La persécution en Ukraine

Quelque 14 journalistes orthodoxes sont sous le coup de poursuites du SBU. Quatre d’entre eux viennent d’être inculpés. Ils sont accusés « d’avoir créé et dirigé une organisation criminelle, d’avoir violé l’égalité des citoyens sur la base de leurs croyances religieuses, de trahison envers l’État et d’avoir justifié l’agression armée de la Russie ». Il s’agit du directeur, du rédacteur en chef, de l’organisateur et d’un journaliste de la chaîne « Premier Cosaque ».

Les dix autres sont des journalistes de l’Union des journalistes orthodoxes ukrainiens. Les deux organes sont accusés de « diffuser la rhétorique pro-russe de l’Église orthodoxe ukrainienne » et de « critiquer les dirigeants militaires et politiques de l’Ukraine ».

Six journalistes de cette Union sont déjà en prison depuis mars 2024.

Leur seul crime est en fait de donner des informations fiables au jour le jour sur la persécution de l’Eglise orthodoxe ukrainienne.

Les deux médias ont vu leur hébergement bloqué en Ukraine par le Service national des communications spéciales et de la protection de l’information. Le ministère ukrainien de la Transformation numérique cherche également à les interdire au niveau international sur les réseaux sociaux, notamment YouTube et Telegram.

L’Eglise LGBT

Léon XIV a annoncé officiellement, en inaugurant le village Laudato Si’ de Castel Gandolfo, le 5 septembre, que le restaurant du village sera une succursale du groupe Phil Stefani de Chicago, comme prévu par François.

Le chef sera Art Smith, cuisinier de diverses stars américaines.

Art Smith était un des invités de Léon XIV le 18 mai au Vatican. En publiant la photo ci-dessus, il écrivait : « J’ai eu l’incroyable honneur d’assister à l’investiture du Pape Léon XIV au Vatican – une expérience vraiment inoubliable. »

Art Smith est un militant LGBT de longue date. Il est « marié » à Jesus Salgueiro qui se présente ainsi sur sa page Instagram : « Artiste aimant la vie et remerciant Dieu pour toutes ses bénédictions. » Jesus Salgueiro était avec son « mari » le 18 mai au Vatican, et il a écrit : « Bénédiction du Pape Léon, quel honneur d’être au premier rang pour son couronnement. »

« Nous avons été le premier couple de même sexe de l’histoire du diocèse de Chicago à faire baptiser nos enfants à la cathédrale, dit Art Smith. Le pape François, Sa Sainteté, a envoyé une bénédiction manuscrite personnelle à chaque enfant lors de leur baptême. » Ils ont été baptisés par le recteur de la cathédrale, Mgr Dan Mayall.

Art Smith et Jesus Salgueiro ont été intronisés au Chicago LGBT Hall of Fame (Panthéon LGBT de Chicago) en 2006. On peut y lire ceci :

« Tout au long de sa carrière, Smith a participé et contribué à de nombreuses collectes de fonds pour des organisations caritatives, au sein et en dehors des communautés LGBT, notamment le concours culinaire de célébrités sponsorisé par Gender PAC au profit du Center on Halsted. »

[GenderPAC est une organisation de défense des droits LGBT basée à Washington ; le Center on Halsted est le centre communautaire LGBT de Chicago.]

« Salgueiro crée des rendus éblouissants de plaques d’égout provenant de villes du monde entier ; il considère son art comme “une expression d’amour”. »

« Les deux hommes voyagent ensemble pour enseigner la cuisine et l’art à des enfants du monde entier, partageant leur amour et leurs talents dans des endroits aussi divers que l’Afrique du Sud, la Croatie et Los Angeles. »

Art Smith raconte :

« Mon mari, Jesus Salgueiro, et moi-même ne sommes pas étrangers à l’égalité. Nous avons accueilli Equality Illinois, nous nous sommes attaqués à Chick-fil-A, et lorsque Barilla s’est montré méchant, je l’ai dénoncé publiquement et j’ai déclaré que je ne servirais pas de pâtes Barilla dans mes restaurants. En 2013, j’ai commencé à organiser le Big Gay Ice Cream Social au South Beach Wine & Food Festival… C’était le tout premier événement LGBT de leur histoire. Et lorsque Equality a commencé à se développer, j’ai organisé 101 mariages gays, une cérémonie de mariage collective pour les couples LGBT. »

Voilà qui ouvre des perspectives pour les animations du restaurant du village écolo de Castel Gandolfo.

*

Le P. James Martin S.J., qui a oublié d’être idiot, souligne que la réponse de Léon XIV sur la question LGBT n’est pas du tout que la doctrine de l’Eglise ne peut pas changer, mais qu’avant de penser à changer la doctrine il faut changer les attitudes :

« Le Saint-Père a 100% raison quand il dit qu’avant quoi que ce soit d’autre il faut changer les attitudes ».

De fait, le pape a dit :

« Les gens veulent que la doctrine de l’Église change, veulent que les attitudes changent. Je pense que nous devons changer les attitudes avant même d’envisager de changer ce que dit l’Église sur une question donnée. (…) Je trouve très improbable, en tout cas dans un avenir proche, que la doctrine de l’Église en matière de sexualité et de mariage change. »

Au sujet de l’ordination des femmes au diaconat :

« Pour l’instant, je n’ai pas l’intention de changer l’enseignement de l’Église sur ce sujet. »

C’était la pensée de François : on lance des processus, et on verra ce qui se passera. Les processus sont muris et développés par la synodalité (que Léon XIV vient précisément de louanger). Il n’y a plus de doctrine catholique immuable. Tout peut changer, il suffit de travailler à ce qu’émerge un consensus.

