A Chicago pour les migrants et l’avortement

Le sénateur Dick Durbin recevra le 27 octobre, des mains du cardinal Blase J. Cupich, archevêque de Chicago, le prix du « Bureau du Ministère de l’Immigration pour la Dignité humaine et la Solidarité » pour « l’ensemble de sa carrière pour le soutien des immigrants ».

On ne doute pas que le sénateur Durbin soutienne les « immigrants » et mérite une médaille pour cela. Mais le sénateur Durbin est surtout connu comme militant de la culture de mort.

Il a même voté contre la proposition de loi interdisant ce qu’ils osent appeler « l’avortement par naissance partielle », à savoir le découpage du fœtus dans le ventre de la mère pendant les derniers mois de grossesse. Il a voté aussi contre le texte sur la protection des enfants à naître « capables de ressentir la douleur », qui visait à interdire les avortements après 20 semaines, et contre la loi sur la protection des survivants de l’avortement nés vivants, qui aurait rendu obligatoire la prise en charge médicale des nourrissons nés vivants à la suite d’un avortement raté. Et il a voté la loi « sur la protection de la santé des femmes », qui reprenait l’arrêt Roe v. Wade, alors que la Cour suprême l’avait jugé inconstitutionnel.

Et alors qu’il se prétend catholique il avait harcelé Amy Coney Barrett, candidate à la Cour suprême, l’accusant de se faire plus catholique que les catholiques et lui demandant si elle portait un chapelet…

L’année suivante il avait été interdit de communion par son évêque Mgr Paprocki.

La cérémonie de remise du prix au sénateur Durbin aura lieu au Collège Saint-Ignace. L’entrée est de 100 ou 250 $. (80% de la recette ira au « ministère pour l’Immigration », 20% à la « pastorale nationale des migrants ».)

La messe interdite à Monterey

La méchanceté et la mesquinerie des évêques peut être sans limite, et celle de Mgr Daniel Garcia est littéralement incroyable. C’est pourquoi je reproduis ci-dessous la photo de son ahurissante « Notification » par laquelle il interdit la messe traditionnelle à Hollister : c’était la seule et unique messe traditionnelle dans le diocèse. La dernière messe sera célébrée le 13 octobre.

En soi ce n’est pas original. Ce qui l’est est que la « Notification » est datée du 14 septembre, et que Mgr Daniel Garcia a été installé évêque d’Austin au Texas quatre jours après : le 18 septembre.

C’est donc un cadeau d’adieu, in extremis, qu’a fait Mgr Garcia à ce qui est désormais son ancien diocèse.

A Austin il n’aura pas à interdire la messe traditionnelle, c’est déjà fait depuis mars dernier.

En tout cas les catholiques du très grand diocèse d’Austin savent à quoi s’en tenir.

(Pour info, il y a une douzaine d’églises orthodoxes à Austin avec une divine liturgie traditionnelle… Ce n’est pas un hasard si les paroisses orthodoxes se développent, comme celle de Raleigh, en Caroline du Nord, qui vient d’annoncer qu’elle accueille 50 nouveaux catéchumènes, ce qui fait un total de 164 depuis juin, malgré les baptêmes qui ont eu lieu entre temps.)

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Saint Thomas de Villeneuve

Murillo, vers 1678, Musée de Séville.

Fils de meuniers castillans, on l’envoya étudier à l’université d’Alcala, où il fut nommé professeur dès qu’il eut terminé ses études. Puis il devient professeur à l’université de Salamanque. Mais bientôt il se fit ermite de saint Augustin, et il devint provincial de l’ordre.

Charles Quint, qui lui avait donné le titre de chapelain royal, voulut le faire archevêque de Grenade, mais il refusa. Il fut ensuite contraint d’accepter l’archevêché de Valence. Il quitta sa cellule en pleurant et se rendit dans la ville à pied. Au moment de son arrivée, la pluie tomba en abondance après une longue période de sécheresse. Ses chanoines lui offrirent quatre mille ducats pour son ameublement. Il les fit distribuer aux pauvres.

Surnommé “l’aumônier” en raison de ses œuvres de charité (et béatifié par Paul V sous le nom de “bienheureux Thomas l’Aumônier”), il dépensait ainsi tous ses revenus, au point qu’il mourut sur un lit que lui prêta celui à qui il l’avait donné. Convoqué au Concile de Trente, il ne put s’y rendre à cause de sa santé ; mais il invita les évêques de sa province à se réunir auprès de lui et leur remit ses travaux après en avoir discuté avec eux. Par ses écrits ascétiques et mystiques, il est l’un des grands représentants de l’Ecole spirituelle espagnole du XVIe siècle. Il nous reste de nombreux sermons de lui. Deux extraits ici et .

Il a été canonisé par le pape Alexandre VII, le 1er novembre 1658. À cette occasion l’église paroissiale de Castel Gandolfo a été restaurée et lui a été dédiée.

15e dimanche après la Pentecôte

Le « maître de la Passion de Darmstadt », vers 1445.

La péricope évangélique de ce dimanche est véritablement unique.

La scène se passe à Naïm. C’est la seule fois, dans toute la Bible, que cette ville est mentionnée.

Jésus ressuscite le fils unique d’une veuve. Saint Luc est le seul évangéliste à raconter cet épisode.

Il est aussi le seul à appeler Jésus « le Seigneur » (avec l’article défini, en grec : ho Kyrios) avant la Résurrection, et c’est donc ici la première fois : à propos d’une résurrection. Jusque-là, quand saint Luc disait « le Seigneur », il parlait de Dieu. Jésus qui ressuscite un mort est donc Dieu, et annonce sa propre résurrection.

Et c’est la seule fois que Jésus accomplit un miracle sans qu’on le lui demande et sans que quiconque en tire une leçon.

Ce pur geste de compassion renvoie à la résurrection d’un enfant par Elie.  Les deux épisodes se terminent exactement par la même phrase : « Et il le donna à sa mère. »

C’est pourquoi les témoins disent : « Un grand prophète s’est levé parmi nous. » Et ils sont « saisis de crainte ». Car ce grand prophète est « le Seigneur », Dieu lui-même, qui a « visité son peuple », comme disent également les témoins, avec les mots de Zacharie dans le Benedictus

Au monastère de Pühtitsa

Le monastère de Pühtitsa est un monastère féminin en Estonie, le seul monastère orthodoxe du pays, en pleine campagne, non loin de la frontière russe. Il compte aujourd’hui 96 moniales, et il est très menacé par la loi d’interdiction de l’Eglise orthodoxe, parce qu’il dépend directement du patriarche de Moscou, et qu’il est donc spécialement accusé de répandre la propagande de Poutine, alors que les moniales ne disent jamais un mot de politique (d’autant que la seule qui s’exprime est l’abbesse). Il est donc mis au ban de la société et risque de disparaître sous les coups de la persécution estonienne, alors que même les bolcheviques ne l’avaient pas fermé.

Le monastère met souvent en ligne sa très belle liturgie. Voici celle de ce matin. La divine liturgie proprement dite commence à 1h32.

1h48 : le trisagion.

2h11 : hymne des chérubins

2h25’55 : Sanctus

2h30 : un très joli mégalynaire (hymne à la Mère de Dieu après la consécration).

On a l’impression qu’il n’y a personne, mais les moniales ne se montrent pas. Il y a quelques fidèles, comme on le voit dès le début de la divine liturgie à partir de 1h50 : ils vont se confesser dans le coin en bas à gauche. Et il y a une douzaine de personnes qui vont communier.