Exaltation de la Sainte Croix

Prótege, Dómine, plebem tuam per signum sanctæ Crucis ab ómnibus insídiis inimicórum ómnium: ut tibi gratam exhibeámus servitútem, et acceptábile fiat sacrifícium nostrum, allelúia.

Protégez, Seigneur, votre peuple par le signe de la sainte Croix, de tous ses ennemis, afin que notre dévotion vous soit agréable et que vous acceptiez notre sacrifice, alléluia.

L’offertoire, remarquablement chanté par une certaine Christiane, dont on sait seulement qu’elle est mère de famille nombreuse et qu’elle enregistre les chants dans son église devant le Saint Sacrement.

16e dimanche après la Pentecôte

Avant le rabotage de saint Pie V, les offertoires avaient des versets. Voici la partition complète, selon l’offertoriale de Solesmes, 1935. Le texte vient du psaume 39, versets 14b, 15b, 2-3a, dans la version du vieux psautier romain. A priori la répétition de « Domine in auxilium meum respice » devrait indiquer qu’il s’agit d’un refrain repris après chaque verset, mais la partition de Solesmes ne l’indique pas.

Domine in auxilium meum respice : confundantur et revereantur, qui quærunt animam meam, ut auferant eam. Domine in auxilium meum respice.

Seigneur, posez sur moi le regard pour me secourir : qu’ils soient confondus et honteux, ceux qui en veulent à ma vie pour me l’ôter.

℣. 1 Avertantur retrorsum et erubescant, qui cogitant mihi mala.

Qu’ils soient renvoyés sur leurs pas, et qu’ils soient rouges de honte, ceux qui manigancent du mal contre moi.

℣. 2 Expectans expectavi Dominum et respexit me : et exaudivit deprecationem meam.

J’ai attendu et attendu le Seigneur, et il s’est penché sur moi :  et il a exaucé ma supplication.

Le très saint Nom de Marie

Aujourd’hui, frères bien-aimés, vous avez entendu un Ange traiter avec une femme de la réhabilitation de l’homme. Vous avez entendu qu’il s’agissait de ramener l’homme à la vie, par le même chemin qui l’avait conduit à la mort. C’est un Ange qui traite avec Marie du salut du genre humain, parce qu’un ange avait traité de sa perte avec Ève. Vous avez entendu cet Ange révéler le moyen ineffable de construire, du limon de notre chair, un temple à la divine Majesté. Vous avez entendu comment un mystère incompréhensible place Dieu sur la terre et l’homme dans le ciel. Vous avez entendu par quelle combinaison merveilleuse Dieu s’unit à l’homme dans un seul corps. Vous avez entendu comment la frêle nature de notre corps est affermie par l’exhortation d’un Ange, l’animant à porter toute la gloire de la divinité.

Enfin, de peur qu’en Marie le limon friable de notre corps ne s’affaissât sous le poids énorme du céleste édifice ; de peur que cette branche délicate qui devait porter le fruit de tout le genre humain ne se rompît, l’Ange a bientôt pris les devants et dit à la Vierge : « Ne craignez pas, Marie. »

Avant d’énoncer le motif de sa mission, il lui fait entendre par ce nom, quelle est sa dignité. Car le mot hébreu de Marie, en latin Domina, signifie souveraine. L’Ange l’appelle souveraine, pour lui ôter la crainte qui appartient à la servitude, destinée qu’elle est à devenir la Mère du Dominateur, celui qu’elle doit enfanter ayant obtenu, par son autorité même, qu’elle naquît et fût appelée souveraine. « Ne craignez pas, Marie, car vous avez trouvé grâce. » C’est vrai : celui qui a trouvé grâce ne saurait craindre. Or, vous avez trouvé grâce.

Bienheureuse celle qui, seule parmi les êtres humains et de préférence à tous, mérita d’entendre ces paroles : « Vous avez trouvé grâce. » Quel degré de grâce ? Une grâce aussi entière que le donne à entendre ce terme employé auparavant par l’Ange : « pleine. » Et vraiment elle était en sa plénitude, la grâce dont les flots abondants s’étaient versés sur cette créature, l’avaient pénétrée et remplie.

