Paul de la Croix, tellement attaché à la Croix de Jésus, ne négligeait cependant pas le Saint-Esprit. Il conseillait même à ses amis, à ses dirigés et à ses religieux, d’être toujours attentifs et obéissants aux attractions amoureuses de l’Esprit Saint, d’accepter ses dons avec reconnaissance, mais aussi avec détachement, « en pauvreté et nudité d’esprit… et de les faire disparaître dans le feu du Saint Amour, sans autre réflexion que de se perdre toujours plus en Dieu… » Paul insistait: « Vous ne devez, en aucun cas, forcer l’esprit pour retenir les envols que vous fait faire l’Esprit d’Amour… Et qui peut résister à cette divine opération qui est toute de Dieu?… Je vous redis d’obéir promptement à cet envol d’amour pur… Il est vrai que ce sont là des choses très hautes, parce que ce sont des choses de Dieu… mais qui pourra jamais s’attribuer à lui-même des choses aussi sublimes?…
Quelques mois plus tard, il recommanda à la même personne de laisser l’Esprit Saint être son directeur spirituel. « Le véritable directeur spirituel, c’est le Saint-Esprit, l’Esprit de la vraie liberté, le mystère de l’Amour qui unit le Père et le Fils. Lui seul inspire les âmes, Lui seul les élève jusqu’à Dieu, Lui seul conduit les âmes à ‘l’abandon d’amour’. L’Esprit-Saint est le souffle de la vie qui nous conduit à nous perdre dans l’infini de l’Être divin. » Et, parlant de Jésus-Eucharistie, Paul écrit à Agnès Grazi le 17 janvier 1738: « … Plongez-vous toute en ce feu qui brûle en son très saint Cœur, et laissez-vous réduire en cendre. Puis laissez au souffle d’amour de l’Esprit-Saint la liberté de répandre le rien de cette cendre dans le Tout infini de la Divinité… »
À une religieuse, Paul écrit: « Par-dessus tout laissez-vous guider par l’Esprit-Saint. Tenez-vous dans votre anéantissement, et quand vous sentez les attractions et les impressions divines, suivez cette invitation que Dieu vous fait. Restez alors tout abîmée en Lui dans un silence sacré, ou en vous tenant tout absorbée dans la contemplation des perfections divines par une profonde stupeur amoureuse, ou bien en exultant dans les divines louanges, ou bien pénétrée par l’amour et les douleurs de peines de Jésus, etc. Mais tâchez de le faire avec dépouillement de votre imagination, vous tenant en pure foi, sans image… »
Pour cela il faut savoir se laisser faire par Dieu. Peu de temps avant une fête de la Pentecôte, pour que sa correspondante puisse recevoir pleinement les dons du Saint-Esprit, il conseille : « Pour cela préparez-vous par un profond dépouillement de toute chose créée, un total abandon au bon plaisir divin, sans attache aucune à la dévotion sensible… Tenez-vous dans la solitude intérieure, adorant Dieu en esprit et en vérité… sans vouloir autre chose que son Saint amour, très pur et très purifiant, et sa plus grande gloire en toutes ses œuvres… »
Ce qui compte, c’est « de se laisser perdre et disparaître dans l’Immense Dieu… » Car l’Esprit-Saint, c’est le Bien infini : « Les assauts d’amour que la bonté divine vous livre, conservez-les soigneusement dans votre intérieur, puisque, après la sainte communion, Jésus possède votre cœur. Vous ne pourriez l’aimer, si vous n’aviez avec vous la source vive du saint et pur amour, c’est-à-dire le Saint-Esprit. C’est le divin Rédempteur qui nous l’apprend. Celui qui croit en moi, dit-il, verra sortir de son sein des fleuves d’eau vive, selon l’expression de l’Écriture. (Jean VII. 38) Or, ajoute l’Évangéliste, il faisait allusion à l’Esprit-Saint que les fidèles devaient recevoir. C’est pourquoi, quand Dieu vous livre ses assauts qui sont des faveurs particulières de l’amour divin, amour qui est saint, pur et sans tache, laissez-vous disparaître dans le Bien infini par la grâce, et là, agissez en enfant, et endormez-vous d’un sommeil de foi et d’amour dans le sein du céleste Époux. »
(Extrait de la vie de saint Paul de la Croix d’après celle saint Vincent-Marie Strambi.)
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