Sherlock À-la-messe

Il y a des tradis qui scrutent le moindre geste, la moindre attitude, le moindre mot de Léon XIV qui pourrait montrer qu’il va être plus bienveillant que son prédécesseur.

Malgré la longue liste qu’ils ont déjà faite en ce sens, on ne trouve strictement rien qui puisse le corroborer. Ni corroborer le contraire.

Mais il faut arrêter de fantasmer. Certains sont allés jusqu’à titrer sur le fait que Léon XIV a célébré hier une messe ad orientem.

Mais cela n’a absolument aucune signification. Cette messe a été célébrée dans la petite chapelle des carabiniers de Castel Gondolfo. Où il est tout simplement impossible de faire autrement.

Faut-il rappeler que François a célébré plusieurs fois la messe ad orientem ? Au moins trois fois : sur le tombeau de Jean-Paul II, à Lorette, et à la chapelle Sixtine. Or le persécuteur de la liturgie traditionnelle y était tout spécialement opposé : on se souvient comment il avait méchamment contredit le cardinal Sarah, préfet du dicastère du culte divin, quand celui-ci avait suggéré qu’on retrouve l’orientation traditionnelle…

Alors attendons, calmement.

De la férie

On fait mémoire de la bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel. Les deux pièces propres de la messe sont l’offertoire et la communion.

Le martyrologe dit ensuite :

A Sébaste, en Arménie, saint Athénogène évêque, et dix de ses disciples également martyrs, sous l’empereur Dioclétien.

C’est aussi saint Athénogène que commémore ce jour le calendrier byzantin, et l’on trouve ceci dans les synaxaires orthodoxes.

Monastère de Dečani, Kosovo, 1350.

Alors que la persécution déclenchée par Dioclétien et continuée par Galère faisait rage dans tout l’Empire (vers 305), invitant les enfants à livrer leurs parents et répandant partout le sang et la terreur, le gouverneur Philémaque fit son entrée dans la ville de Sébaste, en Petite Arménie, précédé d’un cortège de prêtres païens et de joueurs de flûtes et de cymbales. Aussitôt installé à son tribunal, un héraut proclama que toute la population devait se présenter pour sacrifier aux dieux de l’empereur. Mais la foule répondit d’une seule voix : « Nous sommes chrétiens, et nous ne sacrifierons pas aux idoles ! » Un grand massacre s’en suivit, présentant à Dieu une cohorte de valeureux martyrs.

Un certain Nicolas rapporta alors au gouverneur que le chorévêque Athénogène, qui demeurait dans un monastère à Pidachtoé, encourageait la population à résister aux édits de l’empereur. Un détachement de soldats fut envoyé au monastère et n’y trouvant pas le saint, ils arrêtèrent ses dix disciples, qu’ils emmenèrent à Sébaste chargés d’entraves. Le gouverneur les fit jeter en prison et ordonna de retrouver leur maître. En revenant au monastère, le lendemain, saint Athénogène chercha partout ses disciples et, avec larmes, il éleva une prière vers Dieu. La biche qui avait été élevée depuis sa naissance au monastère s’approcha alors du saint, lui baisa les pieds et prenant une voix humaine elle lui révéla qu’ils avaient été arrêtés par les soldats et emmenés à Sébaste pour y être martyrisés. Le saint bénit l’animal et s’empressa de se rendre en ville. Parvenu devant le tribunal, il cria au tyran qu’il allait attirer sur lui-même la colère divine pour toutes les épreuves qu’il infligeait aux chrétiens. Aussitôt mis en prison, Athénogène retrouva avec joie ses disciples et les encouragea à persévérer jusqu’au terme du combat, afin de prendre place au festin auquel le Christ les avait conviés.

Le lendemain, ils comparurent devant Philémaque qui leur promit de les livrer à d’horribles supplices, comme les autres chrétiens qui les avaient précédés, s’ils refusaient de sacrifier. Le saint évêque répondit que ces bienheureux martyrs dansaient maintenant avec les anges, et qu’ils n’avaient qu’un désir : les rejoindre. Le gouverneur fit étendre les disciples du saint sur le chevalet et ordonna à ses hommes de leur lacérer les flancs. Comme ils restaient inflexibles et invectivaient le tyran sous la torture, ils furent décapités et gagnèrent ainsi le Paradis.

On fit approcher Athénogène, et Philémaque lui dit : « Où est ton Christ ? Pourquoi n’est-il pas venu délivrer tes compagnons ? » Le saint fut à son tour exposé sur le chevalet et frappé sur les côtes. Sous les coups, il criait : « C’est en toi, Seigneur, que j’ai mis mon espérance. Sauve-moi dans ta miséricorde. » Une voix se fit alors entendre des cieux : « Prends courage, mon élu, et ne crains pas, car Je suis avec toi pour te garder. » Comme les bourreaux restaient paralysés, Philippe, le conseiller du gouverneur, s’écria : « Je t’avais bien dit que c’est un mage. Débarrasse-nous rapidement de lui ! » Philémaque prononça la sentence de mort, mais à la requête du saint, il consentit que l’exécution ait lieu dans son monastère.

Dès que le cortège parvint en vue du monastère, la biche accourut pour se prosterner aux pieds du saint. Athénogène lui dit : « Tu as été privée des frères et bientôt tu le seras de celui qui t’a élevée. Que Dieu accorde à ta progéniture de ne jamais tomber sous les traits des chasseurs, à la condition toutefois que tu offres chaque année un de tes faons, pour être offert en sacrifice le jour de notre mémoire. » Et il la renvoya en paix en la bénissant. Il adressa ensuite une prière à Dieu en faveur de ceux qui célébreront sa mémoire et, après avoir reçu d’en haut la réponse à sa requête, il inclina la nuque sous le glaive pour aller rejoindre ses disciples dans la joie du Banquet céleste.

