De la férie

On fait mémoire de l’impression des stigmates de saint François.

Gentile da Fabriano, 1415.

Le récit dans les « Considérations sur les sacrés et saints stigmates de saint François ».

Saint François apprit, par révélation, qu’en ouvrant par trois fois le livre des Évangiles, Dieu lui ferait connaître les désirs qu’il avait sur lui ; il se fit donc apporter ce livre sacré, et, s’étant mis en prière, au nom de la très sainte Trinité, il se le fît ouvrir trois fois par Frère Léon. Dieu permit qu’à chaque fois il tombât sur le récit de la Passion de Jésus-Christ. Le Saint comprit par là que, comme il s’était rendu conforme au Sauveur dans les actions de sa vie, il devait encore, avant de mourir, le suivre dans les afflictions et les douleurs de sa Passion. Dès lors, il eut la consolation de goûter et de sentir, avec plus d’abondance, la douceur de la divine contemplation et des célestes apparitions. Un jour, il en reçut une qui devait le préparer immédiatement à l’impression des sacrés Stigmates. C’était la veille de la très sainte Croix du mois de septembre. Au moment où il était seul et en prière dans sa cellule, l’Ange de Dieu lui apparut et lui dit : « De la part du Très-Haut, je viens t’avertir de te disposer, avec humilité et patience, à recevoir ce qu’il lui plaira de t’envoyer. » — « Je suis prêt à supporter avec résignation tout ce qui me viendra de mon Seigneur », répondit saint François. L’Ange disparut. Le lendemain, jour de la très sainte Croix, le Saint, avant le lever du soleil, se mit en prière à la porte de la cellule, tourné vers l’Orient, et il disait : « O mon Sauveur Jésus-Christ ! je vous en prie, accordez-moi deux grâces avant ma mort : faites que je ressente, autant qu’il est possible, dans mon âme et dans mon corps, cette douleur que vous avez éprouvée, ô mon doux Seigneur ! à l’heure de votre cruelle Passion ; et puis, que je ressente aussi, autant que le peut une créature, cet amour excessif qui vous embrasait, vous, le Fils de Dieu, et qui vous a porté à souffrir volontiers pour nous, pauvres pécheurs, tant d’horribles tourments. » Saint François persévéra longtemps dans cette prière, et il connut que Dieu l’exaucerait, et qu’il lui serait donné d’éprouver, autant qu’il était possible à l’homme, ce qu’il avait souhaité. Dans cette conviction, il se mit à méditer pieusement sur la Passion du Sauveur et sur son infinie charité ; et alors, la ferveur de la dévotion s’accroissait si prodigieusement en lui, qu’il demeurait entièrement transformé en Jésus-Christ par l’amour et la compassion. Il était dans l’ardeur de cette divine contemplation, quand soudain il vit descendre, du haut des cieux, un Séraphin qui avait six ailes éclatantes et toutes de feu. Il se précipitait d’un vol rapide vers lui ; et bientôt le Saint put voir, entre ses ailes, la figure d’un homme crucifié. Ses ailes étaient disposées de telle sorte qu’il en avait deux sur la tête, deux autres lui servaient à voler, et les deux dernières lui couvraient tout le corps. A la vue de ce Séraphin, saint François demeura saisi d’étonnement ; une joie mêlée de tristesse et de douleur se répandit dans son âme. La douce contemplation du Christ qui lui apparaissait si familièrement et qui daignait jeter sur lui de si tendres regards le remplissait de joie ; mais le douloureux spectacle de son crucifiement le pénétrait de compassion, et il en avait le cœur transpercé comme d’un glaive. Il admirait surtout profondément que l’infirmité des souffrances du Sauveur parût sous la forme d’un Séraphin, sachant bien qu’elle ne s’accorde pas avec l’état de gloire et d’immortalité. Mais bientôt le Séraphin lui-même lui apprit que Dieu l’avait permis ainsi, pour lui faire connaître que ce n’était pas par le martyre de la chair, mais par l’embrasement de l’amour, qu’il devait être transformé tout entier en une parfaite ressemblance avec Jésus-Christ crucifié.

