Saint Bède le Vénérable

Saint Bède écrivant la vie de saint Cuthbert, Durham, fin du XIIe siècle.

« Comme Jésus était à table dans la maison, de nombreux publicains et pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. »

Essayons de comprendre plus profondément l’événement relaté ici. Matthieu n’a pas seulement offert au Seigneur un repas matériel dans sa demeure terrestre, mais, par sa foi et son amour, il lui a bien davantage préparé un festin dans la maison de son cœur, comme en témoigne celui qui a dit : « Je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu’un écoute ma voix et m’ouvre, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi » (Ap 3,20). Oui, le Seigneur se tient à la porte et il frappe lorsqu’il rend notre cœur attentif à sa volonté, soit par la parole de ceux qui enseignent, soit par une inspiration intérieure. Nous ouvrons notre porte à l’appel de sa voix quand nous acceptons librement ses enseignements intérieurs ou extérieurs et quand, ayant compris ce que nous devons faire, nous l’accomplissons. Et il entre pour manger, lui avec nous et nous avec lui, parce qu’il habite dans le cœur de ses amis, par la grâce de son amour, pour les nourrir lui-même sans cesse par la lumière de sa présence. Ainsi ils font monter progressivement leurs désirs, et lui-même se nourrit de leur zèle pour le ciel comme de la plus délicieuse nourriture.

Homélie 21 sur les évangiles.

Le touchant très bref résumé de sa vie par lui-même, en appendice de son Histoire ecclésiastique du peuple anglais.

Tucker Carlson et l’Ukraine

Tucker Carlson continue de dénoncer la persécution de l’Eglise orthodoxe ukrainienne par Zelensky. Samedi, il a publié une interview de Vadim Novinsky. Tucker Carlson pense même au public français, car l’interview est entièrement sous-titrée en français, et même divisée en chapitres avec des titres français.

C’est ici.

Vadim Novinsky est un homme d’affaires ukrainien, milliardaire (en dollars). Il a été député, il a soutenu la candidature de Zelensky, il a dénoncé l’attaque russe, il a dépensé des centaines de millions de hryvnias en aide humanitaire sur le front, et il est aujourd’hui inculpé de haute trahison. En 2020 il a été ordonné protodiacre de l’Eglise orthodoxe ukrainienne par le métropolite Onuphre, primat de l’Eglise, et a servi pour la première fois à la Pentecôte de cette année-là à la laure des Grottes de Kiev. Aujourd’hui il vit évidemment en exil.

Kassovitz : le comble du racisme

Matthieu Kassovitz n’a pas craint de proférer cette énormité dans une émission de télévision de grande écoute :

« Il n’y a plus de Français de souche, ça n’existe plus. »

Face aux innombrables réactions, il a répondu :

« Il y a des Français de souche, ça s’appelle des fins de race. »

Les deux phrases dans leur contexte : ici.

Saint Philippe Néri

On trouve de charmants détails sur Philippe Néri, dans le livre que Jouhandeau a consacré à ce saint.

Le plus aimable dans le caractère et dans la vie du fondateur de l’Oratoire, c’est la gaieté qu’il déploya dans toutes les occasions de son existence, qui dura quatre-vingts années. Jamais  » les formes extérieures de la sainteté  » n’ont pris un tour plus séduisant que chez Philippe Néri. Saint Philippe, vêtu comme un clochard, respirant avec des mines de pitre un bouquet de genêts, éclatant de rire au milieu des cérémonies les plus solennelles, tirant la barbe des suisses pontificaux, accablant de brocards les cardinaux et même les papes pour les ramener à la modestie séante à toute créature humaine, est un saint délicieux. Faire de la bouffonnerie une des conséquences de la sainteté est une trouvaille sublime et mystérieuse. C’est la démarche d’un esprit pour qui tout est sur le même plan : le plan divin.

