J’ai évoqué mardi le monastère Saint-Nicolas de Gornal, dans l’oblast de Koursk, qui jouxte la frontière ukrainienne, transformé en place forte par 300 soldats de l’armée ukrainienne qui y sont retranchés et doivent y rester aussi longtemps que possible, jusqu’à la mort, pour que Zelensky puisse continuer de dire que son armée occupe une partie du territoire russe…
L’armée russe a commencé hier l’assaut du monastère, en s’en approchant par les bois qui sont à l’est. Le monastère surplombe la rivière qui fait la frontière, et il est un véritable château-fort, avec ses murs de plus d’un mètre et ses caves, même si les deux églises ont été détruites par les bombardements. « Les soldats nous écrivent pour nous demander comment faire », dit le hiéromoine Mélèce. Ce serait bien de sauvegarder le monastère, dit-il, mais ce qui importe d’abord est la vie des soldats.
Le hiéromoine Mélèce, qui est devenu aumônier militaire, est connu dans la région parce que, avec deux autres prêtres, il n’a pas arrêté de se démener, sous les bombes (il a été blessé à la jambe par un éclat d’obus) et pris en chasse par les drones (son alter ego Igor Vasyoukov en a abattu deux au fusil), pour évacuer les habitants, et aussi pour sauver les icônes, les vêtements liturgiques et les instruments du culte dans les églises dévastées par les Ukrainiens. Du moins ce qui reste après le pillage. Une trentaine d’icônes historiques ont été rassemblées à Koursk le 7 avril. Du monastère Saint-Nicolas les fidèles n’ont pu sauver que quelques icônes, dont celle de la Mère de Dieu Souveraine. Le hiéromoine Mélèce sait que les Ukrainiens ont volé les autres grandes icônes, qui sont très lourdes, en les traînant dehors avec des cordes, et qu’elles sont en vente actuellement en Ukraine.
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Le monastère est connu pour son atelier de vêtements liturgiques.






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