Une “mission politique” de l’UE en Géorgie

Alors que la Commission électorale de Géorgie a publié les résultats des législatives : 54% des voix pour le parti au pouvoir (les 11 partis d’opposition se partageant le reste), Josep Borrell annonce, lors du dernier conseil des Affaires étrangères qu’il préside, que l’UE va envoyer une « mission politique » en Géorgie pour « étudier attentivement ce qui s’est passé »… et donner 121 millions d’euros à l’opposition…

Mais ça ce n’est pas de l’ingérence étrangère, c’est la défense de la démocratie…

Nous allons envoyer une mission, une mission politique, en Géorgie afin d’étudier attentivement ce qui s’est passé. Nous avons annulé le soutien prévu de la Facilité européenne de soutien à la paix aux forces armées géorgiennes. Nous avons également annulé, je crois, 120 millions d’euros de soutien au gouvernement géorgien [121 millions d’euros], qui allaient directement au gouvernement géorgien, et qui seront alloués à des programmes bénéficiant directement à la société civile et au peuple géorgien. Nous étudierons toutes les irrégularités qui ont été dénoncées. Nous inviterons le BIDDH, le chef de la mission d’observation électorale, à nous expliquer ce qui s’est passé. Comme mesure immédiate, [nous avons décidé] d’annuler le soutien, le soutien financier sur les chiffres que je vous ai mentionnés.

*

La présidente de l’ingérence étrangère en Géorgie, la Française Salomé Zourabichvili, demande officiellement à la Cour constitutionnelle de déclarer frauduleux les résultats des élections législatives et de les annuler…

Résistance slovaque

Mieux vaut tard que jamais : Gènéthique nous apprend que le 5 octobre dernier le Parlement slovaque a adopté une résolution « critiquant les efforts du Parlement européen pour inclure le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ». (Il s’agit de la résolution adoptée par le Parlement européen le 11 avril.)

Le Parlement slovaque rappelle sa déclaration de 2002 sur la « souveraineté en matière culturelle et éthique », soulignant que ces domaines doivent rester sous la juridiction nationale.

Patriotes.eu

Communiqué du parti européen Patriotes :

Lors de son Assemblée générale à Paris le samedi 16 novembre 2024, le parti Patriots.eu a désigné l’Espagnol Santiago Abascal comme son nouveau président. M. Santiago Abascal, président de Vox, succède à Gerolf Annemans, et il poursuivra le combat pour renforcer une famille politique qui progresse électoralement dans toute l’Europe. Kinga Gal (Fidesz) devient vice-présidente de Patriots.eu et Catherine Griset (Rassemblement National) trésorière du parti. Dans le même temps, Patriots.eu accueille trois nouveaux membres : Ruch Narodowy (Pologne), Motoriste Sobe (République tchèque) et Prisaha (République tchèque).

Notre parti européen compte désormais 15 membres issus de 13 pays européens. Outre les partis énumérés ci-dessus, les autres membres sont : Rassemblement National (France), Fidesz (Hongrie), Ano 2011 (République tchèque), Lega Nord et Lega – Salvini Premier (Italie), Partij voor de Vrijheid (Pays-Bas), Freiheitliche Partei Österreichs (Autriche), Vox (Espagne), Vlaams Belang (Flandres) Chega (Portugal), Foni Logikis (Grèce) et Eesti Konservatiivne Rahvaerakond (Estonie).

Patriots.eu a réitéré son intention de défendre la souveraineté des États membres de l’UE contre la centralisation de la Commission européenne et la création d’un super-État européen. En particulier, dans le domaine de l’immigration. Les dirigeants de Patriots.eu ont insisté sur la possibilité pour les Etats membres d’activer la clause de retrait leur permettant de quitter le Pacte européen des migrations qui aura pour conséquence de répartir les migrants sur l’ensemble du continent.

Les récentes élections en Europe et ailleurs dans le monde devraient inciter les élus à écouter le message envoyé par les électeurs et à comprendre qu’ils sont attachés à leurs traditions, à leur identité, à leur liberté et surtout à leur sécurité. Plus que jamais, dans un monde aujourd’hui fracturé, il est du devoir des gouvernements européens de défendre ces valeurs.

