Une découverte de LCI

« Ils partagent des informations sur les lieux fréquentés par les forces armées ukrainiennes, sur les infrastructures critiques et civiles qui se trouvent dans la ville », témoigne au micro de LCI le dénommé « Sud », chef d’une unité du SBU, les services secrets ukrainiens. « Les informations sont collectées et transférées à des responsables russes par le biais de WhatsApp, Telegram… et sont ensuite utilisées par l’ennemi pour mener des tirs » contre les positions ukrainiennes.

Ces « collaborateurs », comme les appellent les autorités ukrainiennes, sont recrutés au sein même de la population. Parmi celles et ceux qui n’ont pas les moyens de fuir la guerre. Certains d’entre eux reconnaissent d’ailleurs, auprès de nos reporters, leurs affinités avec les Russes. « J’ai beaucoup de proches qui vivent en Russie. C’est normal ici. Où que vous regardiez, tout le monde a de la famille là-bas, même s’ils ne veulent peut-être pas en parler », affirme une habitante de Pokrovsk. « Ici, je reçois une petite pension de retraite. C’est honteux », dénonce un autre. « Si les Russes augmentent ma pension, je les respecterai davantage. »

Une hostilité envers Kiev qui a surpris Salomon et Anna, deux médecins militaires arrivés sur place le mois dernier. « Nous sommes tous ici pour défendre le sol ukrainien. Bien sûr, ce serait plus facile si la population avait une attitude plus positive, mais tous ceux qui étaient pro-ukrainiens sont déjà partis », déplore Salomon. Pour se déplacer sans être repérés, ils prennent des précautions, comme s’habiller en civil.

« Certaines personnes prennent des photos. Il y a ceux qui appellent pour dire qui habite à tel ou tel endroit, d’autres signalent les voitures qui sont à l’arrêt. Ils sont nombreux, vraiment nombreux. C’est désagréable, très désagréable », assure Anna. « C’est dangereux. »

Après, LCI pourra faire la même chose à Slaviansk et à Kramatorsk, avant que ces deux dernières grandes villes du Donbass soient libérées. Il y avait déjà eu, dès 2022, des reportages de journalistes surpris de voir que les habitants du Donbass aident les Russes et non les soldats ukrainiens venus les « défendre »…


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Une réflexion sur “Une découverte de LCI

  1.  » les soldats ukrainiens venus les « défendre »… » Oui, les guillemets sont de rigueur! Venus les bombarder…. depuis 2014 et se préparant à les laminer en 2022 juste avant l’intervention des Russes.

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