15e dimanche après la Pentecôte

Miniature du Codex Aureus Epternacensis (abbaye d’Echternach), vers 1020-1030.

Une mère, veuve, fut dans la joie lors de la résurrection de ce jeune homme. Une mère, l’Église, est dans la joie chaque jour lors de la résurrection spirituelle des hommes. Celui-là était mort dans son corps mais ceux-ci, dans leur âme. La mort visible était pleurée par des larmes visibles. Quant à la mort invisible, nul n’en prenait souci, nul ne l’apercevait, Celui-là qui connaissait les morts prit souci d’eux. Celui-là seul connaissait les morts qui pouvait les rendre à la vie. S’il n’était pas venu pour ressusciter les morts, l’Apôtre ne dirait pas : « Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d’entre les morts, et sur toi luira le Christ »

Trois morts furent, à notre connaissance, ressuscités visiblement par le Seigneur. Des milliers, invisiblement. Combien de morts a-t-il, en fait, ressuscités visiblement ? Qui le sait ? Tout ce qu’il a fait ne fut pas écrit. Voici ce que dit Jean : « Jésus a accompli encore bien d’autres actions. Si on les relatait, le monde entier ne suffirait pas, je pense, à en contenir les livres » (Jn 21, 25). On peut en conclure que beaucoup d’autres, sans doute, furent ressuscités, mais ce n’est pas en vain qu’il est fait mention de trois. Notre Seigneur Jésus-Christ voulait que ses actions corporelles soient comprises aussi dans un sens spirituel. Il ne faisait pas seulement des miracles pour les miracles, mais afin que ceux qu’ils faisaient soient tout à la fois merveilles pour les regards et vérités pour l’intelligence.

A titre de comparaison : celui qui voit des lettres dans un livre très bien écrit, et qui ne sait point lire, loue la main du copiste, admire la beauté des caractères mais il ne sait ce que veulent dire, ce que signifient ces caractères. Par ses regards, il est louangeur, par son esprit, il n’est pas connaisseur. Un autre, tout au contraire, louera l’écriture et saisira le sens de l’écrit. Tel est celui qui non seulement est capable de voir – cela tous le peuvent – mais aussi de lire – et cela, celui qui ne l’a pas appris, ne le peut. Ainsi ceux qui les ont vu et n’ont pas compris ce que les miracles du Christ leur voulaient dire, et les signes qu’ils faisaient en quelque sorte si on les comprend, ceux-là ont admiré seulement les actions, mais d’autres ont aussi admiré les actions et ils en ont obtenu l’intelligence. Tels devons-nous être à l’école du Christ.

Saint Augustin. Leçons des matines (sermon 44 de verbis Domini).

Saint Augustin attribue à l’Apôtre la phrase « Surge qui dormis et exsurge a mortuis et illuminabit tibi Christus. ». En réalité on lit dans l’épître aux Ephésiens : « C’est pourquoi il est dit : Lève-toi… » SI l’on considère que saint Paul renvoie à l’Ecriture, on ne trouve cela nulle part, du moins tel quel. Il faut penser que saint Paul fait allusion à plusieurs versets d’Isaïe :

9, 1 : Peuples qui marchez dans les ténèbres, voyez une grande lumière ; et vous qui habitez dans la région ténébreuse de la mort, une lumière luira sur vous ;
26, 19 : Les morts ressusciteront, et ceux qui sont dans leurs sépulcres se lèveront, et ceux qui sont sur la terre tressailliront de joie .
60, 1-2 : Resplendis, Jérusalem, resplendis de lumière ; car ta lumière est venue, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Voilà que les ténèbres enveloppent la terre, et que les Gentils sont dans l’obscurité ; mais le Seigneur apparaîtra sur toi, et sa gloire va se montrer en toi.

Mais saint Paul ne dit pas explicitement qu’il cite l’Ecriture. Il emploie une expression ambiguë : « Il dit », ou « elle dit », car ni le grec ni le latin n’a de pronom. Et ce « il » ou ce « elle » pourrait être bien plutôt la liturgie primitive, inspirée d’Isaïe.

Le propre de la messe :
• L’introït 1, 2.
• L’offertoire.
• Le graduel.
• L’alléluia.
• La communion.


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