De la Sainte Vierge le samedi

Sacraméntum reconciliatiónis nostræ, ante témpora ætérna dispósitum, nullæ implébant figúræ; quia nondum supervénerat Spíritus Sanctus in Vírginem, nec virtus Altíssimi obumbráverat ei, ut, et intra intemeráta víscera, ædificánte sibi Sapiéntia domum, Verbum caro fíeret, et, forma Dei ac forma servi in unam conveniénte persónam, Creátor témporum nascerétur in témpore, et, per quem facta sunt ómnia, ipse inter ómnia gignerétur. Nisi enim novus homo, factus in similitúdinem carnis peccáti, nostram suscíperet vetustátem, et, consubstantiális Patri, consubstantiális esse dignarétur et matri, naturámque sibi nostram solus a peccáto liber uníret: sub iugo diáboli generáliter tenerétur humána captívitas.

Aucune figure n’accomplissait le mystère de notre réconciliation, décidé de toute éternité, car l’Esprit n’était pas encore venu sur la Vierge et la puissance du Très-Haut ne l’avait pas prise encore sous son ombre. Alors, la Sagesse se construisit une demeure : le Verbe se fit chair en un sein virginal ; unissant en une seule personne la condition de Dieu et celle d’esclave, le Créateur des temps naquit dans le temps, et celui-là même par qui tout avait été fait prit naissance au sein de l’univers. En effet, si l’homme nouveau, créé dans une chair semblable à celle du péché, n’assumait notre vétusté, si, lui, consubstantiel au Père, ne daignait devenir aussi consubstantiel à sa mère, et s’il ne s’unissait notre nature, lui qui seul est exempt du péché, toute l’humanité était retenue captive sous le joug du diable.

Saint Léon le Grand, lettre à l’impératrice Pulchérie.

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En Russie c’est la fête de l’icône de la Mère de Dieu Petrovskaïa, à savoir de saint Pierre métropolite de Moscou. L’original fut peint vers 1300 par Pierre alors qu’il était abbé d’un monastère dans sa région natale de Volhynie (nord-ouest de l’Ukraine), connu à la fois pour ses talents d’iconographe et sa piété. Lors d’une visite de saint Maxime métropolite de Kiev et de toute la Russie, Pierre lui offrit cette icône. Maxime l’emporta à Vladimir où se trouvait alors son siège en raison des ravages de Tatars à Kiev. Après la mort de Maxime, l’abbé Gerontius, qui voulait être métropolite, emporta l’icône à Constantinople pour se faire adouber par le patriarche Athanase. Mais pendant le voyage, une terrible tempête se leva. La Mère de Dieu lui apparut et lui dit : « Ce n’est pas à toi que reviendra cette sainte dignité, mais à celui qui a peint mon image. ». Lorsqu’il se présenta devant le patriarche avec l’icône, Pierre était déjà à Constantinople. Le patriarche remit l’icône à Pierre en disant : « Reçois l’image sacrée de la Mère de Dieu que tu as peinte de tes propres mains, car c’est pour cela que la Reine elle-même t’a fait ce don, en te prédisant ton destin. » Pierre rapporta l’icône à Vladimir. C’est lui qui en 1325 transféra le siège métropolitain à Moscou, et il plaça l’icône dans la cathédrale de l’Assomption du Kremlin.

C’est l’une des trois icônes que le patriarche Job emporta lorsqu’il alla demander à Boris Godounov d’accepter le trône (1598). Et elle fut apportée à Kostroma lorsqu’on alla y chercher Michel Romanov (1613).

Copie du XIVe siècle, galerie Tretiakov.

Un curieux spécimen

Dans la série les dérangés, voici un beau spécimen : l’archevêque Sviatoslav (dit Svitaslau) Loguine.

