La présentation de la bienheureuse Vierge Marie

Michel Damaskinos (école crétoise, XVIe siècle).

L’intitulé grec de cette fête, l’une des 12 grandes fêtes de l’année byzantine, est « Entrée au Temple de Notre Dame la Très sainte Mère de Dieu ». Elle a été introduite dans l’Eglise latine via Chypre et Avignon, avant d’être supprimée par saint Pie V puis rétablie par Sixte Quint qui ne garda quasiment rien de l’office et de la messe promulgués par Grégoire XI.

Voici le premier stichère des vêpres, par Thrasyvoulos Stanitsas, « archonte protopsalte de la Grande Eglise du Christ » de 1960 à 1964.

Σήμερον πιστοὶ χορεύσωμεν, ἐν ψαλμοῖς καὶ ὕμνοις, τῷ Κυρίῳ ᾄδοντες, τιμῶντες καὶ τὴν αὐτοῦ, ἡγιασμένην σκηνήν, τὴν ἔμψυχον κιβωτόν, τὴν τὸν ἀχώρητον Λόγον χωρήσασαν· προσφέρεται γὰρ Θεῷ, ὑπερφυῶς τῇ σαρκὶ νηπιάζουσα, καὶ Ἀρχιερεὺς ὁ μέγας, Ζαχαρίας δέχεται, εὐφραινόμενος ταύτην, ὡς Θεοῦ κατοικητήριον.

Fidèles, en ce jour chantons en chœur des psaumes et des hymnes au Seigneur, vénérant son tabernacle sanctifié, l’arche spirituelle renfermant le Verbe que nul espace ne contient ; car elle est présentée à Dieu merveilleusement sous la forme d’une enfant, et le grand prêtre Zacharie la reçoit dans l’allégresse comme l’habitacle de Dieu.

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Les deux autres stichères de ton 1 :

Σήμερον ναὸς ὁ ἔμψυχος, τῆς ἁγίας δόξης, Χριστοῦ τοῦ Θεοῦ ἡμῶν, ἡ μόνη ἐν γυναιξίν, εὐλογημένη Ἁγνή, προσφέρεται τῷ Ναῷ, τῷ νομικῷ κατοικεῖν εἰς τὰ Ἅγια, καὶ χαίρουσι σὺν αὐτῇ, Ἰωακεὶμ καὶ ἡ Ἄννα τῷ πνεύματι, καὶ παρθενικαὶ χορεῖαι, τῷ Κυρίω ᾄδουσι ψαλμικῶς μελῳδοῦσαι, καὶ τιμῶσαι τὴν Μητέρα αὐτοῦ.

En ce jour le temple spirituel de la sainte gloire du Christ notre Dieu, la seule vierge bénie entre toutes les femmes, est présentée au Temple de la Loi pour habiter le Saint des saints ; avec elle Joachim et Anne se réjouissent en esprit, et les vierges en chœur aux accents des psaumes chantent au Seigneur en l’honneur de la Mère de Dieu.

Σὺ τῶν Προφητῶν τὸ κήρυγμα, Ἀποστόλων δόξα, καὶ Μαρτύρων καύχημα, καὶ πάντων τῶν γηγενῶν ἡ ἀνακαίνισις, Παρθένε Μήτηρ Θεοῦ· διὰ γὰρ σοῦ τῷ Θεῷ κατηλλάγημεν. Διὸ τιμῶμεν τὴν σήν, ἐν τῷ ναῷ τοῦ Κυρίου προέλευσιν, καὶ σὺν τῷ Ἀγγέλῳ πάντες, ψαλμικῶς τὸ Χαῖρέ σοι, τῇ πανσέμνῳ βοῶμεν, τῇ πρεσβείᾳ σου σῳζόμενοι.

L’oracle des Prophètes, c’est toi, la gloire des Apôtres, la fierté des Martyrs, le renouveau de tout mortel, ô Vierge Mère de Dieu ; par toi nous sommes réconciliés avec Dieu ; aussi nous vénérons ton Entrée au temple du Seigneur, et dans nos hymnes nous tous qui sommes sauvés par ton intercession, nous t’adressons, Vierge sainte, l’angélique salutation.

Le gauleiter reçoit son casque

Staša Košarac, ministre bosnien du Commerce extérieur, a envoyé à Christian Schmidt, le « Haut représentant international » doté de pouvoirs dictatoriaux en Bosnie-Herzégovine, un casque nazi, avec une lettre explicative, et surtout une demande expresse de quitter le pays.

