Saint Antoine de Padoue

Le huitième répons des Matines dans l’office franciscain, attribué à saint Bonaventure, puis à Julien de Spire, et devenu le « Répons miraculeux » qui obtient toutes sortes de grâces :

℟. Si quæris miracula,
Mors, error, calamitas,
Dæmon, lepra fugiunt,
Ægri surgunt sani.
* Cedunt mare, vincula ;
Membra, resque perditas
Petunt et accipiunt
Juvenes et cani.

℣. Pereunt pericula,
Cessat et necessitas :
Narrent hi qui sentiunt,
Dicant Paduani.

* Cedunt mare, vincula ;
Membra, resque perditas
Petunt et accipiunt
Juvenes et cani.

Gloria Patri, et Filio,
* et Spiritui Sancto.

* Cedunt mare, vincula ;
Membra, resque perditas
Petunt et accipiunt
Juvenes et cani.

Si vous cherchez des miracles,
la mort, l’erreur, le malheur,
le démon, la lèpre, s’enfuient ;
les malades se lèvent guéris.
* On voit céder la mer, et les chaînes,
jeunes et vieux
retrouver par la prière
l’usage de leurs membres et les objets perdus.

Les dangers s’évanouissent,
le besoin cesse :
à ceux qui l’éprouvent de le raconter,
aux Padouans de le dire.

* On voit céder la mer et les chaînes,
jeunes et vieux
retrouver par la prière
l’usage de leurs membres et les objets perdus.

Gloire au Père et au Fils
et au Saint-Esprit.

* On voit céder la mer et les chaînes,
jeunes et vieux
retrouver par la prière
l’usage de leurs membres et les objets perdus.

Le Sacré Cœur

Ci-dessous la « bénédiction pontificale » qui figurait dans le « Missel Romano-Lyonnais » avant la destruction liturgique. (Merci à Alexandre qui l’avait mise en commentaire en 2018.)

Benedícat vos omnípotens Deus,
cujus Fílius sese mundo prǽbuit
mitem et húmilem corde ;
concedátque
ut tantum imitántes exémplum
mentes vestras
suávi jugo fídei subjiciátis.
℟. Amen.

Quæ fluxérunt e sacráto Corde
sanguis et aqua
mundent vos ab omni peccáto,
ut inter hujus vitæ tempestátes
ad ætérnæ felicitátis portum
secúri téndere valeátis.
℟. Amen.

Et dum refrigéscit cáritas multórum,
in vobis magis ac magis árdeat ignis
quem Jesus venit míttere in terram,
et quo urénte corda vestra
templum Spíritus Sancti efficiéntur.
℟. Amen.

Quod ipse vobis præstáre dignétur,
cujus regnum et impérium
sine fine pérmanet in sǽcula sæculórum.
℟. Amen.

Benedíctio Dei omnipoténtis
† Patris, et † Fílii, et Spíritus † Sancti
descéndat super vos et máneat semper.
℟. Amen.

Que le Dieu tout-puissant vous bénisse,
lui dont le Fils s’est montré au monde
doux et humble de cœur,
et qu’il vous donne la force,
sur les traces d’un tel exemple,
de soumettre vos âmes
au joug bénin de la foi.
℟. Amen.

Que le sang et l’eau
jaillis du Sacré-Cœur
vous purifient de tout péché,
pour qu’au sein des tempêtes de cette vie
vous puissiez cingler en toute sûreté
vers le port de l’éternel bonheur.
℟. Amen.

Tandis que se refroidit la charité d’un grand nombre, qu’en vous flambe de plus en plus le feu que Jésus est venu apporter sur la terre, et que, plongés en ce brasier, vos cœurs deviennent le temple du Saint-Esprit.
℟. Amen.

Qu’il daigne faire cela pour vous, Celui dont le règne et le pouvoir suprême demeurent à jamais, dans les siècles des siècles.
℟. Amen.

Que la bénédiction du Dieu tout-puissant,
† Père, † Fils et † Saint-Esprit,
descende sur vous et y demeure à jamais.
℟. Amen.

Saint Barnabé

En ce jour la liturgie byzantine célèbre « les saints apôtres Barthélemy et Barnabé ». Aux matines chacun a son canon. Voici l’ode 8 du canon de saint Barnabé.

En bienfaiteur, Source de vie, tu as poussé l’admirable Paul et l’illustre Barnabé, comme chevaux, à piétiner l’onde amère des nations, pour en chasser l’erreur des multiples dieux par l’enseignement de la foi.

Etant Dieu, Esprit consolateur et tout-puissant, en ton Eglise tu plaças des luminaires étincelants pour qu’ils annoncent la puissance du Fils et du Père, en s’écriant : Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Comme soleil tu brillas en ce monde clairement au contact du mystique Soleil, au point de devenir par ta luminosité une clarté seconde révélant à tous la puissance du mystère divin.

Ayant brillé sur la terre entière par tes enseignements, tu as obtenu dans les parvis célestes, Barnabé, l’ineffable béatitude, en recevant du Maître la splendide couronne méritée.

L’apolytikion de saint Barnabé, propre à Chypre semble-t-il :

Τὸ μέγα κλέος τῆς Κύπρου, τῆς Οἰκουμένης τὸν κήρυκα,τῶν Ἀντιοχέων τὸν πρῶτον τῆς χριστωνύμου κλήσεως ἀρχιτέκτονα, τῆς Ρώμης τὸν κλεινόν εἰσηγητήν, καὶ θεῖον τῶν εθνῶν σαγηνευτήν, τὸ τῆς χάριτος δοχεῖον τοῦ Παρακλήτου Πνεύματος τὸν ἐπώνυμον, Ἀπόστολον τὸν μέγαν, τὸν τοῦ θείου Παύλου συνέκδημον, τῶν ἐβδομήκοντα πρῶτον, τῶν δώδεκα ἰσοστάσιον πάντες συνελθόντες σεπτῶς οἱ πιστοί, τὸν Βαρνάβαν ἄσμασι στέψωμεν, πρεσβεύει γαρ τω Κυρίῳ, ἐλεηθῆναι τὰς ψυχάς ἡμῶν.