Alors toute la montagne de l’Alverne parut comme embrasée par une flamme immense et resplendissante, qui s’étendait jusqu’aux montagnes et aux vallées d’alentour. On aurait dit que le soleil était descendu sur la terre. A cette vue, les bergers qui veillaient dans les campagnes voisines furent remplis d’épouvante, et ils racontèrent plus tard aux frères que cette flamme avait brillé sur la montagne pendant plus d’une heure. Trompés par cette clarté qui pénétrait jusque dans les hôtelleries de la contrée, des muletiers, qui se rendaient en Romagne, croyant que le jour était venu, se levèrent, disposèrent leurs mules et se remirent en route ; ce ne fut qu’après avoir cheminé quelque temps, qu’ils virent la lumière disparaître et le soleil se lever.

Dans cette apparition séraphique, le Christ lui-même daigna communiquer à saint François des choses secrètes et mystérieuses qu’il ne voulut jamais rapporter pendant sa vie ; ce ne fut qu’après sa mort qu’il en fil la révélation. Or, voici quelles furent les paroles du Christ : « Sais-tu. disait-il au Saint, le prodige que je viens d’opérer en toi ? Pour que tu sois mon gonfalonier, je t’ai donné les Stigmates qui sont les marques de ma Passion. Et, de même que, le jour de ma mort, je suis descendu aux Limbes, et qu’en vertu de mes plaies, j’en ai retiré toutes les âmes qui s’y trouvaient pour les introduire au paradis, quand tu auras quitté la terre, tous les ans, le jour de l’anniversaire de ta mort, je t’accorde aussi de pouvoir descendre au Purgatoire, et, en vertu des Stigmates, d’en retirer toutes les âmes de tes trois Ordres, des Mineurs, des Sœurs et des Continents, et même de tous les autres qui auront eu pour toi une grande dévotion et que tu trouveras dans ce lieu d’expiation. Tu les introduiras toi-même au Paradis ; et c’est ainsi qu’après m’avoir été conforme pendant ta vie, tu le seras encore après ta mort. »

Après un long et mystérieux entretien, l’admirable vision disparut, laissant dans le cœur du Saint une ardeur excessive et la flamme de l’amour divin, et sur son corps l’image merveilleuse et les traces de la Passion de Jésus-Christ. Alors ses pieds et ses mains furent transpercés par des clous semblables à ceux qu’il avait vus dans les mains et les pieds du Christ qui venait de lui apparaître. Les têtes de ces clous, qui étaient rondes et noires, se trouvaient dans le creux des mains et au-dessus des pieds, et les pointes ressortaient du côté opposé, recourbées et rivées de manière qu’on aurait pu sans peine y passer le doigt comme dans un anneau. Au côté droit du Saint apparut aussi une plaie rouge, comme s’il eût été transpercé d’une lance et souvent elle jetait un sang sacré qui trempait sa tunique, et ce qu’il portait sur les reins. Avant de connaître le prodige dont leur Père avait été l’objet, les frères remarquèrent qu’il ne découvrait plus ni les pieds ni les mains, et qu’il ne pouvait même plus poser à terre la plante des pieds ; ils trouvèrent ensuite lorsqu’ils voulurent laver ses habits, que sa tunique et son vêtement de dessous étaient couverts de sang, et ces marques leur firent soupçonner dès lors qu’il portait aux mains, aux pieds et au côté, l’image et la ressemblance de Notre-Seigneur Jésus-Christ crucifié.

Saints Corneille et Cyprien

On lira ci-dessous la dernière lettre de saint Cyprien, évêque de Carthage, à saint Corneille, pape de Rome. Il y est question des lapsi et de Novatien. Ce dernier était un prêtre de Rome réputé pour sa doctrine et qui était sûr d’être élu pape. Mais ce fut Corneille, car Novatien était jugé trop intransigeant : il refusait que les chrétiens qui avaient abjuré pendant la persécution de Dèce (les lapsi) puissent être de nouveau accueillis dans l’Eglise, alors que pour Corneille et ses soutiens, dont Cyprien, les lapsi pouvaient réintégrer l’Eglise après avoir fait pénitence. Novatien fomenta un schisme, et fut excommunié par un synode de 60 évêques.

CYPRIEN A CORNEILLE SON FRERE, SALUT.