L’ambassade d’Allemagne en Bosnie se dit « profondément choquée ». « Les comparaisons, les formulations et les démarches contenues dans cette lettre sont inacceptables et contraires à la dignité du dialogue politique ». Réaffirmant son soutien à Schmidt et à « son travail au service d’une Bosnie-Herzégovine pacifique, stable et démocratique », l’ambassade ajoute que l’envoi d’un casque nazi est « une manifestation d’irrespect et de provocation, dépourvue de toute éthique diplomatique, et indigne d’un titulaire d’une fonction publique dans un pays européen censé se trouver sur la voie de l’adhésion à l’Union européenne ». Hum…

L’ambassade britannique a cru bon d’y aller aussi de son couplet, dénonçant des « insultes et une haine terrible et infondée ».

Réaction de Košarac : « Sans vouloir polémiquer, je dirai simplement une chose : il est honteux et scandaleux que vous souteniez un administrateur colonial qui usurpe de manière anticonstitutionnelle et illégale les institutions nationales et sape l’État de droit. »

Schmidt, qui a tous les pouvoirs en Bosnie-Herzégonvine, s’est donné le ridicule de limoger le président élu de la République serbe de Bosnie, Mirolad Dodik. Sans pouvoir mettre son diktat à exécution, puisqu’il ne peut pas trouver de forces de police susceptibles d’arrêter Dodik. Mais l’AFP, docilement, parle de « l’ancien président de Republika Srpska », ce qu’elle ne dirait évidemment pas de Zelensky…

Sur l’affaire Dodik, voir ici.

La lettre intégrale de Staša Košarac, savoureuse :

Lettre à l’occupant

À vous, incarnation du mal politique et de la malveillance envers ma patrie, la Republika Srpska, et mon fier peuple serbe,

Vous quitterez bientôt ce pays où vous êtes arrivé comme immigré illégal, sans permis de travail, avec l’intention d’occuper, d’asservir et de subjuguer.

Par vos manipulations anticonstitutionnelles et contraires aux accords de Dayton, vous avez usurpé les institutions nationales, anéanti la démocratie et orchestré la persécution judiciaire et politique du président légalement et légitimement élu de la Republika Srpska, Milorad Dodik, dans le but d’affaiblir la Republika Srpska et de nier la liberté de choix du peuple serbe de Bosnie-Herzégovine.

Il est inutile de s’étendre sur le mal que vous causez à ce pays et à tous ses habitants. Inutile de s’encombrer de mots.

Vous direz sans doute, comme vos semblables lors des procès de Nuremberg, que vous « faisiez simplement votre devoir ». Je dirais : « Puisse cela faire honneur à votre réputation », mais vous ne comprendriez pas, car vous en êtes privé. En partant, prenez ce casque que je vous remets.

Ne vous y trompez pas, ce n’est pas un cadeau de ma part. Nous offrons des cadeaux à nos hôtes de marque. Vous n’en êtes pas un.

Ce casque est l’héritage de vos ancêtres nazis, qui ont massacré mon peuple durant la période la plus sombre de l’histoire de l’humanité.

Peut-être compléterez-vous la collection de votre famille, voire votre collection personnelle, avec ce casque, puisque vous êtes connu pour votre respect des traditions de l’armée nazie et des pilotes d’Hitler.

Si, en Bavière, en Westphalie, en Rhénanie ou dans toute autre province allemande, vous trouvez le moindre morceau d’uniforme de soldat serbe – et vous n’en trouverez pas, puisqu’il n’y en a pas, n’hésitez pas à nous le rapporter.

Il est temps de quitter ce pays où vous n’auriez jamais dû mettre les pieds.

Sans vous, ce pays a une chance. Sans vous, le peuple de ce pays devrait décider de son propre destin. Vous et tout ce que vous représentez peut se résumer en un mot : échec.

Avec mon profond mépris,

Staša Košarac.

Toujours soviétique ?

A l’attention de ceux qui prétendent que la Russie est toujours soviétique, ou le redevient de plus en plus, ce communiqué de l’ambassade de Russie à Paris :

Cérémonie commémorative solennelle à Montmorency

Le 13 novembre 2025, une cérémonie commémorative solennelle (pannychide) s’est tenue au Nouveau cimetière de Montmorency à l’occasion de l’achèvement des travaux de restauration des sépultures de représentants de l’émigration russe du début du XXᵉ siècle : Arkadi Slizskoy (et son épouse Constance) et Boris Sergeev (et son épouse Zinaïde).

