Saint Pierre martyr

Martyrologe romain :

Saint Pierre, de l’Ordre des Frères Prêcheurs, martyr, qui souffrit pour la Foi Catholique le 8 des ides d’avril (6 avril).

Pierre de Vérone fut le premier martyr dominicain et le premier saint de son ordre, canonisé en 1253 un an après sa mort. Voir notamment ici et .

Dans le martyrologe de ce jour on lit aussi cette mention pittoresque :

Dans l’île de Corfou, sept voleurs, qui, convertis au Christ par saint Jason, parvinrent à la vie éternelle par la voie du martyre.

Le synaxaire orthodoxe raconte ceci, pour la fête des « saints Jason, Sosipater et leurs compagnons ».

L’apôtre Jason était originaire de Tarse (Asie Mineure). Il fut le premier chrétien de la ville. L’apôtre Sosipater était originaire de Patras, en Achaïe. On pense qu’il s’agit du même Sosipater que celui mentionné dans les Actes 20, 4. Tous deux devinrent disciples de saint Paul, qui les appelait même ses « frères » (Rm 16, 21). Saint Jean Chrysostome (Homélie 32 sur Romains) affirme qu’il s’agit du même Jason que celui mentionné dans les Actes 17, 5-9. Saint Jason fut ordonné évêque dans sa ville natale de Tarse, et saint Sosipater à Iconium. Ils voyagèrent vers l’ouest pour prêcher l’Évangile, et en 63, ils atteignirent l’île de Kerkyra [Corfou] dans la mer Ionienne, près de la Grèce.

Là, ils construisirent une église au nom du protomartyr Étienne et baptisèrent de nombreuses personnes. Le gouverneur de l’île l’apprit et les fit jeter en prison, où ils rencontrèrent sept voleurs : Saturninus, Iakischolus, Faustianus, Januarius, Marsalius, Euphrasius et Mammius. Les apôtres les convertirent au Christ. Pour avoir confessé le Christ, les sept prisonniers moururent en martyrs dans un chaudron rempli de goudron, de cire et de soufre en fusion.

Le gardien de la prison, après avoir été témoin de leur martyre, se déclara chrétien. Pour cette raison, on lui coupa la main gauche, puis les deux pieds et enfin la tête. Le gouverneur ordonna que les apôtres Jason et Sosipater soient fouettés et à nouveau enfermés en prison.

Lorsque la fille du gouverneur de Kerkyra (Corfou), la jeune fille Kerkyra, apprit comment les chrétiens souffraient pour le Christ, elle se déclara chrétienne et distribua tous ses bijoux aux pauvres. Le gouverneur, furieux, tenta de persuader sa fille de renier le Christ, mais sainte Kerkyra resta ferme face aux tentatives de persuasion et aux menaces. Alors, le père furieux imagina un terrible châtiment pour sa fille : il ordonna qu’elle soit placée dans une cellule de prison avec le brigand et meurtrier Murinus, afin qu’il puisse souiller la fiancée du Christ.

Mais lorsque le brigand s’approcha de la porte de la cellule, un ours l’attaqua. Sainte Kerkyra entendit le bruit et chassa la bête au nom du Christ. Puis, par ses prières, elle guérit les blessures de Murinus. Puis sainte Kerkyra l’éclaira de la foi du Christ, et saint Murinus se déclara chrétien et fut exécuté.

Le gouverneur ordonna de brûler la prison, mais la sainte vierge resta en vie. Puis, sur l’ordre de son père furieux, elle fut suspendue à un arbre, asphyxiée par une fumée âcre et transpercée de flèches. Après sa mort, le gouverneur décida d’exécuter tous les chrétiens de l’île. Les martyrs Zénon, Eusèbe, Néon et Vitalis, après avoir été éclairés par les saints Jason et Sosipater, furent brûlés vifs.

Les habitants de Corfou, fuyant la persécution, se réfugièrent sur une île voisine. Le gouverneur prit la mer avec un détachement de soldats, mais fut englouti par les vagues. Le gouverneur qui lui succéda ordonna de jeter les apôtres Jason et Sosipater dans un chaudron de goudron bouillant. Lorsqu’il les vit sains et saufs, il s’écria en pleurant : « Ô Dieu de Jason et Sosipater, aie pitié de moi ! »

Une fois libérés, les apôtres baptisèrent le gouverneur et lui donnèrent le nom de Sébastien. Avec son aide, les apôtres Jason et Sosipater construisirent plusieurs églises sur l’île et agrandirent le troupeau du Christ par leur prédication fervente. Ils y vécurent jusqu’à un âge avancé.