Nous avons reçu, frère très cher, les glorieux témoignages de votre foi, de votre courage, et votre belle confession nous a donné tant de joie que nous nous considérons comme participant à vos mérites et à votre gloire. Comme il n’y a entre nous qu’une Église, qu’une âme et qu’un cœur, quel évêque ne se réjouirait de la gloire d’un autre évêque comme d’une gloire propre à lui-même, et quel est le groupe de frères qui ne serait heureux de voir des frères dans la joie ? On ne saurait dire toute l’allégresse, toute la satisfaction qui s’est manifestée ici, quand nous avons appris ces heureuses nouvelles de votre courage ; quand nous avons su que vous avez servi de chef aux frères dans la confession, mais aussi que la confession du chef a été rehaussée par la conformité de sentiment des frères. Ainsi en marchant à la gloire le premier, vous avez eu beaucoup de compagnons de gloire ; vous avez décidé les fidèles à être confesseurs, en vous montrant prêt, le premier, à confesser pour tous. Nous ne savons que louer le plus en vous, ou bien votre foi prompte et ferme, ou bien cette affection des frères qui ne permet pas de séparation. Le courage de l’évêque marchant le premier s’est montré publiquement, l’union des frères suivant l’évêque s’est affirmée de même. Il n’y a eu chez vous qu’un cœur et qu’une voix, et toute l’Église de Rome a confessé Jésus Christ.

On a vu briller, frère très cher, cette foi dont le bienheureux Apôtre vous a fait honneur. Le courage glorieux d’aujourd’hui et cette fermeté de résolution, il les voyait d’avance en esprit, et louant l’avenir en célébrant vos belles actions, il n’exaltait les pères que pour encourager les fils. En étant unis, en étant forts, vous avez donné aux autres frères de grands exemples de force et d’union. Vous avez montré qu’il faut avoir très vive la crainte de Dieu et s’attacher fermement au Christ, que le peuple doit se tenir avec les évêques dans le péril, que les frères ne doivent point se séparer des frères dans la persécution, que ceux qui sont unis ne peuvent être vaincus ; que le Dieu de paix accorde aux pacifiques ce qu’ils lui demandent tous ensemble. L’ennemi s’était élancé, menaçant, violent, pour jeter le trouble dans le camp du Christ. Mais il a été repoussé aussi vigoureusement qu’il avait attaqué, et il a rencontré autant de courage et de résistance qu’il apportait de menaces et de terreur. Il avait cru pouvoir encore procéder comme il a coutume de faire contre les serviteurs de Dieu, et les renverser d’un coup de surprise, comme de jeunes recrues sans expérience, qui auraient été mal préparées à son attaque et insuffisamment sur leurs gardes. S’attaquant d’abord à un en particulier, il avait essayé de faire ce que fait le loup qui cherche à séparer une brebis du troupeau, l’épervier qui écarte une colombe de la volée. N’étant pas assez fort contre tous ensemble, il cherche à surprendre des individus isolés. Mais vigoureusement repoussé par la foi d’une armée unie, il s’aperçut que les soldats du Christ veillaient, sur leurs gardes maintenant, et qu’ils étaient debout en armes pour le combat, qu’ils ne pouvaient être vaincus, mais que s’il s’agissait de mourir ils le pouvaient, que ce qui les rend invincibles, c’est précisément qu’ils ne craignent pas de mourir. Ils virent qu’ils ne rendent point coup pour coup à ceux qui les attaquent, puisqu’il n’est point permis à des innocents de tuer même des coupables, mais qu’ils sont tout disposés à donner leur sang et leur vie, afin que, quittant un monde où va se développant tant de cruauté et de méchanceté, ils s’éloignent plus promptement des méchants et des cruels. Quel glorieux spectacle aux Yeux de Dieu sous les Regards du Christ ! Quelle joie pour son Église, quand on vit qu’au combat présenté par l’ennemi, ce n’étaient pas les soldats un à un qui marchaient, mais le camp tout entier. Tous en effet, sans aucun doute, seraient venus, s’ils avaient su, puisque chacun de ceux qui ont su est accouru en tout hâte. Que de lapsi y ont trouvé l’occasion de se relever par une confession glorieuse ! Ils se sont redressés courageusement, et le sentiment même du regret de leur faute les a rendus plus courageux. Ainsi, il apparaît que jadis ils ont été surpris, que la nouveauté de l’attaque et l’inaccoutumance les a déconcertés et épouvantés, qu’ils se sont repris ensuite, que la crainte de Dieu les a ramenés à une foi sincère, et leur a rendu leurs forces, les armant d’une constance, d’une énergie à toute épreuve et qu’enfin maintenant ils ne sollicitent plus le pardon d’une faute, mais aspirent à la couronne du martyre.

