Saint Bonaventure

Par Victor Crivelli, (1440-1502), Venise. Musée Jacquemart André, Paris.

Premier chapitre de son Explication des cérémonies de la Sainte Messe.

« Jésus-Christ, le Pontife des biens futurs, étant venu dans le monde, est entré une fois dans le sanctuaire non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, nous ayant acquis une rédemption éternelle. » Ainsi parle l’Apôtre, en écrivant aux Hébreux, de Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Pontife véritable. Or, la dignité de ce Pontife est telle que nos pontifes et nos prêtres ne font que le représenter dans tout ce qu’ils accomplissent à la messe. Je vais donc vous expliquer en abrégé ce que c’est que la messe, et comment elle nous est, ainsi que le ministre qui la célèbre, une figure de Jésus-Christ, afin de répondre au désir que vous avez d’assister à ses saintes solennités avec un respect plus profond et une dévotion plus grande.

Le prêtre commence d’abord par placer sur sa tête l’amict, qui est destiné, ainsi que son nom l’indique, à lui couvrir les épaules, et est compté au nombre des ornements sacrés. Ensuite il se revêt de l’aube, prend la ceinture, place le manipule sur son bras gauche, passe une longue étole sur son cou, la croise sur sa poitrine et en laisse pendre, en la retenant au moyen de la ceinture, les deux extrémités de chaque côté. Enfin il prend la chasuble et s’avance vers l’autel. Le prêtre qui négligerait de se revêtir de quelqu’un de ces ornements pour la célébration du sacrifice pécherait grièvement.

Mais voyons, en peu de mots, quelle est leur signification.

L’amict qui couvre la tête, représente Jésus-Christ qui est le chef de l’Eglise et qui a caché sa divinité sous le voile de l’humanité.

L’aube blanche et longue nous rappelle la pureté sans tache du Seigneur, dont saint Pierre nous a dit « qu’il fut toujours étranger au péché et que le mensonge ne sortit jamais de sa bouche ». C’est dans le baptême que Jésus-Christ nous a communiqué sa pureté. Car de même que le lin devient blanc sous l’action de l’eau, de même l’Eglise acquiert l’innocence par le baptême.

La ceinture nous désigne la virginité de Jésus-Christ et de sa très-pure Mère. Or, le Sauveur nous a enseigné à marcher sur ses traces quand il nous a dit : « Que vos reins soient ceints, et ayez dans vos mains des lampes allumées. »

Le manipule placé sur le bras gauche nous représente l’humilité du Seigneur durant sa vie mortelle, ou bien encore le combat qu’il eut à soutenir pour la justice. Car il a combattu vaillamment pour elle ; il a vaincu le monde, renversé la puissance du démon, et ainsi le manipule désigne fort bien le bouclier qu’on avait coutume de porter sur le bras gauche, ou même le combat pour la justice. Le Seigneur nous exhorte à combattre à son exemple quand il nous dit : « Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume des cieux leur appartient. »

L’étole, qui se place sur le cou, se croise sur le cœur et pend jusqu’aux pieds, nous marque l’obéissance de Jésus-Christ et la servitude volontaire qu’il embrassa pour nous. Car il s’est fait, pour notre salut, obéissant à son Père jusqu’à la mort de la croix, et c’est ce que nous rappelle cette étole placée sur la poitrine en forme de croix.

Cette croix nous marque encore la Passion de Jésus-Christ, que nous devons avec le prêtre porter en notre cœur et en notre corps par une méditation persévérante et en mortifiant en nous les désirs de la terre. Elle signifie également que le peuple juif, en faisant mourir le Seigneur et en refusant de croire en lui, est passé à la gauche, tandis que les nations, en croyant, sont passées à la droite par la foi. C’est ce qu’avait déjà exprimé Jacob quand, bénissant les fils de Joseph, Manassès et Ephraïm, il croisa ses mains et plaça sa droite sur la tête d’Ephraïm, le plus jeune, et sa gauche sur Manassès, l’aîné, en disant : « Que le Seigneur répande ses bénédictions sur ces enfants. »

