Nous ne parlons plus le même langage

Un article de l’agence TASS

L’autorisation donnée en janvier par la Conférence épiscopale italienne à des homosexuels déclarés de devenir prêtres est un parti pris en faveur d’un programme libéral très éloigné de l’enseignement évangélique, dit le métropolite Antoine de Volokolamsk, chef du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou.

« Je ne le cacherai pas : ce que nous observons aujourd’hui dans l’Église catholique dans le contexte des valeurs familiales traditionnelles ne peut que susciter la perplexité et l’inquiétude. »

« Récemment, le Vatican a publié le document Fiducia supplicans, qui introduit une nouvelle pratique pour les catholiques, à savoir la bénédiction des couples de même sexe. La Commission théologique synodale de l’Église orthodoxe russe a analysé le document et publié son rapport, qui contient de nombreux commentaires. Les déviations par rapport à l’éthique familiale chrétienne traditionnelle sont déjà devenues une triste réalité dans de nombreuses confessions protestantes », a souligné le métropolite Antoine.

Selon lui, le thème de l’éthique familiale et des valeurs morales traditionnelles est « l’un des rares sujets sur lesquels l’Église catholique romaine et moi-même pouvons parler, comme on dit, avec le même langage ».

« Depuis de nombreuses années, nous construisons des relations avec l’Église catholique romaine précisément sur la base de sujets qui nous sont communs et de questions sur lesquelles nos positions coïncident. Le danger est que le thème de l’éthique familiale chrétienne traditionnelle ne soit plus à l’ordre du jour. Et si cela se produit, je ne vois pas vraiment de quoi nous pourrions parler avec les catholiques. »

Pour la protection de la famille

Le 27 janvier, à la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou, a été signée une Déclaration internationale sur la protection de la famille, et un conseil international pour la protection de la famille a été créé. Le P. Fiodor Loukianov a indiqué que c’était la concrétisation de l’appel lancé il y a quatre ans par le patriarche Cyrille à la communauté internationale « pour qu’elle consolide les efforts autour de la protection de la famille et de la vie de l’enfant avant sa naissance ».

Les invités d’honneur à la cérémonie étaient le vice-président du Parlement Piotr Tolstoï et la vice-présidente du Parlement Anna Kouznetsova, créatrice du fonds Pokrov d’aide aux familles nombreuses et pauvres, ancienne présidente de l’Association des organisations pour la protection de la famille auprès de la Chambre sociale de la Fédération de Russie. Anna Kouznetsova a souligné que « les valeurs et les objectifs définis par la Russie attirent de plus en plus d’États », car ces valeurs sont « les signes d’une société et d’un ordre mondial sains, elles sont une garantie de sécurité pour le monde en général et pour chaque famille en particulier ».

La déclaration stipule que la famille est une valeur fondamentale de l’humanité, qu’elle est le noyau naturel de la société, qu’elle est fondée sur le mariage entre un homme et une femme. Elle constate que « l’affaiblissement et la destruction de la famille constituent une menace existentielle pour les peuples, les États et l’humanité tout entière », car « l’existence et la stabilité des autres institutions traditionnelles de la société, ainsi que l’identité traditionnelle de l’individu, dépendent de la préservation et du bien-être de l’institution familiale ». Elle affirme que « la propagande d’idées et de valeurs antifamiliales, y compris la propagande du concept de “genre” et des idées dites de “diversité des genres” doivent être légalement interdite aux niveaux national et international ». Car « il n’y a que deux sexes », et « le sexe biologique et l’identité de genre sont déterminés à la naissance et sont immuables ». Elle souligne aussi que « personne, y compris l’État, n’a le droit de s’immiscer arbitrairement dans les affaires familiales », que « les parents ont le droit prioritaire d’élever leur enfant » et « le droit de choisir librement les méthodes d’éducation de leur enfant ». Et « les participants à la Déclaration ne reconnaissent pas l’avortement comme un moyen de planification familiale ».

Parmi les premiers signataires il y a Sergueï Roudov, chef adjoint du Conseil mondial du peuple russe et membre de la Chambre civique de la Fédération de Russie, Nina Joukova, coprésidente de l’Union des femmes orthodoxes, Maria Filina, actuelle présidente de l’Association des organisations de protection de la famille, Andreyï Zoubenko (Biélorussie), président de la fondation Pokrov pour le soutien de la famille, de la maternité et de l’enfance, Goulnara Degenbaïeva, coprésidente de l’Union des femmes pour les valeurs traditionnelles » (Kirghizstan), Pournima Anand (Inde), présidente du Forum international des BRICS.