Le pipotron synodal

Il fonctionne à plein rendement, comme ne témoigne ce qu’a dit hier Léon XIV à l’assemblée du diocèse de Rome. Extraits selon Vatican News :

À la suite de son prédécesseur le Pape François, Léon XIV a indiqué que «c’est maintenant à nous de nous mettre au travail» pour que l’Église de Rome «devienne un laboratoire de synodalité», «capable – avec la grâce de Dieu – de réaliser des faits évangéliques».

“Une Église synodale en mission doit se doter d’un style qui valorise les dons de chacun et qui conçoive la fonction de guide comme un exercice pacificateur et harmonieux, afin que, dans la communion suscitée par l’Esprit, le dialogue et la relation nous aident à vaincre les nombreuses poussées à l’opposition ou à l’isolement défensif.”

Dans un monde de plus en plus «complexe», «nous avons besoin de réfléchir et de planifier ensemble, en sortant des limites préétablies et en expérimentant des initiatives pastorales communes», a-t-il encore ajouté, tout en exhortant par ailleurs à faire de ces «organismes de véritables espaces de vie communautaire où exercer la communion, des lieux de confrontation où mettre en œuvre le discernement communautaire et la coresponsabilité baptismale et pastorale».

Il est urgent, a-t-il recommandé, de mettre en place «une pastorale solidaire, empathique, discrète, sans jugement, qui sache accueillir tout le monde, et de proposer des parcours aussi personnalisés que possible, adaptés aux différentes situations de vie des destinataires».

«Nous vivons une urgence formative et nous ne devons pas nous bercer d’illusions en pensant qu’il suffit de poursuivre quelques activités traditionnelles pour maintenir en vie nos communautés chrétiennes»

Etc.

De la Sainte Vierge le samedi

Cum in sua æstimatióne tam húmilis esset María, nihilóminus et in promissiónis credulitáte magnánimis,ut quæ nihil áliud quam exíguam sese reputábat ancíllam, ad incomprehensíbile hoc mystérium nullátenus se dubitáret eléctam, et veram Dei et hóminis Genetrícem créderet mox futúram. Agit hoc nimírum in córdibus electórum grátiæ prærogatíva divínæ, ut eos nec humílitas pusillánimes fáciat, nec magnanímitas arrogántes: magis autem cooperéntur sibi, ut non solum nulla ex magnanimitáte subíntret elátio, sed hinc máxime provehátur humílitas: ut inveniántur eo ámplius timoráti, et largitóri múnerum non ingráti, ac vicíssim ex occasióne humilitátis pusillanímitas nulla subrépat; sed quo minus de sua quisque vel in mínimis præsúmere consuévit, eo ámplius étiam in magnis quibúsque de divína virtúte confídat.

Marie, si humble soit-elle dans sa propre estime, est néanmoins magnanime dans sa foi en la promesse, elle ne se tient pour rien d’autre qu’une petite servante, mais elle ne doute nullement qu’elle soit choisie pour ce mystère incompréhensible, et elle croit qu’elle sera bientôt la véritable mère de l’Homme-Dieu. C’est en effet ainsi qu’agit, dans les cœurs des élus, le privilège de la grâce divine : l’humilité ne les rend pas peureux, ni la grandeur arrogants. Bien plus, ces vertus travaillent de concert, non seulement pour écarter tout élèvement dans la grandeur, mais surtout pour y promouvoir l’humilité. Ainsi, par là, les élus se trouvent à la fois plus remplis de crainte et de reconnaissance envers le donateur des grâces, et, d’autre part, aucune pusillanimité ne s’insinue en eux sous prétexte d’humilité. Que l’on se confie donc d’autant plus en la force divine dans les grandes choses, que l’on a moins l’habitude de présumer de soi, même dans les petites.

Saint Bernard, sermon pour le dimanche dans l’octave de l’Assomption, leçon des matines.

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Le 20 septembre dans l’Eglise orthodoxe russe c’est la fête de l’icône Arapetskaya ou Araviyskaya de la Mère de Dieu, à savoir « arabe », ou « d’Arabie », mais personne ne connaît l’origine de ce nom, ni d’ailleurs l’origine de l’icône. Habituellement on connaît la date de « l’apparition miraculeuse » de l’icône, ici ce n’est pas le cas. Les plus anciennes que nous ayons sont du XVIIe siècle. Elle est souvent nommée « Vsepetaya Mati », Mère digne de toute louange, louée par tous et partout (en grec Ὦ πανύμνητε Μῆτερ), début du 13e kondakion de l’Acathiste, qui est inscrit sur la manche de la Mère de Dieu. Et sur la bordure de son maphorion est inscrit le début de l’Acathiste : « A Toi, l’invincible Stratège, notre Souveraine, O Mère de Dieu… »

L’icône est caractérisée par le maphorion « en nuages » (mais ce n’est pas toujours le cas), et par le fait que les trois étoiles sont remplacées par des médaillons portant des visages d’anges. Il arrive assez souvent que la Mère de Dieu soit couronnée.

Verboten !

Le 12 septembre, la mission diplomatique russe en Estonie a publié sur son site qu’entre le 15 septembre et le 15 janvier prochain elle prendra les inscriptions pour un enseignement gratuit dans les universités russes pour l’année académique 2026-2027.

Le ministère des Affaires étrangères d’Estonie vient de fulminer une note à destination de l’ambassade de Russie à Tallinn, rappelant que l’Estonie « a mis en place une mesure interdisant aux jeunes Estoniens de participer à des événements organisés en Russie ou en Biélorussie et associés aux autorités de ces États », ainsi qu’une interdiction de « faciliter délibérément une telle participation ».

Les jeunes russophones de Narva (et ils sont tous russophones) ne peuvent donc pas bénéficier de cette offre, alors que les prestigieuses universités de Saint-Pétersbourg sont nettement plus proches que Tallinn…