La chasuble, dont l’étymologie veut dire une maison, signifie le ciel et la terre que Jésus-Christ remplit de sa majesté, selon cette parole du Prophète : « Je remplis le ciel et la terre. » Elle désigne encore la charité qui doit nous porter à aimer selon Dieu tous nos amis et tous nos ennemis à cause de Dieu, ainsi que le Seigneur nous l’a enseigné par ses paroles et par ses actions. La partie antérieure de la chasuble représente nos amis, et la partie postérieure nos ennemis. Jésus-Christ a dit dans saint Matthieu : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient. »

5e dimanche après la Pentecôte

Le chapitre 5 de saint Matthieu commence par les Béatitudes. Puis Jésus affirme qu’il n’est pas venu abolir la Loi, mais l’accomplir. Et il donne six exemples, dont le premier fait l’objet de l’évangile de ce dimanche. « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne tueras point ; mais qui tuera sera justiciable du tribunal. Et moi, je vous dis : Quiconque se met en colère contre son frère sera justiciable du tribunal… » On est frappé par le fond : les exigences évangéliques dépassent infiniment celles de la Loi. De ce fait on ne fait pas assez attention à la forme.

Une fois dans l’évangile de ce dimanche, mais six fois dans le texte complet, Jésus dit : « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens… Moi je vous dis… » Or c’est Dieu qui a dit aux anciens, sur le Sinaï. Il s’agit des dix commandements. Comme souvent dans l’Ecriture, c’est la voie passive qui est utilisée pour évoquer l’action divine, pour ne pas avoir à prononcer le Nom ineffable. « Il a été dit aux anciens » : Dieu a dit aux anciens. Nul autre que Dieu n’a donné ses commandements aux Hébreux.

Quand Jésus dit : « Moi, je vous dis », il se pose donc ouvertement en autorité divine. Non pas pour contredire la révélation du Sinaï, mais pour l’accomplir. Dans ce « Moi, je vous dis », il y a le « Je Suis celui qui Suis » du Sinaï, qui est le « Je Suis » de Jésus dans l’évangile de saint Jean. Ces parallèles « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens… Moi je vous dis… » sont peut-être la plus claire affirmation de la personne divine du Christ dans les Evangiles.

Le parquet de Paris poursuit Elon Musk…

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pénale visant la plateforme X d’Elon Musk pour des soupçons de manipulation d’algorithmes à des fins d’« ingérence étrangère ». Le « soupçon » porte en fait essentiellement sur une manipulation en faveur de l’AfD… On ne voit pas ce que le parquet de Paris a à voir là-dedans ; à moins qu’il ait désormais une compétence planétaire pour tout ce qui concerne la lutte contre « l’extrême droite » ?

L’enquête, confiée à la gendarmerie nationale, fait suite à deux plaintes déposées en janvier, dont une du député macroniste Éric Bothorel.

Les responsables de cette pitoyable chasse aux sorcières précisent que si Elon Musk n’est pas explicitement nommé, il risquerait une arrestation en France, à l’instar de Pavel Dourov, le PDG de Telegram, arrêté en 2024.

Réaction de Pavel Dourov :

Les bureaucrates français mènent une croisade contre la liberté d’expression et le progrès technologique. Le recours à des enquêtes pénales plutôt qu’à des règles claires pour réglementer les entreprises Internet va effrayer les investisseurs et nuire à la croissance économique du pays pendant des décennies.

La fête de la famille russe

Le saint prince Pierre et la sainte princesse Febronia ont toujours été en Russie les saints patrons du mariage et de la famille, et leur fête, le 8 juillet, largement célébrée avant la révolution bolchevique. Elle est revenue après la chute de l’URSS, et en 2008, à l’instigation de la femme de Medvedev qui était alors président, c’est devenu officiellement le Jour de la famille, de l’amour et de la fidélité, un jour férié. Des défilés officiels, des processions, des kermesses sont organisées un peu partout par les nombreuses organisations de promotion de cette fête.

