps livré pour vous », dira Jésus le Jeudi Saint, dans trois semaines.

La liturgie insiste sur la guérison au point que les trois oraisons de la messe évoquent les saints Côme et Damien, dont c’est la « solennité », dit même la collecte. L’évangile insiste quant à lui sur les guérisons miraculeuses du Christ. Dans les sept versets de saint Luc, Jésus guérit la belle-mère de Pierre, puis une quantité indéfinie de malades. « Et lui, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait. »

Mais la guérison de la belle-mère de Pierre est atypique : il n’y a pas de geste. Il n’y a pas de mention de la foi de la patiente. Simplement, Jésus est debout au-dessus d’elle, et il « commande » à la fièvre, et la fièvre la quitte. Le verbe grec traduit en latin par « impero » est épitimao. C’est un commandement qui a une valeur de menace, d’admonestation, de rabrouement. C’est le verbe qui vient d’être employé pour dire que Jésus commande au démon de sortir d’un homme, c’est celui qui va être employé juste après pour dire que Jésus ne permet pas aux démons de parler quand il guérit tout le monde en imposant la main, c’est celui qui va être employé ensuite pour dire que Jésus commande à la mer pour que cesse la tempête :il admoneste la mer comme il admoneste la fièvre et les démons.

Au début de cet évangile, Jésus sort de la synagogue. Sept versets plus tard, il explique à la foule qui veut le retenir qu’il doit aller annoncer la bonne nouvelle (evangelizare) dans les autres villes. « Et il prêchait dans les synagogues de la Galilée. » Tant en latin qu’en grec on insiste sur cet imparfait qui indique une occupation habituelle sur une longue durée, mot à mot : « Il était prêchant ». Dans les synagogues. Or c’est ce qu’on ne voit jamais dans les films qui évoquent la vie de Jésus.