 Saint Philippe se servait du rire comme d’un bouclier, quand la présence de Dieu se faisait trop envahissante. Il combattait Dieu avec les armes mêmes de Dieu. L’extase le guettait à chaque instant. La seule pensée fugitive de Dieu lui communiquait une joie si surhumaine qu’elle abolissait les contraintes de la nature. Au milieu d’un froid glacial, en plein hiver, vêtu de sa seule chemise, il étouffait de chaleur ; on entendait quelquefois son coeur battre à distance (ce coeur, d’ailleurs, avait une telle force qu’il lui défonça deux côtes : on s’en aperçut à l’autopsie) ; ses pieds quittaient la terre et il se mettait à léviter. Rien ne l’embarrassait comme ces manifestations lorsqu’elles se produisaient en public : son humilité en souffrait. Il s’arrachait à Dieu par le rire.

L’épisode de la barbe du suisse se situe le 11 février 1590. Philippe avait soixante-quinze ans ; il se trouvait sur le parvis de l’église de la Vallicella à Rome pour accueillir la procession qui venait lui remettre des reliques de la part du pape. À la vue du cortège des cardinaux, au son des fanfares et des cantiques, Philippe se sent transporté de joie, soulevé par l’Esprit, et sur le point de perdre pied. Que faire ? Il se précipite sur l’un des suisses pontificaux qui font la haie, hallebarde au poing, et lui attrape la barbe à pleines mains ; il le félicite de cette belle barbe, accompagne ses paroles de caresses, de mines et d’éclats de rire. Et Jouhandeau conclut : « »Passé le danger de léviter ouf ! »

Saint Philippe Néri avait reçu le don d’opérer des miracles, et il s’ingéniait à en diminuer le caractère surnaturel. Un jour il prit entre ses mains le visage d’un impotent, qui retrouva de ce fait l’usage de ses jambes. « Tu vois bien que ce n’était rien ! » dit Philippe. Il voulait à tout prix qu’on n’allât pas imaginer que Dieu pût le traiter comme il a coutume de traiter les saints.

 Dans sa vieillesse, Dieu l’habitait si fortement qu’il dut renoncer à célébrer la messe en public : on ne pouvait plus la suivre. Elle durait des heures entières. Rien ne lui échappait du mystère qu’il célébrait. A la déformation du calice, on s’apercevait qu’il en avait mordu le métal.

Jusqu’à son dernier soupir, Philippe fut gai et drôle. La joie chrétienne lui apparaissait comme un défi à la malheureuse condition de l’homme sur la terre. Il soutenait que les deux marques du diable sont la tristesse et le goût pour la logique. Cet homme, dont la sagesse était si grande et les plaisanteries si vives qu’on l’appelait le « Socrate romain », dont le charme a fasciné des foules, qui dirigeait les cardinaux, les papes et les savetiers, qui inspirait une affection passionnée aux chiens et aux chats, qui n’eut jamais une pensée égoïste, mourut vierge et dans un état de pureté presque inimaginable. Aucun homme n’a tant ri que lui ; aucun n’a été pleuré davantage. Il a apporté au monde la révélation que rien ne convient mieux à un saint qu’un certain abandon, et une hilarité de bon aloi, signes caractéristiques de la liberté des Enfants de Dieu.

Jean Dutourd (éditorial du n° 200 de Défense de la langue française, 2001)

Saint Philippe Néri et l’oratorio.

5e dimanche après Pâques

L’antienne du Magnificat, aux vêpres, reprend deux phrases de l’évangile, qui sont mises bout à bout et s’accordent fort bien sans changer le sens. Mais la deuxième a été amputée de « quia ego a Deo exívi ». Ce n’est pas seulement « parce que vous avez cru que je suis sorti de Dieu » que le Père vous aime, mais parce que vous croyez, dans l’absolu de la foi. Comme Marie chantant le Magnificat.

Pétite, et accipiétis, * ut gáudium vestrum sit plenum: ipse enim Pater amat vos, quia vos me amástis, et credidístis, allelúia.

Demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit complète, car le Père Lui-même vous aime, parce que vous, vous m’aimez et vous avez cru, alléluia.

Par le Saint Jude’s Chant Club, à Linwood, un village de l’Ontario.