Saint Matthieu

Traduction d’un article de Gregory DiPippo dans New Liturgical Movement, le 21 septembre 2021.

En 1367, la guilde des changeurs florentins commande au peintre Andrea di Cione, plus connu sous le surnom d’Orcagna, un triptyque de leur saint patron, l’apôtre et évangéliste Matthieu. Orcagna, qui dirigeait alors l’un des ateliers artistiques les plus actifs de la ville, tomba malade au cours des travaux et laissa à son frère Jacopo le soin de les achever lorsqu’il mourut l’année suivante. L’emblème de la guilde se trouve en haut des deux panneaux latéraux, au-dessus des pinacles.

Sa forme particulière est due au fait qu’il était à l’origine accroché à l’un des piliers octogonaux de la célèbre église et guilde connue sous le nom d’Orsanmichele. Le panneau central, qui est en grande partie l’œuvre d’Orcagna, représente saint Matthieu avec une plume et l’évangéliaire dans les mains, ce dernier étant identifié comme le sien par les premiers mots : « Livre de la génération de Jésus-Christ… » Conformément à la convention de l’époque, le beau tapis décoré sur lequel il se tient est vertical, de façon à ce qu’on puisse le voir ; il a probablement été réalisé par Jacopo. Dans les pinacles qui le surplombent, des anges tiennent la couronne et les palmes du martyre.

Les panneaux latéraux présentent quatre récits de la vie du saint, dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir de la partie inférieure gauche. Dans la première, le Christ l’appelle à s’éloigner du péage, comme le décrit Matthieu lui-même au chapitre 9 de son Évangile. Le Seigneur est accompagné des quatre apôtres, Pierre, André, Jacques et Jean, dont l’appel a déjà été décrit avant, mais les autres, qui sont nommés au chapitre 10, ne sont pas encore avec lui.

Les autres panneaux présentent des récits de la vie de saint Matthieu tels qu’ils sont relatés dans la Légende dorée. Dans le second, alors qu’il s’était rendu en Éthiopie pour prêcher l’Évangile, il arriva dans un endroit où deux magiciens avaient pris le contrôle de la population et étaient adorés comme des dieux. À la suite de la prédication de Matthieu, les gens se sont convertis à la foi ; les magiciens ont donc prévu de les punir en lâchant deux dragons sur eux. Se signant de la croix, l’apôtre sortit pour les affronter, et les dragons s’endormirent à ses pieds.

Dans le troisième panneau, il ressuscite le fils d’un roi nommé Égippe, ce que les magiciens n’ont pas réussi à faire. Cela conduit à la conversion du roi ; en outre, sur l’exhortation de saint Matthieu, sa fille embrasse l’état de virginité consacrée, une démarche dans laquelle elle est suivie par de nombreuses autres jeunes femmes.

À Égippe succède son frère Hirtacus, qui se retourne contre le christianisme et fait tuer saint Matthieu sur l’autel alors qu’il venait de célébrer la messe, comme on le voit sur le quatrième panneau. Iphigénie, que l’on voit en bas à droite, est encore nommée aujourd’hui dans le martyrologe traditionnel du rite romain.

L’histoire raconte que le peuple voulait venger le meurtre de l’apôtre en brûlant le palais royal, mais qu’il en fut empêché par le clergé, qui préférait célébrer son martyre. Comme Iphigénie et les autres vierges ne voulaient pas abandonner leur consécration, Hirtacus mit le feu à sa maison, mais l’apôtre retourna le feu contre sa maison, qui fut détruite. Hirtacus, atteint d’une lèpre incurable, se donne la mort. Le fils d’Égippe lui succède et réalise la conversion complète de l’Éthiopie au christianisme, en la remplissant d’églises.

Ubukraine

Selon le « plan de la victoire » de Zelensky, qui est « prêt » mais reste secret tant qu’il n’a pas été présenté à Jobidon (ce sera le 26 septembre), l’Ukraine sera le fondateur du nouvel ordre mondial d’après-guerre, a déclaré l’analyste et consultant politique ukrainien Oleksandr Kharebin :

« Nous avons ce droit, tout comme l’Union soviétique est devenue le fondateur de l’ONU, parce qu’elle était le pays vainqueur, et qu’elle a fondé le monde qui est en train d’être détruit sous nos yeux. L’Ukraine revendiquera ce droit de construire le monde après la guerre. »

Le même Kharebin était conseiller de Zelensky lors de la campagne présidentielle de 2019. Voici ce qu’en disait la Fondation Jean Jaurès dans une grande étude sur la campagne du second tour :

Oleksandr Kharebin, le conseiller de Zelenski en matière de politique linguistique et d’information, a travaillé pour les oligarques pro-russes Kurchenko et Taruta. Dans une interview, il a exprimé des points de vue fort éloignés de l’actuelle politique ukrainienne de décommunisation et de soutien à la langue et à la culture nationale : « l’Ukraine, selon moi, commet une faute très grave en refusant l’héritage de l’Union soviétique qui représente une valeur fondamentale pour elle. Pourquoi avons-nous laissé la Grande Guerre patriotique à la Russie ? À mes yeux, c’est une faute. Pourquoi ne considérons-nous pas la langue russe comme composante importante de la communauté ukrainienne ? ».

Furies trans

Marguerite Stern, féministe, ancienne Femen, co-auteur avec Dora Moutot du livre Transmania, était invitée hier soir par l’ISSEP de Marion Maréchal à Lyon à donner une conférence intitulée « Comment l’idéologie transgenre détruit des vies ».

