La propagande ukrainienne, aussitôt relayée et amplifiée par la propagande occidentale, ravive l’affaire des enfants ukrainiens soi-disant kidnappés par les Russes, parce qu’elle a trouvé un site du gouvernement de la République de Lougansk qui liste 294 enfants à adopter.
En mode ukrainien, cela donne : le gouvernement illégitime de l’oblast ukrainien de Louhansk occupé par les Russes vend des enfants ukrainiens.
Ces enfants sont des enfants de la République de Lougansk, qui est de facto indépendante de l’Ukraine depuis 2014, et qui fait désormais partie de la Fédération de Russie. Nombre d’entre eux sont orphelins parce que leurs parents ont été tués par l’armée ukrainienne. A Donetsk il y a un mémorial intitulé L’allée des anges, à la mémoire de 66 enfants tués par les bombardements ukrainiens sur le Donbass en 2014. Près de 300 autres enfants ont été tués depuis lors, et d’autres sont devenus orphelins.
En réalité, la liste détaillée des enfants à adopter publiée par le gouvernement de Lougansk est un progrès. Car jusqu’ici il fallait s’adresser à Moscou. Les familles de la République de Lougansk peuvent donc trouver plus facilement un enfant à adopter dans leur région.
Le Figaro, qui participe à fond à l’immonde propagande, ose même publier une vidéo qui se termine par des images d’enfants du Donbass partant en vacances dans des autocars. J’avais signalé ces vidéos de Marioupol en plaisantant qu’une fois de plus des enfants étaient kidnappés par les Russes. Je n’imaginais vraiment pas que des « journalistes » français le diraient sérieusement…

Cette révélation de la liste des enfants de Lougansk survient juste après la nouvelle offensive de la « coalition internationale pour le retour des enfants ukrainiens » : le 5 août, cette organisation coprésidée par l’Ukraine et le Canada a publié une nouvelle déclaration, exigeant de la Russie une « réponse concrète » à la liste de 339 enfants ukrainiens, remise à la délégation russe le 2 juin lors du deuxième cycle de négociations à Istanbul.
Or une réponse a déjà été donnée par la partie russe, le 23 juillet, lors du troisième cycle de négociations : une première recherche a permis de constater que 30% d’entre eux n’ont jamais mis les pieds en Russie, sont majeurs ou ont retrouvé leurs familles. Pour les autres les recherches se poursuivent. Elles sont menées par la commissaire aux droits de l’enfant auprès de la Présidence de la Fédération de Russie, Maria Lvova-Belova, qui est récompensée de son travail par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale conjointement avec Poutine, pour la « déportation » de « milliers d’enfants ».
La partie russe a quant à elle transmis aux Ukrainiens une liste de 20 noms d’enfants russes disparus en Ukraine, et n’a toujours reçu aucune réponse.
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