Quand le Louvre encense la Russie

Le Louvre est très fier de présenter sa nouvelle acquisition : une icône ayant appartenu à Nicolas II. Achetée 2,2 millions d’euros à New York.

L’entrée en collection de cette œuvre de provenance impériale est majeure. Mikhaïl Evlampievich Perkhin, maître-orfèvre virtuose de la maison Fabergé, qui l’a réalisée, est l’auteur de presque tous les célèbres œufs de Pâques offerts par Alexandre III à l’impératrice Maria Fédorovna, puis par Nicolas II à son épouse Alexandra et à sa mère, l’impératrice douairière.

Sur le panneau central, l’iconographie est répartie en deux registres. En partie inférieure, les deux « saints choisis » du couple impérial se tiennent debout, saint Nicolas, l’évêque de Myre (IVe siècle), et sainte Alexandra, l’épouse légendaire de l’empereur Dioclétien, convertie au christianisme par saint Georges et exécutée sur l’ordre de son mari à Nicomédie. En partie supérieure, en buste, est figurée sainte Olga, épouse du grand-prince Igor Ier et grand-mère de saint Vladimir Ier, régente de la Rus’ de Kiev à partir de 945 et première dirigeante slave à se convertir au christianisme.

Le Louvre écrit bien Kiev, et non « Kyiv », et ignore l’Ukraine… Olga est à l’origine de l’empire russe. Point final.

Sur le plan pictural, on remarque que l’icône proprement dite est remarquablement traditionnelle (quoique à l’huile, selon le Louvre), alors qu’à l’époque la mode était aux icônes occidentalisées complètement décadentes. Le Louvre nous explique que l’élite avait aussi recours à des iconographes héritiers de la tradition des vieux-croyants de Mstera installés à Saint-Pétersbourg.

D’où un contraste saisissant (et plutôt malvenu à mon goût) entre la peinture et le décor très et trop « art nouveau ».


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