Cette année la participation a fait un bond : plus de 400.000 personnes selon les premières estimations, soit près du double de l’an dernier. Andrei Kormukhin, président du mouvement Famille, coordinateur des comités d’organisation, déclare :

« Le Défilé familial panrusse a eu lieu dans plus de 150 villes, avec plus de 400.000 participants, de Moscou à Saint-Pétersbourg, de Vladivostok à Kaliningrad, de Sotchi à Mourmansk, dans l’Oural, en Sibérie et dans la grande majorité des régions russes. Dans les régions frontalières, le défilé s’est déroulé dans des écoles, des jardins d’enfants, des centres culturels. Le succès de la Parade familiale a prouvé une vérité importante : pour notre société traditionnelle, la famille est une valeur bien plus importante que celles qui nous ont été imposées pendant de nombreuses années lorsque nous avons emprunté des idées à l’Occident. La Russie renaît, nos familles renaissent. Nous devons tous nous rappeler que chacun d’entre nous est le fruit de l’amour de deux cœurs et que nous n’existerions pas si nos pères et nos mères ne s’étaient pas rencontrés un jour. Aujourd’hui, alors que la Russie entre dans une nouvelle ère, il est temps d’abandonner les valeurs de l’individualisme et de l’épanouissement personnel et de revenir aux valeurs familiales traditionnelles telles que la maternité, l’enfance, les familles nombreuses et les foyers solides. Comme l’a déclaré notre président Vladimir Poutine le 3 juillet, il est temps de remettre la famille au goût du jour. »

Saint Jean Gualbert

Intercéssio nos, quǽsumus, Dómine, beáti Ioánnis Abbátis comméndet : ut, quod nostris méritis non valémus, ejus patrocínio assequámur.

Que l’intercession du bienheureux abbé Jean, nous recommande, s’il vous plaît, auprès de vous, Seigneur, afin que nous obtenions, par son patronage, ce que nous ne pouvons attendre de nos mérites.

On trouvera les diverses notes que j’ai publiées sur le fondateur du monastère de Vallombreuse en tapant son nom dans le cadre qui apparaît ici.

On fait mémoire des saints Nabor et Felix, que j’ai évoqués ici et .

Le martyrologe de ce jour mentionne d’autre part un des nombreux saints évêques de Lyon : Viventiole. Moine de Saint-Claude dans le Jura, il fut évêque de Lyon de 515 à 523 et y présida un concile. Il participa à la création du monastère d’Agaune avec saint Avit de Vienne. Il fut enterré dans l’église Saint-Nizier de Lyon. En 1308 on y découvrit son épitaphe (qui a disparu depuis lors). La 7e ligne était donnée comme illisible et le restera à jamais…

Notre évêque Viventiole, homme puissant par ses mérites, repose dans ce tombeau. Voix de l’éloquence, héraut de la parole, honneur des moines, il a été pour l’Église et les peuples un objet d’admiration. Ne laissant aucun degré des ordres divins sans l’avoir mérité et exercé. Retiré de ce monde (…).

Que ta fête, entre celle des saints, soit à Lyon un jour des plus honorés par un grand concours de fidèles. Les corps sanctifiés de deux frères reposent ici, tous deux évêques, égaux par leurs mérites, cohéritiers du Christ.

Bon pasteur, perle de l’épiscopat, sois propice à nos prières et souviens-toi de nous quand tu seras invoqué,

Le IV des ides de juillet. [12 juillet]

« Deux frères reposent ici, tous deux évêques. » On ne sait pas si le frère de saint Viventiole est saint Rustique, dont l’épitaphe précède la sienne (et dont on ne sait rien d’autre), ou saint Etienne, qui fut son prédécesseur immédiat.