La grande gloire de Chypre, le héraut de l’univers, le premier architecte de la vocation chrétienne des Antiochiens, l’illustre conseiller de Rome, et le divin pêcheur des nations, le réceptacle de la grâce de l’Esprit Paraclet, le grand apôtre, le compagnon du divin Paul, le premier des soixante-dix, l’égal aux douze, tous les fidèles s’étant rassemblés avec révérence, entourons Barnabé de nos chants, car il intercède auprès du Seigneur pour que nos âmes obtiennent miséricorde.

Il n’y a pas d’indication sur le chantre, mais les images sont celles d’une divine liturgie au monastère Saint-Barnabé érigé sur sa tombe près de Salamine, par l’actuel métropolite de Constantia (nom de Salamine après le IVe siècle). Mais le monastère est dans la zone turque, c’est officiellement un musée, et le métropolite ne réside pas à Salamine. Il semble que les Turcs permettent la célébration de la fête de saint Baranabé…

Le dernier tropaire de l’ode 7 chante ceci :

Chypre, qui t’a nourri, fait croître et fait fleurir pour le Christ comme suave essence de la foi, se réjouit en ce jour ; en retour, par ton intercession délivre-la de toute oppression.

Sainte Marguerite d’Ecosse

Lorsque Edmond II meurt en 1016, l’Angleterre est déjà envahie par le Danois Knut le Grand, qui se fait roi d’Angleterre (puis aussi roi du Danemark, puis roi de Norvège). Les deux fils d’Edmond se retrouvent en exil en Hongrie, où naît Marguerite, fille d’Edouard. Ils rentrent en Angleterre en 1057 mais vient alors la conquête normande. Marguerite, sa sœur et son frère, se réfugient en Ecosse. Marguerite (dernière héritière de la maison anglaise de Wessex) se marie avec le roi d’Ecosse Malcolm III. Ils auront huit enfants. Marguerite est d’une grande piété et s’attache à ce que les préceptes de l’Eglise soient respectés. Elle accorde une attention particulière à la liturgie.

En novembre 1093, très malade, elle annonce qu’un grand malheur est arrivé. De fait on vient lui apprendre que son mari et son fils aîné sont morts à la bataille d’Alnwick contre le roi d’Angleterre, et elle meurt.

Elle est canonisée en 1250 par Innocent IV, et Clément X la fera patronne de l’Ecosse.

Lors de la « Réforme », le roi d’Espagne Philippe II fera transférer son corps et celui de son mari à l’Escurial. Le crâne de Marguerite est ensuite offert à Marie Stuart, puis sauvé par un bénédictin anglais qui le remet aux Jésuites de Douai, devenue capitale de l’Angleterre catholique. Il est déposé dans l’autel du transept de la collégiale Saint-Pierre. En 2007 il a été transféré « dans la loggia vitrée de l’autel privilégié de la chapelle Notre-Dame des Miracles », toujours dans la collégiale.

Un fils de Marguerite fut saint David, roi d’Ecosse, qui fit édifier la chapelle Sainte-Marguerite au château d’Edimbourg : c’est le plus ancien bâtiment d’Ecosse qui subsiste. En 1922 on y posa de jolis vitraux, de Douglas Strachan.

De la férie

L’hymne des matines du mardi, avec la traduction du P. Louis Gladu, Québec, 1913. Sans la doxologie, qui n’est pas chantée non plus par le chœur « NovAntiqua » ci-dessous, au cours d’un concert en l’église Notre-Dame de Lourdes d’Oakland (Californie). Le chœur chante ensuite le célébrissime « Cantique de Jean Racine », de Fauré. Parce qu’il s’agit d’une paraphrase de cette hymne. C’est l’une des premières œuvres de Fauré (il avait 19 ans) sur un des derniers textes de Racine. Mais ce n’est pas « Le cantique » de Racine, c’est une de ses paraphrases de toutes les hymnes du bréviaire de la semaine per annum (il n’avait pas traduit celles des dimanches et fêtes parce que cela avait été fait par Lemaître de Sacy). Il écrivit ensuite quatre « Cantiques » basés sur des textes de la Saint Ecriture, qui furent semble-t-il sa dernière œuvre.

Verbe égal au Très-Haut, notre unique espérance,
Jour éternel de la terre et des cieux,
De la paisible nuit nous rompons le silence :
Divin sauveur, jette sur nous les yeux.

Répands sur nous le feu de ta grâce puissante ;
Que tout l’enfer fuie au son de ta voix ;
Dissipe ce sommeil d’une âme languissante
Qui la conduit à l’oubli de tes lois !

Ô Christ ! sois favorable à ce peuple fidèle,
Pour te bénir maintenant assemblé ;
Reçois les chants qu’il offre à ta gloire immortelle,
Et de tes dons qu’il retourne comblé.

(Racine avait écrit « dans l’oubli de tes lois » et non « à l’oubli ». Et il avait mis une doxologie : « Exauce, Père saint, notre ardente Prière, / Verbe son Fils, Esprit leur nœud divin, / Dieu qui, tout éclatant de ta propre lumière, / Règnes au ciel sans principe et sans fin. »)