Merz et les terroristes

Friedrich Merz : « L’Iran est le centre du terrorisme international, et ce centre doit être fermé. Et les Américains et les Israéliens le font à leur manière. »

C’est Donald Trump (que Merz a rencontré il y a quelques jours) qui a lancé la guerre au motif que l’Iran était un Etat « terroriste » et qu’il fallait mettre un terme au « terrorisme » iranien, sans donner, et pour cause, le moindre exemple.

Trump, et Merz après lui, reprennent l’accusation qui avait servi de prétexte à la guerre contre l’Irak : l’Irak est un centre terroriste, l’Irak protège et arme al-Qaïda. Quand les Américains ont détruit l’Irak, on a eu la preuve, s’il en était besoin, non seulement qu’il n’y avait pas trace d’armes de destruction massive, mais pas trace non plus d’un quelconque soutien à al-Qaïda, puisque le régime de Saddam Hussein luttait contre tous les mouvements islamistes.

Les mêmes mensonges peuvent donc servir indéfiniment.

On remarque aussi le cynisme de Merz. « Les Américains et les Israéliens le font à leur manière » : ils peuvent se permettre tous les massacres et toutes les destructions, tous les crimes de guerre jusqu’au génocide, puisque c’est pour fermer le « centre du terrorisme international ».

Mais l’Iran n’est pas l’Irak…

Mardi de la troisième semaine de carême

Le bienheureux cardinal Schuster tire admirablement, en quelques mots, la leçon de l’évangile de ce jour :

La lecture évangélique (Matth., XVIII, 15-22) établit trois liens puissants qui conservent à l’Église son unité mystique dans l’amour de Dieu et dans la charité du prochain. Ce sont : le sacrement de Pénitence, pour la rémission des péchés ; le pardon fraternel des offenses réciproques que nous pouvons nous faire les uns aux autres ; la solidarité de tous les membres du corps mystique de Jésus dans un unique esprit. Le chrétien n’agit jamais solitairement. En vertu de la communion des Saints, il vit, souffre, prie et agit dans l’Église et avec l’Église, ce qui revient à dire : avec Jésus.

En effet, le sacrement de pénitence est au cœur de cette péricope sur le pardon des offenses : « Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera lié dans le ciel. » La solidarité du corps mystique, la communion entre les chrétiens, est exprimée par ces mots : « Si deux d’entre vous s’accordent sur la terre, quelque chose qu’ils demandent, ils l’obtiendront de Mon Père qui est dans les Cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en Mon nom, Je suis au milieu d’eux. »

Le pardon fraternel évoqué au début de cet évangile (« Si ton frère a péché contre toi) trouve sa conclusion avec le célèbre dialogue entre Pierre et Jésus :

— Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il aura péché contre moi ? Sera-ce jusqu’à sept fois ?

— Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.

Ces nombres renvoient à un passage de la Genèse, aux tout débuts de l’humanité, quand Lamech, le septième après Adam, chante dans son chant aussi mystérieux que sauvage : « On vengera sept fois la mort de Caïn, et celle de Lamech soixante-dix fois sept fois. »

Jésus renverse la malédiction pour en faire une bénédiction. La vengeance qui en sept générations était passée de 7 fois à 70 fois 7 fois se transforme en pardon, non pas 7 fois selon la générosité de Pierre qui outrepassait déjà celle des scribes, mais 70 fois 7 fois : le cycle de la semaine multiplié par lui-même et multiplié par 10 : indéfiniment. Jésus a rompu le cycle de la vengeance : le Fils de l’Homme est, dans la généalogie de saint Luc, la 70e génération depuis Lamech, la 77e depuis Adam…

Dangereuse gesticulation

Macron à Chypre :

« La présence française qui se déploiera de la Méditerranée orientale en mer Rouge et justement au large d’Ormuz, mobilisera huit frégates, deux portes hélicoptères amphibies et notre porte-avions. (…) Cette mobilisation de notre marine est inédite. Elle se fait évidemment avec la mobilisation aussi de nos forces aériennes et terrestres dans la région. »

Pour « assurer la liberté de navigation et la sûreté maritime, en Méditerranée orientale, où nous nous trouvons, en mer Rouge, de Suez à Bab el Mandeb »…

Ils tuent aussi les prêtres

Un prêtre maronite, Pierre Raï, a été tué par l’armée la plus morale du monde. Il faisait partie de ces chrétiens qui ont décidé de ne pas quitter le sud du Liban parce qu’ils ne sont pas armés et ne menacent personne.

Les Israéliens ont tiré un obus sur une maison à l’entrée du village de Qlaya. Les habitants se sont précipités pour secourir les éventuels blessés : le couple habitant la maison avait été touché. Alors un second obus a été tiré. Il y a eu plusieurs blessés, dont le prêtre, tué par le second obus.

Le maire du village a déclaré : « On dit que des groupes se trouvaient dans la maison, mais c’est faux. Ce sont des mensonges. Il n’y avait que les habitants de la maison et des personnes du village venues porter secours aux blessés. Nous sommes des gens pacifiques et nous ne faisons de mal à personne. Tout ce que nous demandons, c’est de pouvoir rester chez nous en paix. Nous resterons ici et nous ne partirons pas. Nous ne savons pas s’il existe un plan visant à nous déplacer, mais nous resterons sur notre terre et nous ne la quitterons pas. »

Le 5 mars, l’agence Fides avait publié un reportage sur un autre village de la région, Rmeish. Le curé maronite, Toni Elias, déclarait :

« Ce qui se passe est clair. L’opération de l’armée israélienne sur le territoire libanais est déjà en cours. Et dans les villages où vivent les chrétiens, du moins ceux avec lesquels nous sommes en contact, nous avons choisi de ne pas quitter nos maisons, car il est certain que si nous quittons nos villages, nous ne pourrons peut-être plus y revenir »

« À Rmeish et dans les villages voisins de Debel et Ain Ebel, nous sommes tous restés chez nous, tout comme les habitants d’Alma el Shaab et des villages plus à l’ouest. Les druzes sont également restés chez eux. »

« Nous n’avons pas d’armes, nous n’avons pas de missiles, nous ne représentons un danger pour personne. Nous restons ici en demandant la protection de Dieu. Nous sommes reconnaissants à notre évêque Charbel Abdallah, au Nonce Apostolique Paolo Borgia et au général Diodato Abagnara (le chef de l’opération de maintien de la paix des Nations unies dans le sud du Liban), avec lesquels nous sommes en contact permanent et qui nous ont assurés de leur soutien. »

Mais le soutien de l’évêque, du nonce et du général de l’ONU ne pèse rien face à la soldatesque israélienne tout autant antichrétienne qu’antimusulmane.

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Il est vrai que pendant ce temps-là le Hezbollah lançait, depuis le Liban, un missile de haute précision qui a détruit un centre de communications satellites tout près de Tel Aviv. Une habitante disait à la télévision i24 qu’il n’y a pas eu de sirènes, juste le bruit du missile faisant exploser les installations. Donc il n’y a plus de radars permettant de prévenir.

Il y a de quoi être énervé…