« Vous avez trouvé grâce devant Dieu. » Disant ces choses, l’Ange lui-même s’étonne, ou de ce qu’une femme l’ait méritée seule, ou de ce que tous les hommes aient mérité la vie par une femme. Oui, l’Ange est comme frappé de stupeur en voyant venir se renfermer tout entier dans les étroites bornes d’un sein virginal le Dieu pour qui toutes les choses créées réunies ne sont que petitesse. C’est pourquoi l’Ange tarde à préciser le but de sa mission : de là vient qu’il nomme la Vierge par ce qui exprime son mérite, et la salue en mentionnant la grâce. À celle qui l’écoute, il ne livre que peu à peu son message, sans doute afin d’en faire ressortir la signification, et c’est aussi peu à peu qu’il achève de calmer sa crainte prolongée.

Saint Pierre Chrysologue, sermon (142) sur l’Annonciation, leçons des matines.

*

Le 12 septembre fut choisi par Innocent XI pour célébrer le nom de la Vierge « en raison de la victoire insigne qui lui avait été rapportée, sur les Turcs, à Vienne, grâce à la protection de cette même Vierge » le 12 septembre 1683. Il se trouve que le 12 septembre est dans le calendrier byzantin le jour de « clôture de la fête de la Nativité de la Mère de Dieu », avant la vigile de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix.

En 1683 le roi de Pologne Sobieski avait arrêté la marée musulmane sous les murs de Vienne. En 2026, après des décennies d’invasion favorisée par les gouvernements et l’UE, plus de 41% des enfants des écoles primaires et secondaires de Vienne sont musulmans. (17,5% se disent catholiques, 14,5% orthodoxes.)

*

Mon blog a vingt ans aujourd’hui. J’ai raconté il y a dix ans les circonstances de sa création.

De la férie

A Alexandrie, sainte Théodora ; étant par surprise tombée dans le péché, elle en conçut un vif repentir, revêtit l’habit religieux, et, sans être connue de personne, persévéra jusqu’à la mort dans la pratique de la patience et d’une abstinence admirable.

Telle est la dernière notice du martyrologe. Dans le calendrier byzantin sainte Théodora est la première nommée et elle a un office propre. Voici l’apolytikion par Georges Fanaras. (Sur l’icône sainte Théodora d’Alexandrie est à gauche. A droite c’est sainte Théodora de Vasta, vierge martyre du Xe siècle. Au milieu : saint Euphrosynos le cuisinier, commémoré ce jour aussi dans le calendrier byzantin.)

Ἐν σοί Μῆτερ ἀκριβῶς διεσώθη τό κατ᾽ εἰκόνα· λαβοῦσα γάρ τόν σταυρόν, ἠκολούθησας τῷ Χριστῷ, καί πράττουσα ἐδίδασκες, ὑπερορᾷν μέν σαρκός, παρέρχεται γάρ· ἐπιμελεῖσθαι δέ ψυχῆς, πράγματος ἀθανάτoυ· διό καί μετά Ἀγγέλων συναγάλλεται, Ὁσία Θεοδώρα τό πνεῦμά σου.

En toi, vénérable Mère, la divine Image se reflète exactement : afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ ; et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, pour s’occuper plutôt de l’âme, qui vit jusqu’en la mort et par-delà ; c’est ainsi que ton esprit se réjouit, Théodora bienheureuse, avec les Anges dans le ciel.

Douche froide

On se souvient de l’enthousiasme des bisounours l’an dernier, quand le cardinal Burke avait célébré la messe à Saint-Pierre de Rome lors du pèlerinage Summorum Pontificum. Parce que cette messe, UNE messe, avait été permise, c’était la fin de la persécution… Avec quelle émotion remerciait-on Léon… Alors que le pape n’avait RIEN dit à propos de ce pèlerinage, et que le cadre juridique demeurait exactement le même, à savoir celui du motu proprio de François.

Cette année il n’y aura donc pas de messe à Saint-Pierre de Rome. Il n’y aura pas non plus de cardinal. Seulement une messe célébrée par Mgr Athanasius Schneider à Saint-Marie-Majeure… près du tombeau de François…

Cela dit, même si le pèlerinage de l’an dernier était vraiment impressionnant, je ne comprends pas à quoi rime le fait de célébrer un motu proprio qui n’existe plus depuis 2021. Et cette année la nostalgie se brise sur la réalité.