Que fait là-dessus Novatien, frère très cher ? Renonce-t-il à son erreur ? ou bien, comme c’est la coutume des insensés, nos bonheurs et nos succès ne le rendent-ils pas plus furieux ? L’éclat plus grand dont jouissent ici la charité et la foi ne fait-il pas croître là dans la même mesure la folie des querelles et de la jalousie ? Il ne soigne pas sa blessure, le malheureux, mais il se blesse lui-même et les siens plus grièvement ; il fait entendre les éclats de sa voix pour la perte des frères, et lance les traits empoisonnés de sa faconde, plutôt buté par la perversité d’une philosophie profane qu’adouci par la sagesse du Seigneur, déserteur de l’Église, ennemi de la miséricorde, meurtrier du repentir, docteur de l’orgueil, corrupteur de la vérité, destructeur de la charité. Sait-il maintenant reconnaître quel est l’évêque de Dieu, quelle est l’Église et la maison du Christ, quels sont les serviteurs de Dieu que le diable tourmente, quels sont les chrétiens que l’antichrist attaque ? L’adversaire du Seigneur ne cherche pas ceux qu’il a déjà soumis ; il ne se montre pas impatient de renverser ceux qu’il a fait siens. Hostile à l’Église, en guerre avec elle, ceux qu’il en a éloignés, et conduits dehors, sont comme des captifs et des vaincus qu’il dédaigne et laisse de côté. Ceux qu’il ne cesse d’inquiéter sont ceux en qui il voit que le Christ habite.

D’ailleurs quand même, parmi ceux-là l’un ou l’autre viendrait à être arrêté, il n’aurait pas à s’en applaudir, comme s’il avait confessé le Nom du Christ ; il est trop clair que, quand des gens de cette sorte sont mis à mort hors de l’Église, ce n’est pas là récompense de foi, mais châtiment d’infidélité ; et que ceux-là n’habitent pas parmi les frères unis dans la maison de Dieu, qu’une fureur de discorde, ainsi qu’on l’a vu, a éloignés de la divine maison de la paix.

Nous vous exhortons autant que nous pouvons, frère très cher, au nom de l’affection mutuelle qui nous unit, puisque la divine Providence nous prévient et que les salutaires avis de la divine Bonté nous avertissent de l’approche du jour où il faudra lutter, à persévérer dans les jeûnes, les veilles, les prières, avec tout le peuple chrétien. Ne cessons de gémir et de prier. Voilà en effet pour nous les armes célestes qui nous permettent de rester debout, et de tenir ; voilà les défenses spirituelles, et les armures divines qui nous protègent. Pensons l’un à l’autre, dans l’union des cœurs et des âmes ; prions chacun de notre côté l’un pour l’autre ; dans les moments de persécution et les difficultés, soutenons-nous par une charité réciproque, et si à l’un de nous Dieu fait la grâce de mourir bientôt et de précéder l’autre, que notre amitié continue auprès du Seigneur, que la prière pour nos frères et nos sœurs ne cesse pas de s’adresser à la Miséricorde du Père. Je souhaite, frère très cher, que vous vous portiez toujours bien.

Salmigondis liturgique à Toronto

Jusqu’au début de cette année il y avait quatre messes traditionnelles hebdomadaires à Toronto. En deux églises, Saint-Laurent de Scarborough et Saint-Patrick de Schomberg, il n’y en a déjà plus qu’une par mois. A partir de dimanche prochain, il devra y avoir une messe de Paul VI chaque mois à la place d’une messe traditionnelle dans les églises de l’Oratoire : le 20 septembre ce sera une messe basse de Paul VI, en anglais, ad orientem, à Saint-Vincent-de-Paul, le dimanche suivant une messe de Paul VI chantée en latin, face au peuple… Et aucun autre sacrement ne peut plus être conféré selon les rites traditionnels (conformément à Traditionis custodes).