Le vœu du saint fut exaucé et par la suite, chaque année quand on célébrait sa mémoire, au moment de la lecture de l’évangile à la Liturgie, une biche entrait dans l’église portant un faon qu’elle déposait au pied de l’autel. Les chrétiens immolaient ensuite l’animal et le mangeaient à la gloire de Dieu, et en l’honneur de saint Athénogène.

Bayrou et le lundi de Pâques

Parmi les projets d’économies de Bayrou, la suppression du lundi de Pâques férié :

« Je propose donc que deux jours fériés soient supprimés pour tout le pays. Je cite comme exemple, mais je suis prêt à accepter d’autres idées, le lundi de Pâques, qui n’a aucune signification religieuse, et le 8 mai, dans un mois de mai devenu un véritable gruyère. »

Le lundi de Pâques, qui n’a aucune signification religieuse… C’est un Premier ministre catholique pratiquant qui dit cela…

Il est vrai que Rome dans sa néo-« liturgie » a supprimé le lundi de Pentecôte, qui n’a donc plus « aucune signification religieuse », selon les impies de notre temps, mais Rome n’a pas encore supprimé le lundi de Pâques, qui est le deuxième jour dans l’Octave de Pâques, avec un formulaire liturgique propre.

Ubukraine

Le « métropolite » Oleksandr Drabinko de l’Eglise du pouvoir ukrainien (l’un des deux seuls évêques de l’Eglise orthodoxe à avoir fait défection en 2018) s’oppose aux tentatives de confiscation (par son Eglise) de la laure de Potchaïev, l’un des trois plus grands monastères orthodoxes d’Ukraine. Il remarque que dans la laure supérieure des Grottes de Kiev, qui a été donnée à l’Eglise du pouvoir, il n’y a quasiment plus rien : « Avant, la vie était animée : neuf liturgies étaient célébrées chaque jour, il y avait des pèlerins, on achetait des cierges, on prenait des livrets. Et maintenant, dans la Laure, c’est le silence… » (quand il n’y a pas les animations profanes et profanatrices).

Et il n’y a pas que la Laure : « Dans de nombreuses villes les églises sont vides. Et nous voulons encore reprendre la Laure de Potchaïev ? Tant que les dirigeants de l’Église orthodoxe d’Ukraine et de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou ne s’assiéront pas à la table des négociations, il sera impossible de résoudre la question. »

Le même Drabinko se plaignait il y a quelques jours que dans plusieurs églises de son propre diocèse on commémore le métropolite Onuphre, primat de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, et non Doumenko, le primat de l’Eglise du pouvoir.

La question ne se résoudra pas à la table des négociations, mais par la disparition de l’Eglise du pouvoir en même temps que ce pouvoir…

*

Une commission du ministère de la Culture s’est rendue au monastère féminin de Krasnogorsk, dans la région de Tcherkassy, afin d’inspecter le patrimoine culturel historique des « Grottes de Krasnogorsk ». Mais il n’y a jamais eu de grottes dans ce monastère. Les moniales ont fait faire le tour aux agents, qui n’ont rien trouvé.

Selon le site Dozor (surveillance), « cette mascarade était une provocation des fonctionnaires en vue d’une future expropriation de l’église » du monastère. Récemment, le parquet a exigé que l’administration régionale de Tcherkassy remette à l’Etat quatre églises de l’Eglise orthodoxe ukrainienne.

*

Zelensky fait tourner ses pions. Le Premier ministre Denys Shmyhal va devenir ministre de la Défense, en remplacement de Roustem Oumierov qui va devenir ambassadeur à Washington (sa famille vit déjà en Floride), et Ioulia Svyrydenko va devenir Premier ministre. Elle était vice-Premier ministre et ministre de l’Economie.

La suite du jeu de chaises musicales est à venir. Il semble que le ministre de la Culture, Nikolai Totchitsky, soit viré. Il n’était là que depuis septembre 2024. Il n’a pas réussi à chasser les « popes de Moscou » des divers lieux culturels qu’ils occupent, comme dit la rhétorique officielle, mais il a réussi à choquer même les athées en organisant à la Laure de Kiev un spectacle culinaire et des danses folkloriques, et en créant une commission chargée d’étudier les reliques des saints des Grottes de Kiev.

Zelensky a dit que le remaniement marque le début d’une transformation du pouvoir exécutif, visant à renforcer les atouts de l’Ukraine. Il n’a pas précisé lesquels.

En « proposant » un nouveau Premier ministre à l’approbation du Parlement, Zelensky viole une fois de plus la Constitution ukrainienne, puisque celle-ci stipule que c’est le conseil de la coalition majoritaire au Parlement qui propose un Premier ministre au président. Mais de toute façon, selon la Constitution, Zelensky n’est plus président depuis le 20 avril 2024…

Addendum 17 juillet

Finalement on garde Oumierov à Kiev (on s’est avisé qu’il était le chef de la délégation des négociations avec la Russie), et l’on envoie à Washington Olha Stefanichyna, qui était Vice-Premier ministre chargée de l’intégration européenne et euro-atlantique depuis 2020 et en outre ministre de la Justice depuis l’an dernier…

Le 18e paquet toujours en panne

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont échoué de nouveau à adopter le 18e paquet de sanctions contre la Russie, en raison de l’opposition de la Slovaquie, qui considère n’avoir pas reçu de garanties d’approvisionnement énergétique pour remplacer les sources russes. La Hongrie soutient la Slovaquie.

En rapportant ce nouvel échec, le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto a déclaré que le ministre « d’un grand pays européen » a dit qu’il était nécessaire de renforcer les sanctions, parce que les 17 paquets précédents n’avaient pas fonctionné…