Ces travaux ont été réalisés avec le soutien de l’Ambassade de Russie, du Fonds du patrimoine russe à l’étranger et de la Maison russe à l’étranger Alexandre Soljenitsyne.

Des diplomates de l’Ambassade, ainsi que des représentants d’organisations sociales russes et d’associations de compatriotes résidant en France, ont pris part à la cérémonie. L’office de la pannychide a été célébré par le prêtre Georges Sheshko de la cathédrale de la Sainte-Trinité à Paris de l’Église orthodoxe russe.

Les participants ont rendu hommage à la mémoire de ces figures marquantes de la diaspora russe reposant à Montmorency. Le lieutenant Arkady Slizskoy, émigré en France après la guerre civile, fut rédacteur du journal La Pensée russe (Russkaïa Mysl), qui publia au fil des années les œuvres d’écrivains tels qu’Ivan Bounine, Ivan Chmeliov et bien d’autres

Boris Sergeev, capitaine du régiment de la Garde royale finlandaise pendant la Première Guerre mondiale, reçut plusieurs décorations pour son courage exceptionnel. En exil, il dirigea la section française de l’Union des invalides militaires russes à l’étranger.

Un mensonge absolu

La Russie n’impose strictement rien. Ce sont les Occidentaux qui lui imposent des dizaines de milliers de sanctions. Il n’y a aucune confrontation avec la Russie, qui mène une opération militaire en Ukraine, strictement limitée à l’Ukraine qui est une partie de la Russie historique, en bref une affaire interne, sans déclaration de guerre. La confrontation n’a donc pas pu déjà commencer, sinon dans l’imagination débridée de russophobes délirants. La Russie ne s’affirme pas comme une menace durable, c’est l’Occident qui s’affirme davantage de jour en jour comme une menace durable pour la Russie, laquelle ne demande que d’être en paix avec l’Occident et de reprendre les relations unilatéralement rompues.

La persécution en Ukraine

Anna Paulina Luna, député de Floride (connue comme résolument pro-vie, contre l’idéologie du genre, et contre tout soutien financier à l’Ukraine) a reçu hier une délégation représentant cinq juridiction orthodoxes présentes aux Etats-Unis pour évoquer la persécution contre l’Eglise orthodoxe ukrainienne. Il y avait là notamment le métropolite Nicolas, primat de l’Eglise orthodoxe russe hors frontières, l’évêque Abdallah de l’Eglise d’Antioche, un représentant du métropolite de l’Eglise orthodoxe en Amérique, un représentant de l’Eglise orthodoxe serbe. Ils ont publié le communiqué suivant :

Nos demandes sont simples : que les droits de l’homme soient respectés par le gouvernement ukrainien, même dans les circonstances difficiles de la guerre qui leur a été imposée.

En tant que citoyens américains fidèles, nous demandons à notre gouvernement :

• L’abrogation de la loi anti-Eglise orthodoxe ukrainenne (loi 3894) actuellement en vigueur.

• La libération du métropolite Arsène de Sviatohirsk et des autres membres du clergé emprisonnés ; la fourniture de soins médicaux aux prisonniers conformément aux normes internationales et aux accords signés par l’Ukraine elle-même.

• La fin de l’enrôlement forcé du clergé dans les forces armées ; que ceux qui servent soient retirés des rôles de combattants et placés dans des rôles de soutien (tels que chapelains ou médecins, conformément aux normes internationales).

Nous n’avons pas préconisé et ne préconiserons pas la cessation du financement militaire à l’Ukraine. Nous demandons simplement que des mécanismes soient mis en place pour garantir qu’aucun financement étranger ne soit utilisé pour la persécution des chrétiens.

Selon le Financial Times, l’un des 28 points du plan de paix que Washington vient de transmettre à Kiev est la reconnaissance pleine et entière de l’Eglise orthodoxe ukrainienne. (Ce plan, qui reconnaît la souveraineté de la Russie sur la Crimée et le Donbass, exige également la reconnaissance de la langue russe comme langue officielle, et une réduction drastique de l’armée ukrainienne. Il fait évidemment hurler toutes les Kallas et tous les Barrot, qui trépignent qu’aucun plan de paix ne peut exister sans l’Union européenne. C’est ce qu’on verra…)