De la férie

Chaque année je redécouvre avec étonnement que l’Eglise de Rome a supprimé la vigile de l’Epiphanie de sa liturgie, dès 1955, alors que cette fête chez les byzantins est précédée d’une avant-fête qui commence dès le 2 janvier.

Voici le doxastikon des laudes du 5 janvier, chanté par Mikhaïl Kalaïtzis (version de Thrasyvoulos Stanitsas).

Ἰωάννη Βαπτιστά, ὁ ἐν μήτρᾳ γνωρίσας με τὸν Ἀμνόν, ἐν ποταμῷ μοι διακόνησον, μετὰ Ἀγγέλων μοι λειτούργησον, ἐκτείνας ἅψαι τῇ χειρί σου, τῆς κορυφῆς μου τῆς ἀχράντου, καὶ ὅταν ἴδῃς τὰ ὄρη τρέμοντα, καὶ τὸν Ἰορδάνην ἐπαναστραφέντα, σὺν τούτοις βόησον· ὁ σαρκωθεὶς ἐκ Παρθένου, εἰς ἡμῶν σωτηρίαν, Κύριε δόξα σοι.

Baptiste Jean, qui dès le sein m’as reconnu comme l’Agneau, dans le fleuve sois mon serviteur, accomplis ton office avec les Anges du ciel ; de ta main étendue touche ma tête immaculée ; et lorsque tu verras les montagnes trembler et le Jourdain remonter son cours, proclame avec eux : Toi qui pris chair de la Vierge pour nous sauver, Seigneur, gloire à toi.

Le très saint Nom de Jésus

Grand et glorieux mystère. L’enfant est circoncis et reçoit le nom de Jésus. Pourquoi cette connexion ? A première vue la circoncision paraît devoir être subie par celui qui est sauvé plutôt que par le Sauveur, et il semble que ce soit au Sauveur de circoncire et non pas d’être circoncis. Mais songez qu’il est le Médiateur entre Dieu et les hommes et que, dès les premiers instants de sa Nativité, il a associé les choses humaines aux choses divines, les plus basses aux plus sublimes. Il naît d’une femme, mais d’une femme en qui le fruit de la fécondité n’a pas fait tomber la fleur de la virginité. Il est enveloppé de pauvres langes, mais ces langes sont honorés par les louanges angéliques. Il est caché dans une crèche, mais une étoile brille dans le ciel pour annoncer sa venue. C’est ainsi que la circoncision démontre combien est réelle l’humanité dont il s’est revêtu, tandis que son nom qui est au-dessus de tous les noms indique la gloire de sa majesté. Il est circoncis comme vrai fils d’Abraham, il est nommé Jésus comme vrai fils de Dieu.

Et en effet le nom que porte mon Jésus que voici, n’est pas comme celui de ceux qui l’ont précédé, un nom vide de signification et sans portée. Il n’y a pas en lui le reflet d’un grand nom, mais sa vérité. L’Evangéliste ne nous atteste-t-il pas que ce nom vient du ciel et qu’il a été indiqué par l’Ange avant même la conception. Voyez la profondeur de cette parole : après que Jésus fut né, Jésus fut nommé par les hommes du nom qui lui avait été assigné par l’Ange avant sa conception. Or il est Sauveur de l’Ange aussi bien que de l’homme, mais de l’homme depuis l’Incarnation, et de l’ange depuis le début de la création. Il a été appelé, dit Luc, du nom de Jésus qui lui avait été donné par l’Ange. Le dire de deux ou trois témoins certifie toute parole. Et cette parole, qu’il est fait chair, contenue en bref dans le Prophète, se lit en plus clair dans l’Évangile.

C’est à juste titre que l’enfant né pour nous reçoit, au moment de la circoncision, le nom de Sauveur. Déjà, en répandant pour nous son sang très pur, il commence à accomplir notre salut. Les chrétiens n’ont pas à se demander pourquoi le Seigneur a voulu être circoncis. Il a été circoncis pour le même motif qu’il est né et qu’il a souffert. De tout cela, il n’a rien fait pour lui ; il a tout fait pour ses élus. Il n’a pas été conçu dans le péché, il n’a pas été circoncis à cause du péché ; il n’est pas mort pour avoir péché, mais bien pour nos péchés. Il a été nommé, dit l’Évangile, par l’Ange avant sa conception. Le mot « nommé » est tout à fait exact, le nom n’a pas été imposé. Ce nom, c’est le sien de toute éternité. C’est sa nature propre, d’être Sauveur. Ce nom lui appartient donc de naissance ; il ne lui a été donné par aucune créature humaine ou angélique.

Saint Bernard, deuxième sermon sur la Circoncision, leçons du troisième nocturne des matines.

A Moscou

Grandiose hymne des chérubins, avec des vues de la sublime cathédrale de la Dormition du Kremlin, ce matin, en la fête de saint Pierre de Moscou.

Né dans le royaume de Galicie-Volhynie (ouest de l’Ukraine actuelle), le moine et iconographe Pierre était devenu métropolite de Kiev et de toute la Rus’ en 1308. Comme Kiev était ravagée par les Mongols il s’était installé à Vladimir, puis en 1325 à Moscou…

En Tchéquie

Dans ses vœux du nouvel an, le président de la chambre des députés tchèques, Tomio Okamura, a tenu des propos qui ne sont pas passés inaperçus :

« On ne peut pas acheter des armes avec l’argent des retraités tchèques, des personnes handicapées et des familles avec enfants, et les envoyer pour une guerre totalement absurde. Nous ne pouvons pas donner l’argent de nos concitoyens à des étrangers simplement parce que la propagande pro-guerre le réclame. Je suis convaincu que notre République va descendre du train de Bruxelles qui, malgré les avertissements du gouvernement américain, fonce droit vers la Troisième Guerre mondiale. Je comprends que ce soit normal pour l’Occident de payer des fabricants d’armes occidentaux pour des armes inefficaces que les Russes détruisent avant même qu’elles n’arrivent au front : après tout, l’argent circule dans tous les sens, et tout le monde y trouve son compte, les entreprises et les gouvernements occidentaux, de même que les voleurs ukrainiens qui gravitent autour de la junte de Zelensky, qui s’installent des toilettes en or. Qu’ils volent, soit, mais pas dans nos poches, et qu’un pays comme l’Ukraine ne fasse pas partie de l’Union européenne. »

Pour l’essentiel, le Premier ministre Andreij Babiš disait la même chose au même moment : la République tchèque n’a pas d’argent pour l’Ukraine alors qu’elle a du mal à payer les cuisiniers des cantines scolaires, les prêts à l’Ukraine sont des dons à un régime corrompu puisqu’ils ne seront jamais remboursés, et Bruxelles conduit l’Europe à la guerre.

Mais les pointes polémiques de Tomio Okamura ont déchaîné la colère du gouvernement ukrainien, et le président tchèque a condamné le propos. Les partis d’opposition veulent organiser un vote de destitution du président de la Chambre. Mais ils ont peu de chance d’aboutir.