Les hystériques d’extrême gauche et du négationnisme extrême de la personne humaine avaient appelé à une manifestation contre cette « provocation TERF ». La manifestation a été interdite, mais elle a eu lieu, sous encadrement bienveillant de la police.

Avant cela, le tableau électrique le plus proche de l’ISSEP a été incendié, et la vitrine de l’établissement a été taguée : « Pas de quartier pour les fascistes », Transphobes hors de nos vies », « Sale TERF », « ACAB », « 1312 », et un collage « TERF : Hors de nos luttes », signé « Collages féministes Lyon ».

Car la dictature trans ne supporte pas qu’on puisse la contester.

Alors donnons la parole à Marguerite Stern, qui n’est vraiment pas de chez nous, mais avec qui on se retrouve en l’occurrence :

Je veux parler des bloqueurs de puberté, de la façon dont des médecins handicapent des enfants à vie en leur administrant ces substances hors AMM. Je veux parler de la détresse de ces enfants et des troubles psychiatriques associés, des lacunes de la pédopsychiatrie en France.

Je veux parler des petits qui se font embrigader sur Tiktok par des Robert en jupe qui leur expliquent que le sexe est une construction sociale.

Je veux parler des sportives qui se font voler des podiums par des hommes qui se déclarent femmes.

Je veux parler des prisonnières qui se retrouvent incarcérées avec des hommes qui se déclarent femmes. Et qui subissent parfois le viol. Car oui, c’est arrivé en Amérique du Nord.

Je veux parler de toutes ces femmes qui partout dans le monde, résistent face à cette idéologie mortifère, et en payent parfois des conséquences lourdes.

N.B. TERF, c’est l’acronyme, en anglo-américain bien sûr, de « Trans-exclusionary radical feminist » : féministe radicale excluant les trans. ACAB, c’est au départ l’acronyme, en anglo-américain bien sûr, de « All Cops Are Bastards » (tous les flics sont des salauds), mais il sert un peu à tout, et chez les LGBT c’est « All Colours Are Beautiful » : toutes les couleurs (de l’arc-en-ciel) sont belles. Chez les féministes c’est aussi « All Clitoris Are Beautiful » (tous les clitoris sont beaux), mais pas chez les furies trans qui n’en ont pas. ACAB peut être remplacé par 1312, position de ces lettres dans l’alphabet.

Résolutions

Le Parlement européen a été renouvelé mais il ne change pas. C’est reparti pour les résolutions kilométriques à la pelle sur tous les sujets. Dix cette première semaine, pour se mettre en bouche. L’une d’elles est sur l’Ukraine, pour « exhorter les États membres à lever immédiatement les restrictions sur l’utilisation des systèmes d’armes occidentales livrés à l’Ukraine contre des cibles militaires légitimes sur le territoire russe ». Autrement dit à déclencher la guerre atomique.

Heureusement, les résolutions du Parlement européen servent essentiellement à occuper les parlementaires, qui sont grassement payés pour se livrer à leur onanisme chronique. Ce qui est grave est que ce texte délirant a été adopté à une majorité écrasante : 425 voix contre 131 et 63 abstentions. Mais il en est de même des textes les plus wokes que dégueule le Parlement à chacune de ses sessions.

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L’Assemblée générale des Nations unies a adopté selon ses propres termes une « résolution historique qui exige d’Israël de mettre fin à sa présence illicite dans le Territoire palestinien occupé au plus tard dans 12 mois ». Il y eu 124 voix pour (dont celle de la France), 14 contre et 43 abstentions.

Les résolutions de l’ONU ont, quant à elles, théoriquement vocation à être mises en œuvre par les Etats membre de l’ONU. Sauf quand il s’agit d’Israël, qui ne les applique jamais, et qui continuera à coloniser les territoires palestiniens et à en massacrer la population.

Cette résolution, proposée par l’« Etat de Palestine » (son nom officiel à l’ONU), restera néanmoins dans l’histoire comme une spectaculaire condamnation mondiale de l’Etat d’Israël.

Un documentaire serbe sur la persécution en Ukraine

Le documentaire « Ljudi Hristovi – Naše vreme » (Les Hommes du Christ – Notre époque), réalisé par Jovan Marković, a été présenté en avant-première à la Cinémathèque de Belgrade.

Ce film aborde les défis spirituels, culturels et psychologiques auxquels les fidèles orthodoxes sont confrontés en Ukraine. Il met en lumière les histoires de ceux qui, malgré les pressions et les provocations, restent fidèles à leur foi, alors que leurs églises sont prises par la violence et que prêtres et évêques sont jetés en prison.

Le patriarche serbe Porphyre a assisté à la projection et, avant le début du film, il a béni les spectateurs présents.

Sur la photo on voit le patriarche, avec à sa droite Emir Kusturica et à sa gauche l’évêque Irénée de Bačka. Ces deux personnalités participent au documentaire.

Kusturica a comparé la situation actuelle en Ukraine aux révolutions française et bolchevique, et il a souligné que la guerre en Ukraine a été « vendue aux Ukrainiens à un prix très élevé ». Ce documentaire, a-t-il ajouté, « devrait être projeté dans toutes les écoles de Serbie afin de contrer les tentatives de tuer Dieu dans le cœur des gens par des moyens doux ».