Fin de la longue notice de l’Année liturgique.
Louange donc à vous, ô Apôtre, et maintenant et toujours ! L’éternité ne saurait épuiser notre reconnaissance à nous, nations. Achevez votre œuvre en chacun de nous pour ces siècles sans fin ; ne permettez pas que, par la défection d’aucun de ceux qu’appelait le Seigneur à compléter son corps mystique, l’Épouse soit privée d’un seul des accroissements sur lesquels elle pouvait compter. Soutenez contre le découragement les prédicateurs de la parole sainte, tous ceux qui, par la plume ou à un titre quelconque, poursuivent votre œuvre de lumière ; multipliez les vaillants apôtres qui reculent sans fin les limites de la région des ténèbres sur notre globe. Vous promîtes autrefois de rester avec nous, de veiller toujours au progrès de la foi dans nos âmes, d’y faire germer sans fin les très pures délices de l’union divine. Tenez votre promesse ; en allant à Jésus, vous n’en laissez pas moins votre parole engagée à tous ceux qui, comme nous, ne purent ici-bas vous connaître. Car c’est à eux que, par l’une de vos Épîtres immortelles, vous laissiez l’assurance de pourvoira « consoler leurs cœurs, les ordonnant dans l’amour, versant en eux dans sa plénitude et ses richesses immenses la connaissance du mystère de Dieu le Père et du Christ Jésus, en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science ».
Dans cette saison du Cycle où règne l’Esprit qui fait les saints, faites comprendre aux chrétiens de bonne volonté que leur seul baptême suffit à les investir de cette vocation sublime, où trop souvent ils ne voient que la part du petit nombre. Puissent-ils pénétrer la grande, et pourtant si simple notion, que vous leur donnez du mystère où réside le principe le plus universel, le plus absolu de toute vie chrétienne : ensevelis avec Jésus sous les eaux, incorporés à lui par le seul fait, comment n’auraient-ils pas tout droit, tout devoir, d’être saints, de prétendre s’unir à Jésus dans sa vie comme ils l’ont fait dans sa mort ? « Vous Êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu », disiez-vous à nos pères. Ce que vous proclamiez pour tous alors sans distinction, répétez-le à tous, ô grand Apôtre ! Docteur des nations, ne laissez pas dévier en elles la lumière, au grand détriment du Seigneur et de l’Épouse.


