Eurovision et collabos

Certes, la Russie est interdite d’Eurovision, pour la raison que l’on sait. Mais l’influence russe peut se cacher là où on ne l’attend pas. Ainsi l’agence de communication ukrainienne Top Lead a-t-elle publié le 13 mai un visuel indiquant pour qui ne pas voter aux demi-finales pour « éviter de soutenir indirectement la Russie ».

Il y a la candidate irlandaise, parce que l’auteur de la chanson est « russe » (ce qui est faux : les auteurs sont norvégiens, avec des noms norvégiens, comme la chanteuse d’ailleurs, dont on ne sait pourquoi elle représente l’Irlande). Il y a le candidat autrichien, parce que « l’artiste reconnaît s’être inspiré d’une femme russe ». Sic. Il y a le candidat arménien, parce qu’il s’est produit en Russie depuis 2022. Il y a la candidate géorgienne, parce qu’elle est favorable au parti au pouvoir, dit « pro-russe » alors qu’il n’a pas de relations diplomatiques avec la Russie. Il y a le rappeur estonien Tommy Cash, parce qu’il « promeut la nostalgie de l’URSS, n’a pas condamné la Russie et sa performance est dirigée par les Russes ».

Renseignement pris, Tommy Cash a bel et bien condamné « l’agression russe ». Mais son père est russe et il parle russe, le péché originel est bien là.

Cela dit, Top Lead a raté un gros poisson. Car le candidat qui fait scandale aujourd’hui chez les Baltes est le groupe letton Tautumeitas : il vient de donner une interview en… russe ! « Il est inacceptable que des interviews en russe soient diffusées sur des médias publics financés par les contribuables, en particulier dans le contexte du concours Eurovision », a déclaré le président du Conseil national des médias de Lettonie.

A propos de la Lettonie, on remarque aussi que le Théâtre russe de Riga a organisé un débat sur le thème : « Est-il éthique de jouer les œuvres de Tchékov et la musique de Tchaïkovski ? ». En coopération avec le programme de recherche de l’Etat letton « Vecteurs de cohésion sociale »… (Plus du tiers des Lettons sont russophones.)


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Une réflexion sur “Eurovision et collabos

  1. Rêvons d’un monde qui bannirait tout quiconque parle anglais ou à un quelconque rapport avec l’anglophonie…

    J’omets délibérément l’hébreu moderne, le néerlandais ou l’allemand (quoique celle-ci 185 millions tout de même, un quart moins que les locuteurs russes qui se situent au niveau des bengali, mais representent seulement la moitié des locuteurs francophones ; ces derniers dépassant les locuteurs portugais) ; pour faire court, les locuteurs allemands sont trop peu nombreux de par le monde, eu égard aux mandarins, hindoustani (hindi et ourdour), arabes et espagnol : ce quarteron dépasse chacun le demi milliard de locuteurs, le madarin, à lui seul, plus du milliard). Viennent le malais, le bengali, le swahili, le japonais, le pendjabi, le farsi, le vietnamien, le marathi (centre du Bharat) ; puis sous les 100 millions, la masse des locuteurs de toutes de chacune des autres langues de par le monde…

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