La basilique « des saints apôtres Jason et Sosipater » est la plus ancienne église de Corfou (autour de l’an mil).

Saint Paul de la Croix

Paul de la Croix, tellement attaché à la Croix de Jésus, ne négligeait cependant pas le Saint-Esprit. Il conseillait même à ses amis, à ses dirigés et à ses religieux, d’être toujours attentifs et obéissants aux attractions amoureuses de l’Esprit Saint, d’accepter ses dons avec reconnaissance, mais aussi avec détachement, « en pauvreté et nudité d’esprit… et de les faire disparaître dans le feu du Saint Amour, sans autre réflexion que de se perdre toujours plus en Dieu… » Paul insistait: « Vous ne devez, en aucun cas, forcer l’esprit pour retenir les envols que vous fait faire l’Esprit d’Amour… Et qui peut résister à cette divine opération qui est toute de Dieu?… Je vous redis d’obéir promptement à cet envol d’amour pur… Il est vrai que ce sont là des choses très hautes, parce que ce sont des choses de Dieu… mais qui pourra jamais s’attribuer à lui-même des choses aussi sublimes?…

Quelques mois plus tard, il recommanda à la même personne de laisser l’Esprit Saint être son directeur spirituel. « Le véritable directeur spirituel, c’est le Saint-Esprit, l’Esprit de la vraie liberté, le mystère de l’Amour qui unit le Père et le Fils. Lui seul inspire les âmes, Lui seul les élève jusqu’à Dieu, Lui seul conduit les âmes à ‘l’abandon d’amour’. L’Esprit-Saint est le souffle de la vie qui nous conduit à nous perdre dans l’infini de l’Être divin. » Et, parlant de Jésus-Eucharistie, Paul écrit à Agnès Grazi le 17 janvier 1738: « … Plongez-vous toute en ce feu qui brûle en son très saint Cœur, et laissez-vous réduire en cendre. Puis laissez au souffle d’amour de l’Esprit-Saint la liberté de répandre le rien de cette cendre dans le Tout infini de la Divinité… »

À une religieuse, Paul écrit: « Par-dessus tout laissez-vous guider par l’Esprit-Saint. Tenez-vous dans votre anéantissement, et quand vous sentez les attractions et les impressions divines, suivez cette invitation que Dieu vous fait. Restez alors tout abîmée en Lui dans un silence sacré, ou en vous tenant tout absorbée dans la contemplation des perfections divines par une profonde stupeur amoureuse, ou bien en exultant dans les divines louanges, ou bien pénétrée par l’amour et les douleurs de peines de Jésus, etc. Mais tâchez de le faire avec dépouillement de votre imagination, vous tenant en pure foi, sans image… »

Pour cela il faut savoir se laisser faire par Dieu. Peu de temps avant une fête de la Pentecôte, pour que sa correspondante puisse recevoir pleinement les dons du Saint-Esprit, il conseille : « Pour cela préparez-vous par un profond dépouillement de toute chose créée, un total abandon au bon plaisir divin, sans attache aucune à la dévotion sensible… Tenez-vous dans la solitude intérieure, adorant Dieu en esprit et en vérité… sans vouloir autre chose que son Saint amour, très pur et très purifiant, et sa plus grande gloire en toutes ses œuvres… »

Ce qui compte, c’est « de se laisser perdre et disparaître dans l’Immense Dieu… » Car l’Esprit-Saint, c’est le Bien infini : « Les assauts d’amour que la bonté divine vous livre, conservez-les soigneusement dans votre intérieur, puisque, après la sainte communion, Jésus possède votre cœur. Vous ne pourriez l’aimer, si vous n’aviez avec vous la source vive du saint et pur amour, c’est-à-dire le Saint-Esprit. C’est le divin Rédempteur qui nous l’apprend. Celui qui croit en moi, dit-il, verra sortir de son sein des fleuves d’eau vive, selon l’expression de l’Écriture. (Jean VII. 38) Or, ajoute l’Évangéliste, il faisait allusion à l’Esprit-Saint que les fidèles devaient recevoir. C’est pourquoi, quand Dieu vous livre ses assauts qui sont des faveurs particulières de l’amour divin, amour qui est saint, pur et sans tache, laissez-vous disparaître dans le Bien infini par la grâce, et là, agissez en enfant, et endormez-vous d’un sommeil de foi et d’amour dans le sein du céleste Époux. »

(Extrait de la vie de saint Paul de la Croix d’après celle saint Vincent-Marie Strambi.)

