
Dans l’île d’Ischia vivait la très sainte veuve Maxima, dont le fils avait succombé à une terrible maladie. (…) Alors que le corps gisait sans vie, et que les clercs préparaient les obsèques, ils ne purent trouver nulle part de linceul, parce que le peuple des Gaules avait tout pillé ; ils durent donc prendre dans une église une tenture pour pouvoir couvrir le corps. La femme, apercevant dessus l’effigie du très bienheureux Janvier, s’en saisit, la serra entre ses mains, effleura l’image peinte d’un baiser, l’implora et cria ainsi : « Au nom du Roi des saints, je te conjure, très bienheureux martyr Janvier, de daigner me soulager de mon malheur, afin que je puisse par ton intercession retrouver mon fils, parce qu’au nom de ta Passion tout ce que tu demanderas à Celui qui, autrefois, mû par la miséricorde, a ramené à la vie le fils unique d’une veuve, peut t’être à présent accordé. » Disant cela, elle couvrit promptement son fils de la tenture qui avait été amenée et sur laquelle était l’image du très bienheureux martyr Janvier, faisant correspondre le visage de l’image à son visage, posant les yeux sur les yeux, la bouche sur la bouche, les mains sur les mains et les pieds sur les pieds. Elle avait en effet entendu dire dans les saintes Écritures comment le bienheureux Elisée avait ramené à la vie le fils unique de la Sunamite, et, en outre, que celui que touchait l’ombre des saints était rendu à la vie. Quelles oreilles sont si dures, quelles entrailles taillées dans la pierre au point de pouvoir entendre de telles choses sans verser de larmes ? Mais Celui qui, miséricordieux, pourvoit à tout l’entendit s’écrier ainsi et sangloter des prières assidues et, afin de chasser le chagrin de la mère, sur la supplication du bienheureux Janvier, rendit la vie au fils ; celui-ci ouvrit les yeux et se releva en parfaite santé de sous l’effigie du martyr.
Extrait de l’« Homélie sur les miracles de saint Janvier », anonyme, en latin, figurant à la suite de la Passion de saint Janvier, Acta Vaticana, Bibliothèque vallicelliane, du XIe siècle. Référence, avec le texte latin.
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