
Ces deux derniers jours, les soldats russes ont enfoncé toutes les défenses ukrainiennes au nord de Pokrovsk, ont parcouru 20 km (même l’AFP, bizarrement, le reconnaît ce matin) et sont entrés dans un vaste territoire qui n’a aucune fortification : c’est ce qui est hachuré sur la carte ci-dessus.
On voit en haut à droite des hachures les villes de Slaviansk et Kramatorsk. Lorsque les Russes auront pris ces deux villes la République de Donetsk aura pratiquement le contrôle de tout son territoire. (La bataille de Slaviansk avait été l’une des principales batailles de 2014.)
La carte établie hier par « Deep State » (des militants ukrainiens) montrait une progression de 10 km. Elle a doublé depuis lors, d’où la flèche rouge. Le commandement militaire, démenti même par des officiers, prétend qu’il n’en est rien et que « tout est sous contrôle ». Au sud, Pokrovsk est encerclée et sur le point de tomber.

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Le 21 juillet dernier, les journaux ukrainiens signalaient une « explosion », près de Kropyvnytskyi, une ville de plus de 200.000 habitants dans le centre de l’Ukraine. Le New York Times a révélé hier qu’il s’agissait d’une attaque russe sur un camp de mercenaires étrangers, qui avait fait au moins 12 morts et une centaine de blessés. C’est ce que les autorités militaires ukrainiennes ont reconnu suite aux demandes du journal américain, qui publiait le témoignage d’un mercenaire rescapé. Celui-ci raconte qu’il n’y avait pas eu d’alerte aérienne, que le missile a frappé la cantine au moment du repas, qu’il a vu 15 morts et des dizaines de blessés, et qu’il a été stupéfait de voir qu’il n’y avait pas la moindre trousse de premiers secours. Et les hommes continuaient de tomber, frappés par des débris provoqués par les explosions en chaîne de dépôts de carburant.
Les autorités russes n’avaient rien revendiqué, comme c’est leur habitude. Mais des observateurs russes avaient fait savoir qu’une frappe d’Iskander sur un camp d’entraînement avait fait plusieurs dizaines de morts et blessés à Kropyvnytskyi. La presse occidentale n’y avait pas prêté la moindre attention : c’était ou bien de la propagande russe ou bien des fantasmes de militants pro-Kremlin. Mais aujourd’hui c’est le New York Times qui le dit…
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J’ai un scoop pour Le Figaro. Les enfants que le journal montrait comme kidnappés par Poutine et emmenés de force en Russie sont revenus en masse… Ben oui, ces enfants de Marioupol étaient en vacances à Saint-Pétersbourg… (Mais l’oppression russe, dans les ruines de la ville martyre, est bien palpable et fait froid dans le dos.)
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