Une fois de plus, une audience du procès concernant l’expulsion des moines de la laure des Grottes de Kiev a été repoussée. A cause de la « maladie soudaine » d’un juge.
Svetlana Kotlyarevska, directrice de la « réserve de la Laure », n’est pas contente du tout de ce nouveau report. L’affaire de l’expulsion des moines est d’une importance capitale, dit-elle, car la Laure est « ukrainienne et doit appartenir au peuple ukrainien ».
Elle n’a pas précisé pourquoi des moines ukrainiens de l’Eglise orthodoxe ukrainienne ne pourraient pas prier dans un monastère ukrainien.
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L’audience du procès contre le métropolite Théodose de Tcherkassy a été reportée, parce que l’évêque est toujours malade. Il avait été hospitalisé en urgence le 28 novembre, suite semble-t-il à un empoisonnement. Il suit toujours un traitement intensif. La prochaine audience est fixée au 26 décembre.
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Le 16 décembre, à Washington, Catherine Whiteford, coprésidente de la Fédération nationale des jeunes républicains, a organisé une manifestation de défense de l’Eglise orthodoxe ukrainienne devant le Congrès.
Elle a dit notamment :
La loi 3894 supprime le statut juridique de l’Église, prive les paroisses et les monastères de leurs droits de propriété et criminalise les activités religieuses. En 2025, le gouvernement a commencé à la mettre en œuvre. Les juristes préviennent que cela conduira à la liquidation rapide de l’Église.
Ce n’est pas une question de sécurité ni de réforme. Son effet et son objectif sont de pousser toute l’Église dans la clandestinité.
Des prêtres ont été arrêtés et envoyés de force au front. Le métropolite Arsène est en prison depuis plus de 18 mois et privé de soins médicaux vitaux. Le métropolite Onuphre, 80 ans, chef de l’Église et originaire d’Ukraine, a été déchu de sa nationalité sur ordre du président Zelensky.
Les églises et les monastères sont saisis, souvent de force, sous les yeux des fidèles et de leurs familles, tandis que la police reste inactive. Les fidèles prient désormais dans des caves, des appartements, et même là, ils sont persécutés par les services de sécurité et les médias hostiles.
La survie de l’Ukraine est importante, sa souveraineté est importante, mais une nation ne peut pas défendre la liberté tout en la supprimant. La liberté religieuse n’est pas un luxe que l’on peut supprimer en temps de guerre. Au contraire, c’est précisément en temps de guerre qu’elle est la plus nécessaire.
Si l’Ukraine souhaite un jour adhérer à l’Union européenne, si elle souhaite rester membre du monde démocratique, si elle aspire à conserver son autorité morale aux yeux de ses alliés, elle doit défendre le droit de millions de ses citoyens à professer leur foi dans l’Église orthodoxe ukrainienne.
Car la foi n’est pas un crime, la tradition n’est pas une trahison et la liberté religieuse n’est pas une option.
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