L’Eglise à vau-l’eau

Léon XIV a une nouvelle férule. Dont le concept vient tout droit des délires de l’après-Concile : « le Christ non plus lié par les clous de la Passion, mais avec son corps glorifié dans l’acte d’ascension vers le Père ». Ce mélange est à la limite hérétique, puisqu’on peut en déduire que le Christ n’a pas été vraiment crucifié. Et il ne correspond pas à l’historicité évangélique, puisque le Christ est ressuscité du tombeau, pas de la croix. Naturellement, cette croix est contraire à toute la tradition iconographique tant d’Orient que d’Occident.

(Parmi la vingtaine d’extravagantes férules de François il y en avait déjà une qui montrait ainsi le Christ s’élevant de la croix « mains libres »…)

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Contrairement à ce que rêvaient certains tradis papolâtres, le consistoire convoqué par Léon XIV ne s’est pas du tout penché sur la question de la liturgie traditionnelle, il a recommencé le bavardage sur la « synodalité »…

Excellente analyse d’Info Vaticana, traduite par Benoît et moi, pour ceux qui ne sont pas encore lassés par le radotage vaticanesque.

Petit extrait :

Elle nous est présentée comme un processus d’écoute, mais ce n’est pas le cas. C’est un monologue institutionnel. Les mêmes structures qui ont conduit l’Église occidentale à une crise sans précédent – conférences épiscopales, commissions, secrétariats, bureaux diocésains – se posent des questions, s’y répondent elles-mêmes, puis présentent le résultat comme « la voix du peuple de Dieu ».
Ce n’est pas du discernement. C’est de l’autojustification.

De la férie

Le deuxième répons des matines est le deuxième répons des matines de la fête de l’Epiphanie.

℟. In colúmbæ spécie Spíritus Sanctus visus est, Patérna vox audíta est : * Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.
℣. Cæli apérti sunt super eum, et vox Patris intónuit.
℟. Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.

℟. Sous l’apparence d’une colombe, l’Esprit-Saint est apparu, et la voix du Père a été entendue : * Voici mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances.
℣. Les cieux se sont ouverts au-dessus de lui, et la voix du Père a retenti.
℟. Voici mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances.

On peut remarquer que ce répons ne reprend aucun évangile à la lettre. Le mot « specie » ne se trouve que chez saint Luc, mais il dit : « Le Saint-Esprit descendit sous forme corporelle comme une colombe », et non « sous forme de colombe ». Le mot « paternelle » ne se trouve dans aucun évangile. La citation de la voix du Père est celle de l’évangile de saint Matthieu, mais avec l’ajout de « bene », qui existe dans d’anciennes versions latines.

Ce répons se trouve dans les plus anciens livres liturgiques que nous ayons. (Comme toujours, ce n’est pas de la « liturgie tridentine ».)

La souris qui rugissait (encore un nouvel épisode)

Le gouvernement danois fait savoir à ses troupes au Groenland que la directive de 1952 reste en vigueur : s’ils sont attaqués les soldats sont tenus d’engager immédiatement le combat sans attendre d’ordres. « Tirez d’abord, posez des questions après. »

Les troupes danoises au Groenland, c’est… 12 hommes en traineaux à chiens (Trump ne l’a pas inventé, mais ils ont aussi des motoneiges), et deux hommes au poste de commandement.

Il est clair que ces 14 héros danois ne peuvent que mettre en échec l’armée américaine.

Vinatier contre Kasatkin

Laurent Vinatier, le « chercheur » français incarcéré en Russie, a bénéficié d’une « grâce » à l’occasion de Noël (hier en Russie) et a été libéré. C’est ce qui semblait se profiler après qu’un journaliste de LCI avait posé une question à Poutine sur le sort de cet homme qui devait être jugé le mois prochain pour espionnage.

En fait il est échangé contre un Russe détenu en France, le basketteur Daniil Kasatkin, arrêté en juin dernier à la demande des Etats-Unis qui le soupçonnaient d’appartenir à un réseau de pirates informatiques.

On remarque à cette occasion que les lobbies de « défense des droits de l’homme » avaient monté une grande campagne sur la détention du Français dans les geôles de la dictature poutinienne, mais étaient muettes sur le sort du Russe (qui avait été évoqué lors des discussions entre Washington et Moscou sur l’Ukraine).

Il se trouve que les deux hommes sont défendus par le même avocat, Me Frédéric Bélot.

Le basketteur russe disait ne pas se sentir en sécurité dans une prison française en raison du conflit en Ukraine…

La tyrannie

Un gouvernement qui traite les paysans de son pays comme des hors la loi et déploie contre eux des blindés quand leurs plaintes et revendications sont plus que légitimes est manifestement illégitime.