Ursule à géométrie variable

Une fois de plus Poutine utilise l’énergie comme une arme.
Il tente de faire chanter l’Autriche et l’Europe en coupant les livraisons de gaz.
Nous y sommes préparés et sommes prêts pour l’hiver. Les stocks de gaz en Europe sont pleins.
Comme je l’ai dit à Karl Nehammer hier, l’Europe est unie dans son soutien à l’Autriche.

C’était un message d’Ursule samedi après-midi. De quoi s’agit-il ? D’un différend commercial entre le groupe russe Gazprom et le groupe autrichien OMV, qui a conduit Gazprom à décider d’arrêter les livraisons de gaz à l’Autriche (par l’Ukraine) à partir du 16 novembre. Ce qui était anticipé depuis longtemps par l’Autriche, dont les stocks sont pleins, et qui peut faire venir du gaz de l’Italie ou de l’Allemagne.

Bref, une non-information pour quiconque n’est pas directement impliqué dans le commerce du gaz. Mais Ursule en fait un acte de guerre de Poutine…

On pourra se rappeler ce que disait la même Ursule il y a deux ans :

Nous devons couper les revenus russes que Poutine utilise pour financer sa guerre atroce contre l’Ukraine.
Nous y sommes préparés.
Au début de la guerre, le gaz russe par pipeline représentait 40% de tout notre gaz importé. Aujourd’hui c’est seulement 9% de nos importations de gaz.

Ce qui est doublement amusant, ou plutôt grotesque, quand on sait que les pays de l’UE ont recommencé d’augmenter massivement leurs importations de gaz russe…

L’ultimatum de Merz

Après les élections anticipées de février, le nouveau chancelier allemand sera vraisemblablement Friedrich Merz, le président de la CDU (ce sera la revanche de l’ancien rival malheureux d’Angela Merkel). Il accuse Scholz d’être timoré face à la Russie, et il annonce qu’avec lui ce sera tout différent :

« Scholz refuse catégoriquement de livrer les missiles Taurus, même si une majorité du Bundestag est d’un autre avis. Je suis ouvert à cette idée et j’ai proposé de donner au gouvernement de Kiev le droit de dire : Si les bombardements de civils ne cessent pas dans les 24 heures, les restrictions de portée des armes disponibles seront conjointement levées. Si cela ne suffit pas, les missiles Taurus seront livrés une semaine plus tard. Cela permettrait à l’Ukraine de reprendre l’initiative »

Dans une autre version, qui est une tribune de Merz au Monde, l’ultimatum devrait être – aurait dû être – franco-allemand :

« Si vous ne mettez pas fin à cette guerre de terreur contre la population civile ukrainienne dans les 24 heures, auraient pu déclarer ensemble (l’Allemagne et la France), les limites de portée des armes fournies à l’Ukraine seront levées. Et si cela n’avait pas suffi, Olaf Scholz aurait pu ajouter que l’Allemagne fournirait des missiles de croisière Taurus à l’Ukraine pour contribuer à la destruction des voies d’approvisionnement de l’armée russe vers le pays ».

On remarque l’habituelle inversion accusatoire : c’est l’Ukraine qui bombarde tous les jours des bâtiments civils, notamment, ces temps-ci, dans la région de Belgorod. (Il semble que l’avancée russe ait réussi à empêcher les bombardements quotidiens sur les rues et les marchés de Donetsk.)

Il sera intéressant de voir ce que deviendra le propos va-t-en guerre de l’opposant quand il sera chancelier. On prend date. On peut prédire sans crainte de se tromper qu’il fera, comme son prédécesseur, ce que les Américains lui diront de faire. Et ce sera Trump.

Et il n’est pas à son avantage de constater qu’il croit lui aussi à l’arme qui va changer le cours des choses, alors qu’il a vu que l’incessante escalade occidentale n’a rien changé du tout. (Au début il s’agissait de fournir seulement des armes défensives, et il n’était pas question de donner des missiles. Puis on a donné des missiles. Mais il n’était pas question de donner des chars. Puis on a donné des chars. Mais il n’était pas question de donner des avions. Puis on a donné des avions… A chaque fois cela devait changer le cours de la guerre, étant donné qu’en outre l’économie russe était détruite par les sanctions… On a oublié qu’il y a deux ans les Russes étaient à cours de munitions, qu’ils devaient voler des machines à laver pour récupérer les puces, et qu’ils en étaient réduits à se battre à coup de pelles…)