L’office et la messe de saint Joseph « opifex » sont un naufrage liturgique, ne serait-ce que par l’utilisation de l’affreuse nouvelle traduction des psaumes voulue par Pie XII. Ont échappé au naufrage les deux alléluias de la messe, parce qu’on a gardé ceux de la « fête du patronage de saint Joseph », célébrée à partir de 1680 le troisième dimanche après Pâques chez les carmes et carmélites, étendue à toute l’Eglise latine par Pie IX en 1847, déplacée au mercredi précédent par Pie X en 1913, remplacée donc par Pie XII par saint Joseph opifex en 1955 et fixée au 1er mai.
Les missels francophones ont bourgeoisement traduit « opifex » par artisan. Ce qui se conçoit d’autant mieux que saint Joseph était effectivement un artisan. Mais il va de soi que lorsque Pie XII a institué cette fête au 1er mai, c’était pour christianiser la « fête des travailleurs ». Ce qui n’eut aucun effet, naturellement. (En anglais c’est « Joseph the worker ».)
Gaffiot :
ŏpĭfex,11 ĭcis, m. f. (opus, facio), ¶ 1 celui ou celle qui fait un ouvrage, créateur, auteur : CIC. Nat. 1, 18 ; Ac. frg. 19 ; Tusc. 5, 34 ¶ 2 travailleur, ouvrier, artisan : CIC. Off. 1, 150 ; Tusc. 4, 44 ; SALL. C. 50, 1 ║ [au sens élevé d’artiste] : CIC. Nat. 1, 77 ; 2, 81 ║ [poét. avec l’inf.] maître dans l’art de : PERS. 6, 3.
Allelúia, allelúia. ℣. De quacúmque tribulatióne clamáverint ad me, exáudiam eos, et ero protéctor eórum semper.
Alléluia, alléluia. Dans quelque tribulation qu’ils m’invoquent, je les exaucerai et je serai à jamais leur protecteur.
Allelúia, allelúia. ℣. Fac nos innócuam, Joseph, decúrrere vitam: sitque tuo semper tuta patrocínio. Allelúia.
Alléluia. ℣. Faites-nous mener, ô Joseph, une vie sans tache et qui soit toujours en sécurité sous votre patronage. Alléluia.
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