Les 7 douleurs de la Sainte Vierge

Le martyre de la Vierge nous est révélé tant par la prophétie de Siméon que par l’histoire même de la passion du Seigneur. « Celui-ci, dit le saint vieillard, en parlant de l’enfant Jésus, a été établi en signe que l’on contredira ; et un glaive traversera votre âme, » ajoutait-il en s’adressant à Marie. Oui, ô bienheureuse Mère, un glaive a vraiment percé votre âme, car ce n’est qu’en passant par votre cœur, qu’il a pu pénétrer la chair de votre Fils. Et même, quand ce Jésus, qui est vôtre, eut rendu l’esprit, la lance cruelle n’atteignit pas son âme, c’est votre âme qu’elle traversa l’âme de Jésus n’était déjà plus là, mais la vôtre ne pouvait s’en détacher.

La violence de la douleur a donc transpercé votre âme, et ce n’est pas sans raison que nous vous proclamons plus que martyre, puisque le sentiment de la compassion a surpassé en vous toutes les souffrances que peut endurer le corps. Ne fut-elle pas pour vous plus qu’un glaive, cette parole qui traversa réellement votre âme et « atteignit jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit » : « Femme, voilà votre fils ? » Quel échange ! Jean vous est donné à la place de Jésus, le serviteur au lieu du Seigneur, le disciple au lieu du Maître, le fils de Zébédée pour le Fils de Dieu, un homme à la place du vrai Dieu ! À cette parole, comment votre âme si aimante n’aurait-elle pas été transpercée, quand son souvenir seul déchire nos cœurs, bien qu’ils soient de pierre et d’airain ?

Ne soyez donc pas surpris, mes frères, d’entendre que Marie a été martyre dans son âme. Celui-là seul peut s’en étonner, qui ne se souvient pas d’avoir entendu Paul compter entre les plus grands crimes des Gentils d’avoir été « sans affection. » Un tel défaut est resté loin du cœur de Marie, qu’il soit loin de ses serviteurs.

Sed forte quis dicat: Numquid non eum præscíerat moritúrum?
— Et indubitánter.
Numquid non sperábat contínuo resurrectúrum?
— Et fidéliter.
Super hæc dóluit crucifíxum?
— Et veheménter.

Mais quelqu’un dira peut-être : ne savait-elle pas d’avance qu’il devait mourir ? Elle le savait sans aucun doute. N’espérait-elle pas qu’il ressusciterait bientôt ? Elle l’espérait avec confiance. Et cependant elle a été affligée de le voir crucifier ? Oui, profondément affligée.

Mais qui êtes-vous, mon frère, et à quelle source puisez-vous votre sagesse, pour vous étonner davantage de voir Marie compatir que de voir le Fils de Marie pâtir ? Il aurait pu mourir de la mort du corps, et elle n’aurait pu ressentir celle du cœur ? Jésus est mort par une charité qu’on ne surpasse pas : et le martyre de Marie a eu son principe dans cette charité qui, après celle de Jésus n’a point d’égale.

Fecit illud cáritas,
qua maiórem nemo hábuit;
fecit et hoc cáritas,
cui post illam símilis áltera non fuit.

Saint Bernard, sermon « sur les 12 étoiles », leçons des matines.

Exaltation de la Sainte Croix

Prótege, Dómine, plebem tuam per signum sanctæ Crucis ab ómnibus insídiis inimicórum ómnium: ut tibi gratam exhibeámus servitútem, et acceptábile fiat sacrifícium nostrum, allelúia.

Protégez, Seigneur, votre peuple par le signe de la sainte Croix, de tous ses ennemis, afin que notre dévotion vous soit agréable et que vous acceptiez notre sacrifice, alléluia.

L’offertoire, remarquablement chanté par une certaine Christiane, dont on sait seulement qu’elle est mère de famille nombreuse et qu’elle enregistre les chants dans son église devant le Saint Sacrement.