Ci-après une traduction de l’intégralité des articles de la Déclaration.

Lire la suite »

Le Burundi et le Tchad pour la vie et la famille

Les gouvernements du Burundi et du Tchad ont adhéré à la Déclaration de consensus de Genève (GCD), ce qui porte désormais à trente-neuf le nombre total d’Etats signataires. Ils devraient être 42 (dont 19 africains), mais en changeant de gouvernement les Etats-Unis, la Colombie et le Brésil s’en sont retirés.

La Déclaration de consensus de Genève est un « accord international qui stipule que les pays ont le droit et le devoir de défendre la famille et de protéger la vie in utero ». Elle a été initiée par le gouvernement de Donald Trump en 2020, nommément par le secrétaire d’Etat Mike Pompeo et le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux Alex Azar.

Ses quatre principes sont « la promotion de la santé des femmes, la protection de la vie, la protection de la famille et le droit souverain des nations à l’autodétermination ». Et elle affirme explicitement qu’il n’existe « aucun droit international à l’avortement ».

« Nous nous engageons à nouveau à assurer des gains significatifs en matière de santé et de développement pour les femmes, à défendre la valeur de chaque vie, à protéger la famille comme unité fondamentale de la société et à défendre les droits souverains de toutes les nations », a déclaré l’ambassadrice du Tchad (aux Etats-Unis) Kitoko Gâta.

Géorgie

La présidente de Géorgie ayant refusé sans surprise de signer la loi sur les « valeurs familiales et la protection des mineurs », le président du Parlement l’a promulguée dès le lendemain matin, comme la Constitution le prévoit pour une loi qui a suivi tout son parcours parlementaire. Le patriarcat orthodoxe de Géorgie a publié la déclaration suivante :

Aujourd’hui, en Géorgie, comme dans de nombreux pays à travers le monde, la protection des valeurs familiales est devenue un défi majeur. Pendant des années, tant de la part du Patriarcat de Géorgie que de la majorité de la population, cette question a suscité de nombreuses réactions, chacune d’entre elles visant à protéger les valeurs familiales face aux défis croissants.

L’Église de Géorgie a toujours protégé et continue de protéger notre jeunesse contre les idéologies qui sapent les structures familiales traditionnelles.

Il y a quelques années, les manuels scolaires pour les élèves et les enseignants ont suscité des critiques vives et justifiées de la part du Patriarcat de Géorgie, car certains thèmes de ces manuels mettaient ouvertement en évidence la dévalorisation des valeurs familiales. Il a fallu des efforts longs et actifs pour supprimer les passages contenant de la propagande LGBTQI des ressources pédagogiques, car les manuels éducatifs doivent être conformes à nos valeurs fondamentales.

De plus, la propagation de la propagande LGBTQI a souvent engendré des divisions sociales importantes et est même devenue un instrument de tension pour ceux qui cherchent à approfondir la polarisation.

En conséquence de ces tendances, la loi adoptée récemment par le gouvernement actuel de la Géorgie sur la “Protection des valeurs familiales et des mineurs” représente un pas en avant positif.

Pas de « Childfree » en Russie

Le président de la Douma d’Etat russe, Viatcheslav Volodine, indique que les amendes pour diffusion de propagande de l’idéologie « Childfree » (Sans enfant par choix) « atteindront jusqu’à 400.000 roubles pour les citoyens, jusqu’à 800.000 roubles pour les fonctionnaires et jusqu’à 5 millions de roubles pour les personnes morales » (3.870, 7.740 et 48.000 €) si la proposition de loi est votée. Ces amendes, précise-t-il, sont basée sur celles qui visent la diffusion de propagande LGBT et de « réassignation sexuelle ».

Elvira Aitkoulova, membre de la commission de l’éducation de la Douma d’État, qui est l’un des auteurs de la proposition (approuvée par le gouvernement), souligne que le texte qui va bientôt être voté, conforme aux souhaits du président Poutine, « vise à protéger les enfants contre les informations encourageant le choix volontaire de ne pas avoir d’enfants sans lien avec des conditions médicales ou des croyances religieuses ». Car les partisans de cette idéologie, « diffusant des idées sur le rejet volontaire de la maternité, favorisent une atmosphère propice à ce comportement social destructeur et à la dépopulation ».