Saint Pierre Canisius

Voici la question II du Grand Catéchisme de saint Pierre Canisius (1521-1597), qui connut plus de 200 éditions de son vivant. Elle permet de voir comment il procède : un bref résumé de la doctrine, suivi de citations de l’Ecriture, et de citations de pères de l’Eglise. Dans la suite du catéchisme, les citations de l’Ecriture et des pères sont beaucoup plus longues.

3e dimanche après Pâques

Ce « peu de temps » est tout l’espace que traverse au vol le siècle présent. C’est pourquoi c’est ce même Evangéliste qui dit dans son Épître : Voici l’heure dernière. C’est pourquoi il ajoute : Parce que je vais au Père, ce qu’il faut rapporter à la première phrase où il dit : Un peu de temps et vous ne me verrez plus, et non à la suivante où il dit : Et encore un peu de temps et vous me reverrez. S’en allant au Père, il allait se soustraire à leur vue. Cela ne veut pas dire cependant qu’il devait mourir et qu’il disparaîtrait à leurs regards jusqu’à ce qu’il ressuscitât, mais qu’il devait aller au Père, ce qu’il fit après sa résurrection, quand il monta au ciel, après avoir vécu avec eux pendant quarante jours. Il leur dit donc : Un peu de temps et vous ne me verrez plus, alors qu’ils le voyaient corporellement ; parce qu’il était sur le point d’aller au Père, et ils ne devaient plus le voir de nouveau comme mortel, tel qu’ils le voyaient alors qu’il leur disait cela.

Quant à ce qu’il ajouta : Et encore un peu de temps, et vous me reverrez, c’est à toute l’Église qu’il l’a promis, comme c’est à toute l’Église qu’il fit cette promesse : Voici que je suis avec vous jusqu’à la consommation du siècle. Le Seigneur ne retardera pas la réalisation de sa promesse. Encore un peu de temps et nous le verrons, et là nous ne demanderons plus rien, nous n’interrogerons plus en rien, parce qu’il ne restera plus rien à désirer et plus rien à apprendre de caché.

Ce peu de temps paraît long, parce qu’il dure encore ; quand il sera fini, alors nous comprendrons combien il fut court. Que notre joie ne soit donc pas comme celle du monde dont il est dit : Le monde se réjouira. Et pourtant, dans l’enfantement de ce désir, ne soyons pas tristes sans joie ; mais, comme dit l’Apôtre, soyons joyeux par l’espérance, patients dans la tribulation, car celle-là même qui enfante, et à qui nous sommes comparés, se réjouit plus de l’enfant qui va bientôt naître, qu’elle n’est triste de la souffrance présente. Mais finissons ici ce discours ; les paroles qui suivent soulèvent une question très difficile. On ne doit pas les résumer brièvement, mais se réserver la possibilité de les expliquer plus commodément, si Dieu le veut.

Saint Augustin, homélie 101 sur saint Jean, leçons des matines monastiques. C’est la fin de l’homélie, et comme souvent l’évêque d’Hippone termine en distillant un suspense… La suivante, 102, sera l’explication des paroles qui suivent : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous demandez quelque chose à mon Père en mon nom, il vous le donnera. » C’est l’évangile du cinquième dimanche après Pâques, qui sera accompagné, aux matines monastiques, par le début de cette 102e homélie.

Saint Fidèle de Sigmaringen

Né en 1578 à Sigmaringen, principauté de Hohenzollern-Sigmaringen, avocat, puis capucin, prédicateur dans les Grisons, il fut assassiné par des calvinistes le 24 avril 1622 à Seewis dans le diocèse de Coire.

Son tombeau se trouve à la cathédrale de Coire.

Mais sa tête est au couvent des capucins de Feldkirch (Autriche, à la frontière suisse).

Ceci est l’autel de saint Fidèle de Sigmaringen, en la chapelle du couvent de Feldkirch. Il date de 1911.