L’homme est le chef de l’« Eglise autocéphale biélorusse ». Invité l’autre jour à la télévision ukrainienne, il a raconté qu’il y a un an et demi il a rencontré le patriarche de Constantinople pour discuter de la reconnaissance de l’autocéphalie de son Eglise : « Le patriarche nous a accueillis chaleureusement. Lorsque la question de la future autocéphalie a été soulevée, il a demandé d’attendre, mais de se préparer à une reconnaissance future. »

Il a précisé que la juridiction de l’Église orthodoxe autocéphale biélorussie devra être exclusive sur le territoire de la Biélorussie.

Maintenant, deux choses à savoir :

1. La soi-disant Eglise autocéphale biélorusse n’existe qu’aux Etats-Unis (3 paroisses), au Canada (1), en Australie (3), au Royaume-Uni (1)… Elle a huit prêtres et n’est reconnue par aucune Eglise orthodoxe.

2. Sviatoslav Loguine est né en Ukraine et a été élevé en Ukraine…

Indécent

Le héros du monde libre, le sauveur de l’Occident, ancien acteur russe, ancien comique ukrainien, ancien président de l’Ukraine, actuel génocideur de son peuple, en route vers l’Elysée pour voir son soutien Macron soutenu par 15% des Français : 23 véhicules, 10 motards…

Fumée sacrée

Léon XIV a inauguré aujourd’hui le Village Laudato Si’, conçu par François, « articulé autour de trois principaux axes : l’éducation à l’écologie intégrale, l’économie circulaire, et la durabilité environnementale ». Il a été réalisé par le « centre de formation supérieur Laudato Si’, un organisme scientifique, éducatif et social institué par le Pape François lui-même, pour la formation intégrale de la personne humaine dans le principe de l’encyclique ». Il y a toute une tartine de blabla de ce genre sur Vatican News. Avec des photos dont celle-ci :

On ne nous dit pas ce que c’est, mais il s’agit d’un « cercle de fumée sacrée », spécialité du sculpteur Junkyu Moto (qui fait aussi des « cercles de vent »…).

Il y a aussi une des innombrables « roses des sables » d’Arnaldo Pomodoro. Au milieu de la cour centrale ronde du « village ». Mais il n’y a rien qui soit lié au christianisme.

Le pape arrive à Castel Gandolfo. Défilé de voiturettes. Serrage de paluches. Il va au bassin avec une corbeille et jette quelque chose dans l’eau. Je pensais que c’était du sel bénit ou quelque chose comme ça. Mais non. Il donnait à manger aux poissons…

On repart. Serrage de paluches à n’en plus finir. On lui fait des cadeaux. Plus loin, on lui montre deux chevaux et un veau. Il les caresse. Il bénit une femme. Et on repart en voiturette. On arrive dans des bâtiments neufs, au cœur du projet. C’est laid, froid, anonyme, mais c’est écolo… Serrage de paluches. D’abord des enfants, cette fois. Puis beaucoup de monde, c’est de plus en plus long… C’est l’Eglise qui paye tous ces gens-là ? Il bénit un homme qui lui présente un document de façon véhémente.

Puis on va dehors.

Il ne se passe tellement rien que Vatican News finit par donner des témoignages enregistrés pour dire à quel point cette réalisation est géniale. Conversion écologique, maison commune, inclusion, changement climatique, etc., pas un mot religieux.

Puis on revient au direct. Enfin la cérémonie (plus d’une heure après le début de la retransmission). On chante Laudate, bien sûr. Brève oraison par le pape. On a posé à côté de lui un crucifix et une reproduction de la Vierge de Guadalupe, pour faire chrétien, quand même. Speech par le cardinal Baggio. Lecture de l’évangile (regardez les oiseaux du ciel…). Chant du psaume 18 (les cieux racontent la gloire de Dieu). Sermon du pape sur le soin de la création etc. Petit sermon d’une religieuse sur le soin de la création etc. Notre Père. Aspersion. Bénédiction (pour le soin de la création) en italien. Bénédiction des fidèles. Ave Regina caelorum, avec accompagnement de piano, un Steinway mal accordé… Chant de deux ténors (dont Andrea Bocelli chevrotant) et chœur… Voilà, c’est fini.

Le culte de Pachamama par François, c’était quand même plus spectaculaire…